‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 202 sur 263 · I. Bruus · texte numérisé non relu

I. Bruus

Dans l'étude du cancer du rein on doit comprendre le sarcome et le cancer épithélial. Ces deux espèces de tumeurs, bien que de nature essentiellement différente, ont, en effet, une évolution symptomatique tellement semblable qu’il est pour ainsi dire impossible de les distinguer au point de vue clinique. Elles ont d’ailleurs été longtemps confondues anatomiquement. À côté de ces deux espèces de tumeurs, il faut mentionner à titre d’exceptions le lymphadénome qui n’existe pas à l’état isolé, mais se rencontre dans la leucocythémie en même temps que le lymphadénome de la rate, du foie, des ganglions, etc.; et certaines tumeurs complexes, véritables tératomes, qui sont particulières à l’enfant.

Enfin, c’est le cancer primitif seul qui a une physionomie clinique ; les noyaux cancéreux développés secondairement dans le rein restent silencieux, ou bien les signes qui trahissent leur existence s’ajoutent comme de simples épiphénomènes à l’ensemble symptomatique propre à la tumeur primitive.

Historique. — Avant la publication de l'ouvrage de Rayer, l'histoire des tumeurs malignes du rein se réduit à peu de chose; on ne trouve que quelques observations incomplètes ou de simples constatations anatomiques peu explicites.

Rayer!, en 1841, rassembla vingt observations et donna des différentes formes de l'affection qui nous occupe une description où sont indiqués les principaux symptômes.

Les études modernes, et notamment les travaux de M. Guyon, les thèses de Guillet et de Chevalier ont complété le tableau clinique. Les recherches histologiques récentes ont permis d'analyser les caractères anatomiques des tumeurs malignes.

Avec les progrès de la chirurgie, la question se présente sous un aspect nouveau. Walcott, en 1861, fit le premier l’ablation d’un rein

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