STRAUS (Soc. de biologie
au moindre effort, ici des palpitations angoissantes, là des troubles digestifs survenant avec ou sans douleurs.
Pendant cette longue période insidieuse, la néphrite peut être méconnue, le diagnostic de migraine, d'asthme ou de gastrite chro— nique paraît s'imposer jusqu’au jour où des œdèmes fugaces de la face et des extrémités, la polyurie, la présence d’albumine dans les urines feront affirmer l’existence de l'affection rénale. 11 importe donc de reconnaître les signes précurseurs de la maladie: ils permettent en. effet de prévoir de très loin des accidents plus graves, et, comme ils existent aussi à la période d’état, ils deviennent des éléments de diagnostic et de pronostic d’une réelle valeur, puisqu'ils servent
autant à établir le diagnostic de néphrite en l’absence de l’albu-
mine, qu’à reconnaître et à juger le plus souvent le degré d’insuffisance de la dépuration urinaire longtemps avant l’éclosion des grands accidents urémiques. M. Dieulafoy!, qui les a décrits magistralement, en a démontré la grande importance et les a réunis sous la rubrique de petits accidents du brightisme.
Les uns semblent être de nature toxique (certains troubles de l’ouïe et de la vue, secousses électriques, démangeaisons, cryesthésie, crampes des mollets), d’autres paraissent dépendre de certaines modifications survenant dans les vaisseaux artériels : spasme (doigt mort), hypertension, dilatation (signe dela temporale, vertiges), artério-sclérose (épistaxis, troubles auriculaires et visuels); d’autres relèvent sans doute d’une action réflexe (pollakiurie), ou de divers facteurs à la fois (dyscrasie toxique et artério-sclérose : troubles au-— ditifs, oculaires, épistaxis, doigt mort).
Les troubles auditifs sont les mêmes que ceux qui sont décrits dans les néphrites chroniques diffuses. Mais, dans les néphrites scléreuses, ils ont plus de tendance à persister, les lésions de l'oreille (sclérose du tympan, vascularisation anomale au niveau du marteau, hémorrhagie de la muqueuse) sont plus profondes et relèventrarement de l’æœdème brightique du nerf acoustique. Au contraire, les bourdonnements d’oreille, les surdités passagères sont le plus souvent des manifestations urémiques.
Il en est à peu près de même des troubles oculaires. Ceux-ci sont le plus souvent persistants et durables au cours des néphrites conjonetivo-vasculaires. Les scotomes scintillants ou non, les brouillards, la diplopie sont des phénomènes passagers et d’ordre toxique ; l’affaiblissement progressif et rapide de la vue, la cécité complète et permanente sont provoqués par des altérations diverses du fond de l’œil. Ces altérations consistent en hémorrhagies rétiniennes et.