‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 184 sur 263 · Soc. méd. des hôp., 1892; Mercredi méd., 1892, p · texte numérisé non relu

Soc. méd. des hôp., 1892; Mercredi méd., 1892, p

relèvent les fonctions digestives et semblent diminuer l’albumine (G. Sée), surtout dans les néphrites où les altérations épithéliales prédominent. — La transfusion du sang (Dieulafoy) peut rendre de grands services chezles malades sujets aux convulsions urémiques, au coma, aux céphalées et aux vomissements, en un mot, aux accidents de la grande urémie. Ces derniers peuvent être enrayés ou modifiés par ce mode de traitement. Suivant leur gravité et leur répétition, on peut être autorisé à faire à des intervalles plus ou moins rapprochés une ou plusieurs transfusions comprenant chacune 100 grammes de sang.

Médications dangereuses. — Il existe des médications dont on doit bannir l’emploi chez le brightique. Ce sont la pilocarpine, les bains de vapeur sèche, les diaphorétiques en général, la teinture de cantharide, les drastiques trop énergiques (huile de croton). Il existe en outre des médicaments qu’il faut manier avec une grande prudence ; la digitale, quelle qu’en soit la préparation, les toniques cardiaques trop énergiques (strophantus, spartéine), la théobromine et la diurétine ne devront être prescrits que dans des cas très rares. Il faut savoir que l’antipyrine peut déterminer parfois de l’anurie ou de l’oligurie. Par contre, on peut faire bénéficier le brightique de l’'opium, de la cocaïne (Lecorché, Dieulafoy); leur administration cependant doit être surveillée de très près. L’iodure de potassium et les sels de strontiane deviennent inutiles ou dangereux dès qu'ils ne sont plus éliminés ; il faut donc, avant de les prescrire, s’assurer de la perméabilité du rein.

HYG1ène. — Le brightique doit éviter le froid, l'humidité, les exercices musculaires trop prolongés, la fatigue physique et la fatigue intellectuelle. :

Le brightique doit rechercher les climats chauds, sortir aux heures ensoleillées de la journée, vivre de préférence dans le voisinage des forêts.

On doit recommander au brightique des frictions sèches, des massages, activer en un mot ses fonctions cutanées dont les troubles peuvent retentir sur la néphrite. De plus, en maintenant la régularité de la circulation de la peau, on prévient certaines poussées aiguës du côté des reins, mais on doit éviter toute sudation, l’émonctoire cutané suppléant très imparfaitement l’émonctoire rénal, surtout au cours du mal de Bright. Le traitement hygiénique peut être appliqué quand le brightique ne présente aucun accident aigu, aucune complication grave et qu’on se trouve en présence d’une affection qui évolue lentement et silencieusement. Cependant, dans quelques cas, en présence de complications légères, on peut prescrire les eaux minérales : elles sont des adjuvants précieux dans le traitement des néphrites chroniques.

Les eaux bicarbonatées sodiques (Vichy, Vals) sont indiquées chez les malades sujets à des poussées inflammatoires du rein, qui relèvent de la diathèse urique ou qui présentent des troubles digestifs. Les eaux bicarbonatées calciques conviennent surtout aux malades anémiés et épuisés, au cours de néphrites qui s’accompagnent d’atrophie survenant lentement. Les eaux chlorurées sont utiles au brightique pendant la convalescence d’une poussée aiguë, quand la nutrition a besoin d’être activée, la circulation stimulée, et quand les reins sont sujets à des congestions fréquentes et répétées. Des eaux ferrugineuses, des eaux sulfatées, magnésiennes, des eaux faiblement minéralisées (Néris, Plombières), les brightiques retireront des avantages quand ils seront anémiés, exposés à des troubles de la nutrition ou quand ils présenteront un certain fond de névropathie.

Quoi qu’il en soit de ces différents modes de traitement, il faut insister sur ce point que le lait constitue l’aliment et le médicament de choix et qu’il passe à juste titre pour un des plus puissants agents thérapeutiques dans le traitement non seulement des néphrites aiguës, mais aussi du mal de Bright. Cependant dans les néphrites diffuses qui s’accompagnent d’albumine abondante et de symptômes brightiques peu marqués, le régime lacté n’a pas toute la valeur thérapeutique qu’il possède dans les néphrites artérielles au cours desquelles on observe le plus souvent des phénomènes d’intoxication.

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