‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 192 sur 263 · ENRIQUEZ, Néphriles infectieuses (Thèse de Paris · texte numérisé non relu

ENRIQUEZ, Néphriles infectieuses (Thèse de Paris

6. GRANCHER, MARTIN et LEDOUX-LELARD (Société de biologie, 14 février 1891). 7, Socielé de dermalologie et de syphiligraphie, 12 février 1891.

néphrite et dont les reins, à l’autopsie, étaient considérablement altérés. MM. Boinet et Jeannel‘ ont observé la mort d’un malade qui avait reçu seulement 1 milligramme de tuberculine; l’autopsie révéla que les deux reins étaient gros et altérés.

Ces faits mettent hors de doute l’existence d’une néphrite par tuberculine injectée dans l’organisme. En est-il de même quand ce sont les seuls bacilles d’un foyer tuberculeux quelconque qui y déversent leurs poisons? La chose paraît vraisemblable, certaine même, si l’on songe aux altérations de même ordre rencontrées chez les tuberculeux qui ne présentaient pas de bacilles dans leur rein.

Anatomie pathologique. — La néphrite des tuberculeux peut amener la dégénérescence amyloïde du rein ; mais celle-ci peut exister sans néphrite, et ces deux affections semblent pouvoir être indépendantes l’une de l’autre.

Les lésions de la néphrite tuberculeuse sont variables. En général on trouve des gros reins blancs, tuméfiés. dont le poids peut aller jusqu’à 200 grammes (Boinet et Jeannel). Leur consistance est molle,

et leur coloration violacée et blanchâtre, tantôt sombre, parfois:

parsemée de taches claires : à la coupe le tissu est pâle, la substance corticale augmentée de volume, d’une coloration jaunâtre. Les tubes sécréteurs sont profondément altérés. Ils sont élargis et distendus. L’épithélium est tuméfié, trouble, parfois abrasé, infiltré de granula-

tions graisseuses, il subit la nécrose de coagulation. La néphrite.

est manifestement aiguë (Torkomian *).

Tout récemment M. Leredde* a insisté de nouveau sur ces lésions : la nécrose des épithéliums est généralisée ou partielle: le

protoplasma se colore mal et le noyau ne prend généralement plus:

du tout la couleur. Le tissu intertubulaire est souvent hyperplasié.

D’autres fois la néphrite est chronique et diffuse. Il existe une véritable glomérulo-néphrite (Durand-Fardel, Cornil et Brault, Chauffard). Les reins pèsent de 120 à 135 grammes; ils se décortiquent difficilement : la substance corticale est atrophiée, le stroma est très épaissi. Le tissu scléreux et inflammatoire est abondant dans les régions péri-lobulaires; le glomérule subit la transformation fibreuse.

Au bout d’un certain temps la dégénérescence amyloïde peut survenir; elle siège dans les glomérules et dans les artérioles glomérulaires. Elle se produirait environ 35 fois sur 100 (Pernice).

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