‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 177 sur 263 · Soc. méd. des hôp., 1886, et Acad. de méd., juin · texte numérisé non relu

Soc. méd. des hôp., 1886, et Acad. de méd., juin

NÉPHRITES SYSTÉMATIQUES 609

lésions vasculaires portant sur la choroïde (artérite dégénérative), se localisant de préférence dans la rétine et la papille, exceptionnellement sur l'iris; elles consistent enfin en sclérose du nerf optique.

Les démangeaisons, les secousses électriques, les crampes, la cryesthésie sont des troubles de moindre importance, mais qui néanmoins possèdent une certaine valeur quand ils sont associés entre eux ou quand ils coexistent avec quelques-uns des accidents qui viennent d’être décrits.

Les démangeaisons ne diffèrent pas dans quelques cas du prurit ordinaire, mais elles revêtent aussi une forme particulière ; elles sont comparables au chatouillement que provoquerait un cheveu tombésur le cou, la poitrine ou le dos ; elles ressemblent à une piqüre d'insecte ou de fourmi. Elles ne sont nullement en rapport avec les sueurs d’urée qui ne S’accompagnent d’aucun prurit.

Les secousses électriques surviennent habituellement pendant le sommeil et sont assez vives pour réveiller le malade; celui-ci ressent une douleur analogue à une décharge électrique; la secousse est unique, violente et elle n’est en somme qu’une convulsion, une attaque convulsive d’urémie à l’état débauche.

Les crampes sont des phénomènes probablement de même nature. Ces spasmes sont nocturnes et douloureux, ils affectent les muscles de l’épaule, du cou, des jambes surtout; ils sont donc localisés le plus souvent ; dans une observation seulement on signale leur généralisation sous forme d’opistothonos(Jaccoud). Ces spasmes équivalent à de véritables convulsions cloniques et sont très rares.

La cryesthésie est probablement un phénomène de même ordre;

c’est une hyperesthésie très marquée au froid, généralisée ou localisée aux membres inférieurs, surtout aux genoux, aux jambes, aux pieds.

Le doigt mort consiste en une sensation en tous points analogue à celle qu’on éprouve après avoir été exposé à un froid très vif. Les malades accusent des douleurs vives, des fourmillements, des picotements, des crampes, les doigts deviennent quelquefois exsangues, pâles, insensibles. On peut rapprocher de ces faits l’asphyxie des extrémités observée par M. Debove au cours du mal de Bright‘. Le siège de la douleur est l’index et l’annulaire de préférence, rarement la douleur envahit la main et le bras.

La dilatation artérielle a été déjà décrite. Il est inutile de revenir sur la description de ce signe, qui d’ailleurs est moins fréquent dans les néphrites conjonctivo-vasculaires. Mais l'hypertension du sys-

tème artériel semble déterminer une exagération de tension du

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