AMERO (Thèse de Paris
exposé aux congestions pulmonaires, hépatiques et rénales, aux ædèmes, les urines sont diminuées de quantité, deviennent troubles, sont chargées d’albumine. Le malade présente la physionomie d’un cardiaque, il est devenu un cardio-rénal. Les crises d’asystolie sont passagères, sujettes à répétition, abrègent la marche de la maladie et sont même un des modes de terminaison du mal de Bright.
Le bruit de galop est indépendant de l’hypertrophie du cœur, cependant il coïncide fréquemment avec celle-ci; il s’observe plus souvent dans la néphrite artério-seléreuse, il est relativement rare dans les néphrites chroniques diffuses. Découvert par M. Potain, ce signe précieux permet dans maintes circonstances de dépister un mal de Bright évoluant silencieusement; il consiste en un rythme spécial du cœur qui donne à l'oreille la sensation du galop lointain d’un cheval. Le bruit de galop affecte plutôt la sensibilité tactile que la sensibilité auditive. On le perçoit avec son maximum d'intensité un peu au-dessus de la pointe du cœur, légèrement à droite; et on peut le distinguer parfois dans toute l’étendue de la région précordiale ; il n’est pas continu, il peut apparaître et disparaître pendant un temps assez long pour qu’on ait pu admeltre l’amélioration ou la guérison de la néphrite ‘. Comme le bruit de galop est la preuve le plus souvent de l'augmentation de la tension artérielle ou l’indice de l’asthénie cardiaque, sa disparition démontre seulement que ces derniers troubles se sont modifiés heureusement.
Le bruit de galop est souvent précédé ou remplacé par des signes d’une insuffisance de la valvule mitrale. Dans d’autres cas, le rythme du cœur, au cours de la néphrite, affecte une autre modalité. Le bruit surajouté qui constitue le bruit de galop, oscillant dans le grand silence, du deuxième bruit au premier bruit, donne l'illusion d’un roulement présystolique ou d’un dédoublement du second bruit, suivant qu’il s'éloigne du premier claquement valvulaire ou apparaît immédiatement après le second. Ainsi, à côté du bruit de galop type, qui est le plus souvent observé, on constate d’autres modifications du rythme cardiaque chez les brightiques. 11 semble parfois que le bruit surajouté soit mobile et puisse se transporter, pendant les différentes périodes de la maladie, à différents temps de la révolution cardiaque *.
Théoriquement on admet que le bruit de galop est constitué non plus par un dédoublement du premier temps, mais par un bruit surajouté aux battements normaux du cœur*. Celui-ei est dû à un
1. CUFFER et BARBILLON (Arch. gén. de médecine, 1887). 2. Currer et Louis GUINON (Rev. de méd.. 1886). 3. PorTAIN (Soc. méd. des hôpit., 1875; — Semaine. médic., 1885, p. 300).
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choc diastolique déterminé par la pénétration brusque de l’ondée sanguine dans le ventricule au moment de sa diastole, quand Pauricule, par une dernière contraction violente, se débarrasse des dernières quantités du sang qu’elle contenait.
Les troubles cardio-vasculaires qui viennent d’être étudiés se rencontrent dans les néphrites en général; mais, comme ils sont plus fréquents dans les néphrites artérielles, ils ont été décrits dans ce chapitre.
De plus, assez fréquemment, on observe la péricardite. Elle survient habituellement à la période ultime de la maladie, et coïncide souvent avec les accidents urémiques dont elle n’est nullement la conséquence, malgré l’avis contraire de M. Kéraval! appuyé sur l’expérimentation. Elle ne semble pas non plus être toujours sous la dépendance de maladies infectieuses intercurrentes. Sèche le plus souvent, elle peut aboutir à la formation d’adhérences entre les deux feuillets du péricarde; rarement séro-fibrineuse, elle peut s'accompagner d’un épanchement quelquefois abondant?, généralement privé de micro-organismes, comme l'ont prouvé des examens bactériologiques récents (Banti, Merklen). La péricardite brightique est latente, indolore, apyrétique; aussi passe-t-elle souvent inaperçue au milieu des accidents urémiques concomitants. Elle se révèle par une dyspnée intense et même de l’orthopnée quand l’épanchement est considérable, mais ce fait est rare. Le diagnostic est toujours difficile, que la péricardite soit sèche ou séreuse. Dans le premier cas, l'affection doit être recherchée; seuls, les signes physiques permettent de la reconnaître. Dans le second, l’hypertrophie cardiaque sous-jacente empêche l'interprétation des signes physiques et fonctionnels. Le pronostic de cette complication est toujours grave; elle indique une terminaison fatale à brève échéance.
Hémorrhagies. — Les hémorrhagies ont une importance variable suivant l’organe où elles se produisent. Ce sont des hémorrhagies nasales, pulmonaires, rénales ou cérébrales ; elles font partie, à titre de symptômes ou de complications, du mal de Bright. Les épistaxis, les hématuries rentrent dans le premier groupe, l’hémorrhagie cérébrale et les hémoptysies dans le second. Nous ne reviendrons pas sur les épistaxis déjà signalées à la phase initiale de la maladie. Quant aux hématuries, elles surviennent sans cause appréciable, quelquefois chez des individus non albuminuriques présentant quelques accidents du mal de Bright. Elles sont abondantes, persistent d'ordinaire pendant deux ou trois jours et ne récidivent pas en général. Les hémoptysies