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JaAccoun, Néphrite saturnine et urémie (Sem. med

2. On trouvera dans le livre de M. BROUARDEL (La mort et la mort subite, Paris, 1895) de nombreux exemples de mort subite au cours du mal de Bright; à V’autopsie, les reins étaient sclérosés et rétractés.

assez longue. Nous ne possédons aucune observation concernant sa guérison et nous ne savons pas si sa marche peut être enrayée lorsque le malade est soustrait à l’intoxication saturnine.

Le rein sénile, affection mal déterminée, n’est pas synonyme de néphrite sénile. Nombre de vieillards éprouvent des modifications urinaires de par la sénilité, présentent des reins atrophiés, blancs et lisses, qui ne se traduisent par aucun symptôme. Lorsque les lésions ne restent pas muettes, l’ensemble de la maladie reproduit le tableau de la néphrite artérielle. Au milieu de l’affaiblissement général, la néphrite passe inaperçue ; quand les désordres rénaux sont peu prononcés, la polyurie est peu marquée, l’albuminurie est légère, mais il peut survenir des accidents urémiques peu accentués (céphalée, dyspnée), des diarrhées fréquentes, profuses, tous phénomènes qui s’exagèrent par des écarts de régime ou sous l’influence d’affections intereurrentes, telles que bronchites et pneumonies, fréquentes chez les vieillards. Ces complications déterminent souvent la mort. Celle-ci survient aussi au milieu d'accidents urémiques ou de crises d’asystolie quise manifestent séparément. La néphrite sénile a une durée difficile à déterminer; comme la néphrite artérielle, elle est sujette à des phases aiguës, elle évolue ordinairement d’une façon latente et se révèle ici par des dyspnées revêtant une forme particulière, prenant très souvent le type de Cheyne-Stokes, là par des troubles cérébraux, des céphalées, du délire non fébrile, du coma s’établissant progressivement et ne s’accompagnant ni de troubles paralytiques, ni de phénomènes pupillaires (rétrécissement de la pupille), ailleurs, mais très rarement, par des attaques convulsives, ou enfin par du trem-— blement fibrillaire.

On conçoit combien il est difficile parfois de diagnostiquer cette néphrite et combien il est facile de prendre une bronchite brightique pour une bronchite simple, la dyspnée pour de l’asthme simple, et les troubles cérébraux urémiques pour des lésions organiques (hémorrhagies, ramollissement). — La pneumonie évolue souvent à bas bruit, sans fièvre, chez le vieillard atteint de néphrite; il est aisé de l’ignorer, et cette erreur de diagnostic est d'autant plus préjudiciable que, chez le vieillard atteint de mal de Bright, la pneumonie est plus grave que chez le vieillard indemne de toute affection rénale.

Nous devons signaler, à la fin de ce chapitre, une forme spéciale de brightisme associé à la chlorose (Dieulafoy). Get ensemble pathologique se rencontre chez l’adolescent, les jeunes filles surtout. Justiciable du traitement des néphrites, cette forme de mal de Bright peut s’amender. Évoluant souvent sans albuminurie, elle passe inaperçue, et, à l’occasion d’une grossesse ultérieure, on peut voir apparaître des accidents urémiques graves, quelquefois mortels.

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Pronostic. — Il repose essentiellement :

4° Sur la notion étiologique ;

9 Sur l’affection cardiaque concomitante ;

3 Sur la répétition à intervalles rapprochés d'accidents uréniques ;

4 Sur l’apparition de complications pulmonaires qui offrent un certain caractère de gravité.

Les néphrites qui se développent au cours de la goutte, de l’artério-sclérose généralisée, dans la vieillesse, chez les chlorotiques, sont graves en général. Leur évolution est progressive; le plus souvent, la mort est la terminaison de ces néphrites. La guérison doit être mise en doute.

Nous n’insisterons pas sur le rôle que joue l’hypertrophie du <œur au cours du mal de Bright. Quand le cœur est hypertrophié et non dégénéré, son hypertrophie est plutôt un bienfait, puisqu’elle assure pendant longtemps la régularité de la tension artérielle, l’augmente parfois, maintient ainsi l'émission des urines à un taux normal et peut parer aux complications déterminées par l’atrophie progressive des reins. Viennent les crises d’asystolie, l’existence du malade est compromise. Mais il ne faut pas se hâter de porter un pronostic grave. L'énergie du cœur peut être relevée et l’on observe «des rémissions fréquentes et de longue durée.

Il en est de même. des crises urémiques. — Quand celles-ci se succèdent à intervalles plus ou moins rapprochés, les événements se précipitent, la mort peut survenir du fait même de l’urémie, à moins qu’une complication n’intervienne. Les petits accidents du brightisme peuvent servir à dépister la maladie et à prévoir de très loin les graves accidents de l’urémie; mais, en raison des allures insidieuses de la néphrite, celle-ci passe inaperçue et l’on se trouve souvent en présence d’un brightique dont l’affection déjà ancienne a provoqué des lésions irréparables. Le pronostic est donc toujours sombre; cependant la thérapeutique peut, en suivant des indications précises, parer, dans certaines limites, à de nombreux accidents, éloigner l’échéance fatale et assurer une survie prolongée au malade.

Diagnostic. — Souvent le diagnostic de néphrite scléreuse s'établit et se confirme par l’examen des urines qui révèle la présence de l’albumine. Mais la connaissance du mal de Bright sans albuminurie ou avec albuminurie transitoire nous montre que ce moven de diagnostic peut être parfois trompeur; si les urines ne contiennent pas d’albumine, on peut ignorer l'existence d’une néphrite. Dans ce cas, les signes atténués du mal de Bright sont précieux pour dépister l'affection rénale qui est latente et insidieuse. Dans d’autres circonstances, la prédominance d’un symptôme peut donner le change

et nécessiter un diagnostic différentiel. Les éventualités suivantes peuvent se présenter : une dyspnée paroxystique peut simuler l'asthme ; une dyspnée légère peut être prise pour de l’emphysème, une céphalée nocturne peut faire penser à la syphilis cérébrale, cette même céphalée peut en imposer pour la migraine ; les troubles digestifs urémiques (vomissements, diarrhée) feront croire dans bien des cas à un embarras gastrique, parfois à un cancer de l’estomac, à une fuberculose ou à une dégénérescence amyloïide de l'intestin: les bronchites à répétition, les hémorrhagies broncho-pulmonaires, les épanchements pleuraux feront rechercher la tuberculose pulmonaire.

Si une séméiotique bien conduite arrive quelquefois à différencier la céphalée brightique (début irrégulier, durée longue) de la céphalée | migraineuse (accès isolés, durée courte, début irrégulier, retours | périodiques), il n’en est pas de même pour la plupart des autres symptômes ou affections (asthme, vomissements, diarrhée, bronchite). Lorsque, dans ces circonstances, malgré l’étude attentive des | organes incriminés, l'examen du cœur et la recherche de l’albumine | ne peuvent fournir la preuve de lexistence d’un mal de Bright, il faut pratiquer, à des intervalles rapprochés et pendant plusieurs |

semaines, des examens nombreux et répétés des urines, il faut rechercher leur toxicité et les petits accidents du mal de Bright.

Grâce à ces derniers, on pourra encore distinguer de la néphrite aiguë les poussées aiguës qui surviennent à titre d’épiphénomène au cours des néphrites chroniques: ils serviront à établir l’existence d’altérations rénales antérieures à l’incident que l’on observe.

Il est inutile d’insister de nouveau sur le diagnostic différentiel des affections cardiaques et rénales, qui a été traité au chapitre des Néphrites chroniques diffuses. Mais il est nécessaire de montrer que dans le cours des néphrites systématiques, artérielles le plus souvent, ce diagnostic est parfois plus difficile à établir. On peut ignorer, en effet, une néphrite dont la plupart des symptômes sont masqués ou atténués par une myocardite qui par ses allures bruyantes domine la scène morbide et concentre sur elle toute l'attention. Il faut être prévenu de cette éventualité qui se présente souvent en clinique. La recherche de l’albumine ne peut être en pareil cas d’aucun secours ; seule l’évolution de la maladie pourra donner des renseignements utiles. On évitera ainsi de commettre une erreur de diagnostic et de compromettre une situation déjà grave par ellemême, en prescrivant des médicaments cardiaques.

Il faut enfin distinguer le mal de Bright de la plupart des affections (dégénérescence kystique du rein, calcul enchatonné dans lu substance rénale, hydronéphrose) qui annihilent la fonction urinaire par une

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destruction lente et progressive des reins. Dans ce cas, les anamnestiques et l’exploration des flancs qui décélera dans l’un d’eux ou dans les deux à la fois une tumeur dure ou rénitente, fluctuante et globuleuse, permettront d’écarter le diagnostic de néphrite.

TRAITEMENT DES NÉPHRITES *

Le traitement des néphrites est prophylactique et curatif. Il repose principalement sur l’alimentation, l’hygiène; en outre, dans les néphrites aiguës comme dans les néphrites chroniques, il faut v ajouter une médication symptomatique, car il faut veiller au bon fonctionnement du cœur, des intestins, parer aux hémorrhagies diverses qui peuvent survenir au Cours du mal de Bright, combattre les manifestations partielles ou atténuées de l’urémie, et retarder autant que possible l'apparition des accidents de la grande urémie.

ProPHyYLAxIE. — Elle peut être efficace dans certaines maladies aiguës, surtout dans la scarlatine où, d’après certains auteurs, le régime lacté absolu, institué dès que le diagnostic est confirmé, donnerait les meilleurs résultats. MM. Jaccoud et Ziegler (de Potsdam), qui ont soumis à ce régime tous les scarlatineux de leur clientèle: privée et hospitalière, n’ont pas observé un seul cas dans lequel la néphrite se soit montrée.

Dans les maladies infectieuses, le rein doit subir non seulement l'influence nocive des produits de désintégration qui augmentent pendant la durée de la fièvre, mais aussi l’action irritante des toxines. résultant de l'infection microbienne. Le but de la thérapeutique dans les néphrites aiguës est de diminuer la quantité des matières extractives et de favoriser l’élimination des produits de désassimilation. Or, comme le traitement de la fièvre a pour objet de faciliter les oxydations, d’oxyder les produits qui ne le sont pas, et par suite de les. rendre éliminables, traiter la maladie infectieuse, c’est agir au point

de vue prophylactique. Aussi peut-on adjoindre au régime lacté

absolu le sulfate de quinine à petites doses, l'alcool à raison de 20 à 30 grammes par jour, l'acide benzoïque, l'acide salicylique et l’hydro-

1. L'enseignement et les travaux de M. DIEULArOY, le Trailé de MM. LECORCRÉ et TALAMON et le livre de M. LABADIE-LAGRAVE (Palhogénie et lraitement des néphriles et du mal de Bright, Biblioth. Charcot-Debove) nous ont été d’un précieux secours pour la rédaction de ce chapitre.

thérapie (bains progressivement refroidis). De plus il faut provoquer la polyurie; celle-ci réduit les matériaux solides de l’urine à leur minimum, et, en ramenant l’urine à une composition à peu près analogue à celle de l’eau, on évite le contact funeste des toxines trop concentrées sur les cellules épithéliales du rein. On détermine la polyurie par le régime lacté qui de ce chef trouve une nouvelle indication; si parfois le lait est mal toléré ou digéré. on est obligé de recourir au régime mixte; dans ce cas, on doit bannir de l’alimentation du malade le bouillon, les aliments riches en matières extractives et en huiles essentielles. Parmi les médicaments diurétiques, on choisira l’uva ursi, la lactose, le benzoute de soude. Il faut réserver les diurétiques plus puissants pour combattre des ædèmes persistants ou rétablir la fonction urinaire (oligurie, anurie) compromise en partie ou d’une manière complète.

Au cours des maladies infectieuses dans lesquelles les microorganismes se localisent dans les intestins (fièvre typhoïde, choléra) et déversent à ce niveau leurs toxines, il faut veiller à débarrasser ces organes de tous les produits de fermentation qu’ils contiennent ; on évite ainsi d'ajouter de nouveaux poisons à ceux qui proviennent de l’organisme. Par l'emploi des antiseptiques intestinaux, on peut tenter ainsi de neutraliser ou d’absorber un grand nombre de produits toxiques de différente nature.

Dans les néphrites aiguës dues à la diphtérie, à la malaria, à la syphilis, les agents thérapeutiques spécifiques dirigés contre l’intoxication ou l'infection générales ne sont pas contre-indiqués. IL est difficile de savoir s’ils ont une action prophylactique et s’ils peuvent empêcher ie développement de néphrites au cours de ces maladies. En tout cas, le mercure, la quinine donnés à doses modérées, le sérum antitoxique de la diphtérie ne doivent pas être considérés comme exerçant une influence nocive sur le rein; leur action semble plutôt préventive, puisque ces divers agents thérapeutiques combattent ou atténuent en grande partie la plupart des manifestations de la maladie. D'ailleurs, en présence des faits qui démontrent l'influence nuisible de la toxine diphtérique sur le rein, on doit recourir à ce mode de traitement dont les effets nocifs sur le filtre rénal sont très rares et même incertains!.

Le traitement prophylactique du mal de Bright consiste à prévoir

1. HANSEMANN (Soc. de méd. de Berlin, 28 nov. et 5 déc. 1894) a cité un cas de néphrite survenue à la suite d’injections de sérum antitoxique au cours du traitement de la diphtéric. I1 est probable que l’auteur traitait un malade intoxiqué déjà depuis longtemps par la diphtérie ct se trouvait en présence d’une néphrite de cette nature. — Cependant MM. GASSER et CoUToN (Soc. méd des hôp., 1 mars 1895) ont signalé des observations d’albuminurie consécutive à des injections de sérum antitoxique chez des malades non diphtériques.

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les cas dans lesquels les néphrites peuvent se développer ou s’aggraver : il faut aller au-devant de l'affection en lui opposant un traitement et une hygiène convenables (arthritisme, goulte, saturnisme, etc.), et, si la néphrite existe, éviter toute cause pouvant activer le processus morbide. La grossesse à ce titre est un facteur funeste. Quoique l’action nuisible de l’alcool sur le rein soit mal établie, on doit supprimer la plupart des boissons alcooliques et proscrire toute ingestion de spiritueux et même de liqueurs faites avec des essences. Ils peuvent contribuer, avec le concours d’autres facteurs étiologiques, à déterminer des néphrites. Nous verrons cependant plus loin que l’alcool, avec certains ménagements toutefois, peut être prescrit au brightique.

TRAITEMENT CURATIF. — Il n’existe pas de traitement curatif des néphrites aiguës et chroniques. Cependant diverses médications qui jouissaient autrefois d’une grande faveur, mais discréditées depuis longtemps, ont été de nouveau dans ces derniers temps introduites dans la pratique. La saignée générale remplit une triple indication : elle décongestionne le rein qui, gorgé de sang, est annihilé dans ses fonctions ; elle diminue la pression sanguine et facilite le travail du cœur qui menace de se dilater sous cet excès de pression; enfin elle enlève au sang certains principes toxiques. Dans les phases aiguës des néphrites chroniques, l'utilité des saignées générales, quand on ne se trouve pas en présence de manifestations urémiques, est très discutable. Elles sont indiquées pour quelques auteurs au début des néphrites aiguës. Mais ces saignées doivent être pratiquées avec une extrême parcimonie. Elles sont contre-indiquées s’il existe des troubles cardio-vasculaires, si le malade est anémié ou cachectique. On peut retirer 200 à 300 grammes de sang ; on ne-doit jamais dépasser cette quantité. Chez l’enfant, l'application de ventouses scarifiées sur la région lombaire remplacera les saignées générales. Les révulsifs seront employés dans les conditions que nous venons de spécifier; ce seront des pointes de feu, très rarement des cautères. On n’aura jamais recours aux vésicatoires à base de cantharide : on les remplacera avantageusement par les vésicatoires ammoniacaux selon la formule de Trousseau.

Il est illusoire de tenter d’agir sur les micro-organismes qui déterminent les néphrites aiguës, même les néphrites dites bactériennes primitives ; toutes les médications dirigées dans ce sens n’ont donné aucun résultat appréciable (scille, benzoate de soude). L’iodure de potassium ne doit être prescrit que dans les néphrites scléreuses lorsque les processus néoformateurs dominent dans le rein. Mais même dans ce cas son action est très discutable, Dans les néphrites à prédominance épithéliale, qui s’accompagnent d’une grande quan-

lité d’albumine et d’un certain degré de cachexie MM. Lecorché et Talamon recommandent l’iodure de calcium.

RÉGIMES ALIMENTAIRES. — Dans les néphrites chroniques on ne peut fonder aucun espoir sur le traitement curatif. Par un régime alimentaire convenable, par une hygiène bien comprise et par un traitement symptomatique institué au moment voulu, on parvient souvent à assurer au brighlique une existence prolongée avec un état de santé apparente.

Régime lacté. — De tous les régimes institués contre le mal de Bright ou dans le cours de cette maladie, le régime lacté est celui qui offre les avantages les plus précieux et les plus certains. Le régime lacté absolu à la dose de 3 litres par jour représente la ration d'entretien pour un adulte‘. $i le lait dans les néphrites aiguës ou dans quelques néphrites chroniques diffuses diminue l’albumine, il existe des cas dans lesquels il est inefficace. Aussi, le régime lacté ne peut nullement être considéré comme une médication dirigée contre l’albuminurie. Il agit en exonérant le rein d’un surcroît de travail et en permettant le rétablissement de la fonction rénale quand cette éventualité est possible. Il est surtout une médication antibrightique. Le lait est facilement peptonisé et, sous son influence, les matières extractives et les déchets organiques complexes, inutiles, ou dangereux même pour l’organisme et pour le rein malade, sont diminués dans des proportions notables, l’urée augmente de quantité, les matières albuminoïdes introduites dans la circulation sont facilement assimilables ; par ses sels le lait excite probablement les épithéliums du rein à la sécrétion. Le lait est en outre un diurétique puissant et comme tel il agit à la fois sur les œdèmes et sur l’élimination des substances toxiques contenues dans les tissus et dans le sang ; les céphalées, les dyspnées brightiques, la plupart des petits accidents du brightisme s’atténuent ou disparaissent. Les fermentations intestinales diminuent et les produits toxiques qui proviennent de ces organes et du foie, réduits de quantité, éliminés et dilués, ont peu de tendance à altérer les épithéliums du rein en passant à travers le filtre rénal. En résumé, le lait est un aliment et un médi-

1. Si l’on admet que celle-ci comprend 100 grammes d’albumine, 100 grammes de graisse et 250 grammes d’hydrate de carbone environ, et s’il est vrai qu'un litre ‘le lait renferme 40 grammes de matières albuminoïdes, 40 grammes de graisse et 50 grammes d’hydrates de carbone, les 3 litres de lait représentent une alimentation suffisante avec un déficit d’hydrate de carbone compensé par un excès de matières albuminoïdes et de graisse. IL est nécessaire de mettre ces chiffres sous les yeux du thérapeute ; car nombre de médecins et tous les malades soumis au régime lacté absolu invoquent l'insuffisance de cette alimentation pour repousser de parti pris ou supprimer, deux ou trois semaines après l'avoir prescrit ou supporté, ce régime essentiellement salutaire.

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cament à la fois et, à ce double point de vue, il doit être prescrit dans le traitement des néphrites chroniques.

Mode d'administration. — Le lait doit être bouilli pour faciliter sa digestion. Pour le faire tolérer au malade, on peut y ajouter une cuillerée à bouche d’eau de chaux pour la valeur d’un verre ou mélanger dans celui-ci lait et'eau de Vichy à parties égales. On peut le sucrer ou le saler suivant le goût du malade, l’additionner d’une cuillerée à café par verre de kirsch, de rhum ou de cognac. Au gré du malade on peut prescrire du lait de vache, de chèvre, du koumys, du képhir, mais il faut savoir que l’usage de ces deux derniers aliments ne peut être prolongé longtemps en raison de leur faible valeur nutritive; ils sont plutôt des adjuvants du régime lacté. Le lait doit être prescrit à des intervalles égaux, par petites quantités égales, 390 grammes toutes les deux heures, afin que la sécrétion urinaire soit constamment sous son influence. Quand le régime lacté est prescrit d’une manière absolue, il faut veiller très attentivement à sa digestion et empêcher la constipation en ayant recours à des purgatifs légers (manne surtout), éviter les purgatifs drastiques qui vont à l'encontre de la médication lactée en provoquant des flux diarrhéiques et en diminuant la diurèse.

Quand le régime lacté doit être prescrit pendant une longue période, on permettra cependant au malade quelques œufs, des fromages frais (de vache ou de chèvre), de la crème, quelques laitages, des féculents et des fruits.

Le régime lacté absolu doit être maintenu dans toute sa rigueur autant que possible, aussi longtemps que les phénomènes toxiques persisteront. Il n’est pas nécessaire de tenir un compte très rigoureux de l’albumine. Dans nombre de néphrites chroniques, qu’elles soient diffuses ou systématiques, le régime lacté doit faire les frais du traitement pendant plusieurs années (deux, trois ans et quelquefois plus). Quand le lait est ordonné comme moyen préventif, son usage ne doit pas être prolongé au delà de trois semaines.

Régime mixte. — Les régimes mixtes seront indiqués dans les cas suivants : 1° quand les accidents toxiques auront disparu depuis longtemps et ne se reproduiront pas à la suite de la suppression du régime lacté absolu; 2° quand, en l’absence de symptômes brightiques, l’albumine persiste seule (on peut même alors permettre au malade l’alimentation ordinaire); 3° quand l'intolérance gastrique pour le lait est absolue et que le mal de Bright doit avoir une durée très longue.

Quand on doit supprimer le régime lacté absolu et qu’on veut savoir si une amélioration durable est survenue, on fait prendre au malade un repas d’épreuve composé de bouillon, de viandes, de

quelques légumes herbacés, de fruits, d’un peu de vin coupé d’eau. Si l’albumine augmente dans des proportions notables ou si l’état du malade s'aggrave, on ordonnera de nouveau le régime lacté absolu ; dans le cas contraire, le malade reviendra insensiblement à l’alimentation ordinaire. Dans cette période de transition et dans les néphrites à longue échéance, le régime lacto-végétarien et l’alimentation suivante conviendront au brightique. Outre les végétaux, les légumes verts surtout, on ordonnera l’usage des aliments pauvres en albumine, les pommes de terre, les semences, les graines. les racines; le beurre, le sucre, le macaroni, les poissons renfermant peu d’huile et de matières grasses, les compotes de fruits pourront être permis au malade.Les coquillages et les crustacés en petite quantité seront de légers adjuvants de l’alimentation. Quoique l’abstention des spiritueux soit recommandée, le brightique peut prendre des vins légers et des vins de fruits. En un mot, il faut répondre aux desiderata de Senator, (restreindre le travail de métamorphose de l'azote, diminuer le travail de transformation des matières albumineuses dont le rein est chargé d'éliminer les produits terminaux et restreindre de ce fait la tâche des reins ». Bien que les régimes mixtes rendent des services appréciables, il faut reconnaître qu'ils n’ont pas toujours la puissance d'action du régime lacté absolu et que, les prescrire, c’est faire au malade une concession parfois malheureuse.

TRAITEMENT DES SYMPTÔMES. — Certains symptômes ou troubles organiques prennent une intensité telle au cours du mal de Bright qu’il faut leur opposer une médication spéciale. Les céphalées sont calmées par l’application de sangsues derrière les oreilles (Dieulafoy) ou par l’antipyrine (1 ou 3 grammes). — Les dyspnées toxiques sont combattues par des pilules d’ipéca (5 centigrammes) et d’opium (2 milligrammes) données toutes les demi-heures à doses nauséeuses (Dieulafoy), et par des inhalations d’oxygène.

Quand surviennent les phases de déchéance cardiaque et que l’asystolie complique la néphrite, on aura recours aux diurétiques légers (vin de Trousseau) dans les cas peu intenses; quand ces troubles sont marqués, on prescrira les préparations de caféine et la digitale sous forme de macération ou en granules de digitaline (1/4 ou 1 milligramme en vingt-quatre heures). La digitale, au cours du mal de Bright, doit être maniée avec une extrême prudence. — En face d’œdèmes généralisés et persistants, chez des malades dont les téguments externes surdistendus par la sérosité sont le siège d’excoriations, et dont le cœur surmené, incapable d’être tonifié par les médications ordinaires, est impuissant à rétablir la fonction urinaire compromise, chez les malades, enfin, qui ne répondent plus à l’action des diurétiques, on pratiquera sur les membres inférieurs

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des mouchetures de la peau. Celles-ci seront superficielles, peu nombreuses, espacées, faites avec toutes les précautions antiseptiques. — On combattra les œdèmes pulmonaires avec des ventouses sèches, et l’œdème de la glotte, en présence d’asphyxie persistante, par le tubage du larynx. — Contre les hémorrhagies, on appliquera le traitement usité d'ordinaire. On peut prescrire le tannin, l’acide gallique, l’ergot de seigle et les astringents. Quant aux épistaxis qui sont parfois très abondantes, elles nécessiteront le tamponnement des fosses nasales.

Contre l’intolérance de l'estomac, on prescrira la diète absolue. Dans quelques cas, on aura recours à des lavements nutritifs auxquels on ajoutera de la lactose. L’eau de chaux, la cocaïne et la morphine, prescrites à doses très légères, rendront l’estomac plus tolérant. — En cas de diarrhée fétide, on prescrira les antiseptiques intestinaux.

Il survient parfois, au cours du mal de Bright, une anurie passagère attribuée à un véritable trouble neuro-paralytique s’exerçant sur le rein (Dieulafoy, Renaut). Cette anurie peut être suivie d’accidents urémiques mortels. Le médecin peut quelquefois combattre cet incident passager par des diurétiques puissants (digitale, caféine, théobromine, diurétine, strophantus, spartéine), par de grands lavements froids. Mais ces médications échouent souvent et, pour stimuler la fonction urinaire momentanément suspendue, M. Dieulafoy a eu recours à des injections sous-cutanées de ( néphrine », préparée avec le suc de la substance corticale du rein‘. — Pour apprécier et juger le degré d'insuffisance rénale, on pourra chercher la toxicité urinaire. Si cette dernière est peu marquée, on prescrira les diurétiques, surtout ceux qui agissent par dialyse sur le rein, qui élèvent la tension artérielle ou qui augmentent le liquide contenu dans le système circulatoire ; on recommandera un régime capable de donner le moins de déchets organiques, on essayera de faire éliminer au dehors par leurs émonctoires naturels ou accessoires les toxines résultant du travail de désassimilation, on augmentera les combustions organiques (inhalations d’oxygène, exercices physiques, hygiène).

On opposera à l’anémie des brightiques les ferrugineux en général; les peptonates et albuminates de fer sont indiqués chez les malades qui présentent des troubles dyspeptiques. — On a peu d’action, sur l’albuminurie par une médication symptomatique (fuchsine chlorhydrate d’ammoniaque, bleu de méthylène). Cependant à la rigueur on peut prescrire les sels de strontiane (surtout le lactate) qui sont dépourvus de toxicité, ont même un pouvoir antitoxique,

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