HALLION et ENRIQUEZ (Bull. méd., loc. cit
NÉPHRITES SYSTÉMATIQUES 607
lésions rénales variées (cancer du rein, hydronéphrose) et par toutes les causes qui mettent un obstacle à l'écoulement naturel des urines, ligature de l’uretère!, cancer de l’utérus), ou enfin par des lésions même aiguës des reins, à la condition que celles-ci soient intenses et généralisées et surtout rapides (Lecorché et Talamon).
La seconde théorie a pour elle l'appui des faits dans lesquels J’hypertrophie du cœur s’accompagne de myocardite scléreuse. Cette hypertrophie est antérieure, parallèle ou postérieure au développement des lésions de même nature observées dans le rein. Il faut, à cet égard, exprimer quelques réserves, car l’artério-sclérose n’est pas nécessairement, pour tous les auteurs, un intermédiaire entre Vatrophie rénale et l’hypertrophie cardiaque. D’après Ewald, les lésions artérielles seraient postérieures à la sclérose, et d'autre part Buhl considère l’hypertrophie cardiaque comme la conséquence d’une myocardite inflammatoire.
Il faut scinder la question. L’hypertrophie cardiaque des néphrites aiguës ou chroniques diffuses semble être le résultat d’une hypertension artérielle, et peut-être d’une intoxication simultanée du cœur et des reins ; dans ces cas, la fibre cardiaque s’hypertrophierait seule et il n’y aurait pas de myocardite. Dans les néphrites artérielles, la sclérose interviendrait et on observerait la myocardite scléreuse avec J’hypertrophie du cœur.
Symptômes. — Dégur. — Les néphrites artérielles, les néphrites systématiques en général, sont chroniques d'emblée. Leur début esi lent et insidieux : pendant une période qui dure plusieurs mois, le plus souvent pendant plusieurs années, le malade éprouve une série de symptômes, pour lui insignifiants, parce qu’ils n’ont pas toujours une acuité très marquée. Ce sont des céphalées, des envies fréquentes d’uriner, de légères épislaxis, des palpitations, des crampes des mollets, une oppression légère, une dyspnée d’effort, de l’affaiblissement de l’ouie ou de la vue, des démangeaisons, la sensation de doigt mort, une sensibilité exagérée au froid, des troubles digestifs. Tous ces symptômes sont fugaces, se succèdent ou s’associent par groupes, disparaissent ou reparaissent alternativement, ou vont persister, s’accentuer longtemps avant que les grands symptômes du mal de Bright se soient manifestés.
Au cours de cet état chronique, chez un malade ayantl’apparence de la santé éclate parfois un épisode aigu qui attire son attention. Un symptôme est devenu prépondérant : tantôt une céphalée vive, gravative, continue, simulant des accès de migraine, tantôt une oppression très marquée quand le malade monte un escalier ou se livre