‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 200 sur 263 · L. HALLION · texte numérisé non relu

L. HALLION

Nous ne consacrerons qu’un court chapitre aux parasites du rein, qui, malgré leurs variétés assez nombreuses, ne présentent qu’un médiocre intérêt clinique, surtout dans nos régions. il est évident que nous devons laisser de côté tout ce qui a trait à la présence des bactéries dans le rein; cette étude a trouvé sa place dans le chapitre consacré aux néphrites infectieuses. Nous n’aurons à nous occuper ici que des parasites proprement dits, appartenant pour la plupart à la classe des entozoaires ; parmi eux l’échinocoque mérite une mention spéciale; c’est, en effet, le seul parasite du rein qui soit d’observation courante dans nos climats ; c’est lui qui, dans le rein comme dans le reste de l'organisme, est la cause du kyste hydatique. Nous étudierons donc d’abord les kystes hydatiques du rein ; une deuxième partie beaucoup plus courte contiendra une description sommaire ou une simple énumération des autres parasites de la glande rénale.

[. —— KySsTES HYDATIQUES DES REINS.

Nous ne nous arrêterons pas à décrire ici les caractères anatomiques de l’échinocoque, son évolution, non plus que la structure du kyste hydatique; toutes ces questions ont été déjà traitées dans ce Manuel. Nous insisterons seulement sur les particularités qui résultent de la localisation rénale du kyste hydatique.

Historique. — L'étude des kystes hydatiques du rein est de date assez récente et c’est la thèse de Béraud (1861) qui constitue le premier travait d'ensemble sur la question; les mémoires de M. Bouilly‘ et surtout de Bæckel? ont à peu près fixé la clinique et le traitement de cette affection.

Étiologie. — Le rein est assez rarement le siège de kystes hydatiques, qu’on observe avec une fréquence beaucoup plus grande dans le foie et même dans le poumon. Sur 566 observations d’hydatides colligées par Davaine, il n’y en a que 30 qui intéressent le rein; d’après la statistique encore plus étendue de Neisser, qui porte sur 983 cas, il y en a 80 qui se rapportent aux reins. Cette maladie serait beaucoup plus commune dans le sexe masculin, dans la proportion de 41 hommes contre 22 femmes (Roberts); c’est, on le sait, une affection de l’âge adulte. Enfin, il est de notion vulgaire que les kystes hydatiques sont très fréquents dans certaines régions, en Islande par exemple.

Nous nesavons pas comment l’hydatide vient à se fixer dans le rein, ni par quelles voies elle y arrive. Fe

Anatomie pathologique. — Le kyste hydatique se présente dans la majorité des cas comme une tumeur du rein. Un seul rein est en général affecté; d’après M. Lancereaux, le kyste siégerait plus souvent dans le rein droit que dans le rein gauche; pour Bæckel et M. Tuffer, le rein gauche serait plus souvent atteint que le droit. La poche est ordinairement unique. Les auteurs ne sont pas d’accord sur la localisation initiale du kyste; celle-ci serait quelconque, suivant M. Lancereaux; d’après Bœckel, le siège primitif serait la substance corticale; le kyste est rarement sous-capsulaire.

Lorsque la poche a acquis un certain développement, la tumeur fait saillie à la surface du rein; elle peut atteindre des dimensions très considérables, qui varient du volume d’un œuf à celui d’une tête de fœtus. La forme est arrondie, quelquefois irrégulière ; la consistance est élastique; elle, est plus ou moins molle, ou plus ou moins

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