HANOT (Soc. méd. des hôp
2. Ce terme a été créé et cette conception clinique a été exposée par M. Dieulafoy dans différentes communications à la Soc. méd. des hôp. et à l’Acad. de méd. (1886 et 1893) auxquelles nous avons fait de larges emprunts.
fois le doigt mort, quelques céphalées, un peu de dyspnée; mais il n’attache aucune importance à ces troubles légers. Ces petits accidents deviennent plus fréquents et parfois, l’un d’eux prenant une importance plus grande, l’attention est attirée du côté des reins et le diagnostic de la maladie s’impose. Le malade peut rester dans cette situation jusqu’à un âge avancé sans avoir subi les accidents de la grande urémie. Il peut survenir des accidents passagers, d’oligurie ou d’anurie; cette anurie est transitoire et provoquée probablement par un trouble neuro-paralytique du rein (Dieulafoy) ou par un ædème fugace! du parenchyme rénal. Le malade peut être encore exposé à des poussées congestives du côté des bronches, des poumons, des plèvres. Mais la dépuration urinaire est suffisante et les accidents de la grande urémie peuvent être évités. Plus souvent, le rein devient insuffisant, la toxicité urinaire? diminue de plus en plus, les petits symptômes s’aggravent, les grands symptômes apparaissent(œædèmes, dyspnée, céphalée, convulsions, coma). Le cœur est assez fréquemment hypertrophié; cette hypertrophie est utile pendant longtemps. Mais quand elle s’accompagne de ia dilatation des cavités droites, au tableau de l’urémie se joint le tableau de l’asystolie, association terrible qui aggrave notablement le pronostic.
La durée des néphrites scléreuses peut être très longue, à la condition de n’être entravée par aucun accident ou par aucune complication. Mais les accidents et les complications sont très nombreux, et le plus souvent la mort est amenée par l’un d’eux, soit qu’il s’agisse d’une maladie intercurrente devenue rapidement mortelle à cause du mauvais état général du malade, soit que cette maladie intercurrente provoque secondairement les grands accidents de l’'urémie. C’est ainsi que la pneumonie emporte un grand nombre de brightiques. Toute maladie infectieuse peut de même amener une issue fatale. Mais généralement les infections provoquent du côté du rein des poussées phlegmasiques aiguës ou subaiguës qui compliquent d’autant la situation en provoquant l’urémie.
Le froid, les excès alcooliques, l’ingestion d’aliments altérés agissent dans le même sens et amènent des accidents sérieux, parfois
1. RenauT (de Lyon), De la fausse imperméabilité du rein (Acad. de méd., 1890).
2. On dit que les urines sont normalement toxiques lorsque 50 ou 70 grammes d'urine injectés dans les veines d’un lapin de poids moyen déterminent la mort de cet animal, La toxicité urinaire est diminuée au moment où la toxicité du sang augmente quand il y a insuffisance rénale. Cette toxicité augmente encore au cours des maladies infectieuses et des intoxications (alcool) qui déversent de nouveaux poisons dans le torrent circulatoire. — Pendant l’injection, on observe les phénomènes suivants: l'animal est atteint d’abord de myosis, puis d'accélération des mouvements respiratoires, d’aflaiblissement ou de disparition des réflexes oculaires et présente enfin de l'hypothermic, de la raideur tétanique, de la salivation, quelques mouvements convulsifs, de l’'exophtalmie.
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NÉPHRITES SYSTÉMATIQUES 619
même rapidement mortels. L’hypertrophie du cœur retentit fréquemment sur les reins en déterminant des poussées congestives ; parfois surviennent des crises d’asystolie. C’est sous l’action du cœur seul ou de l’action combinée de ces deux organes altérés, le rein et le cœur, que le brightique peut succomber.
Dans ce cas, la terminaison est fatale et se produit à brève échéance, chaque accès d’asystolie et d’urémie associé ou isolé aggravant l’état du malade. Dans d’autres circonstances, la mort est rapide ; elle peut être amenée par l’urémie à forme comateuse ou convulsive et par des complications telles que la pneumonie, l’æœdème de la glotte ou du cerveau, des inflammations des méninges‘ ou par une affection concomitante (hémorrhagie cérébrale). Dans d’autres cas, la mort est subite. Cette terminaison est relativement fréquente. On l’observe surtout chez des brightiques dont l’affection, ignorée le plus souvent, se révèle par des symptômes si peu marqués qu’elle n’éveille pas l'attention du malade. Chez celui-ci, le moindre excès, de quelque nature qu’il soit, suffit à augmenter l'insuffisance de la dépuration urinaire, et la mort survient brusquement au milieu d’un état de santé apparente ?.
Variétés. — Telle est l’évolution générale des néphrites scléreuses systématiques. Mais le processus morbide peut être différent suivant l’origine de ces dernières et le terrain sur lequel elles évoluent. De là les variétés suivantes qui méritent une brève mention.
La néphrite goutteuse se complique souvent de lésions dues à la lithiase et évolue pendant longtemps avec une albuminurie plus ou moins persistante, apparaissant à chaque accès de goutte, disparaissant dans l'intervalle; le goutteux peut rester albuminurique pendant longtemps sans éprouver aucun accident grave et devenir dans la suite un brightique, ou il peut être d'emblée un brightique et succomber rapidement au milieu d'accidents urémiques. Quelle que soit l’évolution de la maladie, celle-ci est traversée par des crises de coliques néphrétiques ; la néphrite est défigurée dans certains cas ou arrêtée dans sa marche par lés lésions rénales consécutives à la lithiase.
La néphrite saturnine Se traduit par une albuminurie, des ædèmes etuneanémie beaucoup plus prononcée que dans la néphrite par artério-sclérose. De plus, on observe assez souvent l’arthrite uratique; lévolution de la néphrite saturnine est sujette fréquemment à des poussées congestives et cependant elle a une durée