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Thèse de Paris

2. MERKLEN, De la péricardite brightique (Sem. méd., 1899, p. 195).

sont rares au cours du mal de Bright; liées à l’æœdème pulmonaire ou au catarrhe bronchique ou indépendantes de ces altérations, elles sont tardives ou précoces ! et sujettes à répétition. Toutes ces hémorrhagies, à l’exception de celles du cerveau, sont quelquefois associées. En effet, chez certains malades, on observe successivement des épistaxis, des hémoptysies, des hématuries; ces hémorrhagies multiples ont un certain caractère de gravité. Les hématémèses, le mélæna, les pétéchies, les hématomes de la dure-mère peuvent s’observer aussi au cours du mal de Bright.

Troubles respiratoires. — Indépendamment de l’œdème pulmonaire, des hémoptysies, de la dyspnée urémique déjà signalés, on observe des troubles respiratoires provoqués par des pleurésies et par des lésions broncho-pulmonaires. Les pleurésies sont fréquentes, elles sont bilatérales, à petit épanchement, et se terminent par la production d’adhérences fibreuses très épaisses. Les lésions broncho-pulmonaires, bien étudiées par Lasègue, se ramènent à trois types cliniques. L’un rappelle la congestion pulmonaire, congestion parfois intense, mais fugace, se révélant par une angoisse thoracique. Le second représente des congestions pleuro-pulmonaires à début brusque avec des foyers plus ou moins étendus. Le troisième correspond à une broncho-pneumonie à début subit, avec oppression continue sujette à des exacerbations et s’accompagnant d’une expectoration abondante et sanguinolente. À ces trois formes on peut en ajouter une quatrième: l’œdème suraiqu du poumon. Il apparaît brusquement; il provoque une dyspnée qui atteint d'emblée toute son intensité et détermine une expectoration albumineuse rosée et très abondante; sa durée ne dépasse pas une ou quelques heures. Tantôt cet œdème se limite à un seul accès, tantôt il reparaît à intervalles plus ou moins éloignés. Dans quelques cas il a entraîné la mort.

Les troubles cérébraux et les troubles gastro-intestinaux sont le plus souvent sous la dépendance de l’urémie. Cependant l’œdème du cerveau peut produire à la fois le coma et la céphalée. Ordinairement celle-ci est gravative et continue pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois; par cette longue durée elle se distingue de la céphalée urémique.

Les troubles gastro-intestinaux consistent en vomissements parfois abondants, tenaces, en général aqueux, et en diarrhées séreuses analogues à celles que nous avons déjà décrites à propos des né-

1. DECHERR (Thèse de Paris, 1872). — DucLos (Rev. gén. clin. et thérap., 1890). — DiEuLAroY, Manuel de pathol. int., t. IX, p. 69, 7° édit, 2. DIEULAFOY (Soc. méd. des hôp., 1892). — BouvERET (Sem. méd., 1890).

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phrites chroniques diffuses. Ces diarrhées, assez fréquentes au cours des néphrites artérielles en général, existent souvent au cours de la néphrite sénile et surviennent à titre de suppléance de l’émonctoire rénal. On voit en effet des accidents urémiques, à la veille d’éclater, s’amender ou disparaître à la suite de flux diarrhéiques intenses.

Foie brightique. — De tous les accidents que nous venons d’énumérer, celui-ci est certainement le plus rare. Le foie est sensible et hypertrophié; cette hypertrophie, indépendante des congestions d’origine cardiaque, est en général légère, mais le foie peut doubler de volume. En ce cas, la respiration devient saccadée et se rapproche de la respiration de Cheyne-Stokes. Sans influence habituellement sur la polyurie, l’hypertrophie du foie semble se produire chez les brightiques dont la diurèse, légèrement au-dessous du taux normal, augmente brusquement par l’action des diurétiques ou chez des malades à la veille de graves accidents urémiques !.

Brightisme®. — Brightique.— Tels sont les symptômes des néphrites artérielles. Quelques-uns d’entre eux s’observent à la fois dans les néphrites chroniques diffuses et les néphrites conjonctivovasculaires. Aussi est-il difficile au point de vue clinique de faire une distinction absolue entre ces deux variétés d’affections rénales. Elles se traduisent toutes Les deux par une même expression clinique, le brightisme, dénomination qui répond àun syndrome. Le brightique est sujet à la plupart des petits accidents du mal de Bright, c’est-à-dire aux accidents de la petite urémie; de plus il est exposé aux œdèmes, à des troubles cardio-vasculaires, à des hémorrhagies diverses (nasales, pulmonaires, rénales), aux troubles de la grande urémie, à des complications nombreuses survenant du côté des poumons, de la plèvre, du péritoine et des méninges. Le brightique peut être ou non albuminurique. Brightisme et albuminurie ne sont pas synonymes. Le brightique est plutôt un intoxiqué; l’albuminurique est un malade qui se dénourrit. Quand l’albuminurique reste seulement albuminurique, il peut voir évoluer sa maladie pendant longtemps et sans aucune complication grave. Mais il faut se rappeler qu'un albuminurique est souvent ou peut devenir un brightique. En clinique, cette distinction entre le brightisme et l’albuminurie a une grande valeur.

Marche. Durée. Terminaison.— La marche des néphrites artérielles est le plus souvent insidieuse; le rein peut être notablement altéré sans qu'il en résulte des symptômes bruyants. Le malade est polyurique, à de la pollakiurie, quelques crampes, par-

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