I. BruuL
On doit réserver cette dénomination aux kystes développés en plein parenchyme rénal. Cette définition exclut l’hydronéphrose, elle exclut aussi les Æystes paranéphrétiques, qui siègent au voisinage immédiat de la glande et ressortissent d’ailleurs à la pathologie chirurgicale.
Les kystes hydatiques étant décrits au chapitre des maladies parasitaires du rein (p. 687), nous n’avons pas à nous en occuper.
Enfin nous ne parlerons pas des formations kystiques secondaires à une affection rénale définie: les petits kystes qui accompagnent la néphrite interstitielle, par exemple, ou les cavités qui se forment dans le rein cancéreux par des processus divers.
Ainsi limité, notre sujet comprend seulement les Æystes simples. et la maladie rene dnme
[. — KyYSTES :SÉREUX SIMPLES.
Les kystes simples du rein sont tantôt petits, tantôt volumineux.
Les PETITS KYSTES sont généralement multiples, tandis que les gros sont généralement uniques.
Les premiers n’ont guère d'intérêt pratique, les autres peuvent, au contraire, légitimer une intervention chirurgicale.
Les Gros KYSTESs siègent habituellement à une extrémité de l’organe ; par une partie de leur surface, ils dépriment le parenchyme de la glande, ils y adhèrent et ne peuvent en être séparés que par dissection.
À part une zone seléreuse en rapport immédiat avec le kyste, le
tissu rénal est sain. Ces kystes Sont arrondis, sans bosselures ; leur paroi, généralement lisse au dedans comme au dehors, est mince et tendue ; elle laisse apercevoir le contenu par transparence ; une couche d’épithélium aplati la tapisse intérieurement. Exceptionnellement, la paroi est épaissie ou incrustée de sels calcaires.
Le liquide est séreux, limpide, couleur jaune citron; il contient de l’urée en petite quantité et des proportions très variables d’albumine; il rappelle l’urine par son aspect plutôt que par sa composition. Il est parfois gélatineux. Il peut contenir du sang. M. Lannelongue y a trouvé des gaz dans un cas.
L’étrologie des kystes simples du rein est obscure : on sait seulement que les gros kystes rénaux sont beaucoup plus fréquents chez la femme que chez l’homme. La pathogénie des kystes simples, petits et gros, est mal connue : glomérules distendus? tubes étranglés qui se dilatent peu à peu? on ne sait.
Symptômes. — Les kystes ne déterminent aucun trouble dans les fonctions du rein. Ils ne s’accompagnent même d'aucune sensation de gêne, sauf quand ils ont acquis un grand volume. Tout se réduit à peu près aux signes physiques. Fortement tendus quand ils sont encore peu développés, ils sont alors durs et rénitents ; lorsqu'ils ont un grand volume, ils deviennent plus flasques et l’on y perçoit la fluctuation. Ils présentent, au surplus, tous les caractères des tumeurs rénales, sur lesquels ce n’est pas le lieu d’insister.
Le diagnostic consiste à reconnaître d’abord que la tumeur est rénale. Son développement de haut en bas la distingue du kyste de l’ovaire, qui se développe de bas en haut. Il s’agit ensuite de reconnaître la nature de la tumeur. Est-ce un kyste ? La fluctuation trancheraïit cette question. N'est-ce pas un kyste hydatique ? une hydronéphrose? Quand on retire, par une ponction, un liquide dépourvu de crochets et riche en albumine, il y a présomption en faveur du kyste simple; mais on n’oubliera pas que la ponction ne serait pas sans danger, tant s’en faut, dans le cas d’hydronéphrose. Si le liquide évacué est sanglant, on peut hésiter entre le kyste et le cancer du rein. Bref, le diagnostic du kyste séreux simple est souvent difficile.
Traitement. — Lorsque la tumeur est très considérable, elle comprime les organes voisins et devient gênante. On peut alors intervenir chirurgicalement.
La ponction simple est suivie de la reproduction de la tumeur.
« Pour les kystes très volumineux franchement abdominaux, la néphrectomie trans-péritonéale est la méthode de choix.
« Pour les tumeurs de moyen volume, l’incision lombaire avec ouverture du kyste, fixation de ses parois à la peau et drainage, ou mieux la dissection intra-rénale du kyste et la réunion du paren-
chyme (néphrectomie partielle avec suture du rein) sont les procédés les plus recommandables » (Tuffier !).