‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 189 sur 263 · RÉPIN (Société anatomique, 15 janvier · texte numérisé non relu

RÉPIN (Société anatomique, 15 janvier

MM. Cornil et Babès ! ont étudié la tepographie des bacilles dans les lésions tuberculeuses du rein. Leur plus grande quantité se trouve à la périphérie de la granulation et surtout des masses caséeuses, le centre en étant complètement dépourvu. Les bacilles sont nombreux autour des vaisseaux, dans les fentes sinueuses de leur tunique interne.

Le diagnostic anatomique des tubercules dans le rein n’est pas toujours facile. Ils peuvent ressembler aux granulations décrites dans le rein des lépreux par Danielsen, aux formes granuleuses de la néphrite paludéenne*, aux abcès miliaires du rein, surtout aux fibromes du rein *.

Au milieu de tous ces désordres dus à la granulation et à l’infiliration tuberculeuses, que devient le parenchyme rénal? La substance de l'organe est affaissée, comprimée, pâle ou décolorée. L’épithélium subit la dégénérescence graisseuse : il existerait une néphrite mixte (Coffin #), une glomérulite bacillaire (Gornil et Brault).

Symptômes. — Les signes de la tuberculose rénale sont un peu différents selon qu’elle est primitive ou secondaire. Dans un cas comme dans l’autre, ils sont souvent bien incertains et ce n’est que par une analyse minutieuse des faits observés qu’on peut arriver à un diagnostic exact.

Ce sont d’abord des troubles fonctionnels qui ouvrent la marche. La polyurie est intense, rebelle, constante : on peut voir les malades uriner jusqu’à cinquante, soixante fois dans la journée, sans autre caractère spécial. L’hématurie est parfois le premier symptôme ; elle apparaît, en général, spontanément, sans cause appréciable, et disparaît souvent sans raison. Quand elle prend le caractère intermittent, elle semble liée aux poussées congestives du côté du rein, véritables « hémoptysies rénales » (Brissaud), présentant la plus grande analogie avec les hémorrhagies de la tuberculose pulmonaire au début. Dans un cas l’emploi de l’endoscope permit à M. Tuffier de fixer l’origine rénale de l’hématurie, le sang filtrant dans la vessie par l’uretère gauche. Il en fut de même dans un cas récent de M. Routier”; la cystoscopie permit de localiser à un rein la cause d’abondantes hématuries accompagnées de douleurs vives le long des uretères.

Les douleurs font rarement défaut, et leur valeur symptomatique

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