J. SOTTAS
LITHIASE RÉNALE
La précipitation au niveau du rein de principes salins, dissous normalement dans l'urine, constitue la lithiase rénale.
Historique. — Son histoire remonte à l’origine de la littérature médicale, mais jusqu’à Morgagni la plupart des connaissances acquises à ce sujet sont erronées. Morgagni, le premier, décrit certaines des conditions étiologiques de la lithiase ; il signale les formes latentes et essaye de déterminer les signes différentiels précis qui permettent de reconnaître la lithiase des affections qui peuvent la simuler.
Après lui, Sydenham complète sa magistrale description de la goutte en établissant d’une façon définitive les liens étroits qui unissent cette maladie à la gravelle. Enfin Van Swieten apporte sa contribution à l’histoire clinique de la lithiase en signalant le premier l'influence de la stagnation de l’urine sur la formation des calculs.
Après cette période clinique un certain nombre d'auteurs cherchent à déterminer la composition chimique des calculs. Scheele découvre le premier que les concrétions sont constituées par un acide inconnu jusque-là, auquel il donne le nom d’acide lithique et que Pearson dénomma plus tard acide urique. Après lui, Bergmann et Wollaston démontrent qu’en dehors des calculs uriques, certaines pierres sont formées, suivant les cas, par du phosphate ammoniaco-magnésien, par de l’oxalate de chaux, par de la eystine, etc., etc.
Au commencement de ce siècle, Fourcroy et Vauquelin confirment les découvertes de Scheele, Bergmann et Wollaston, et ils établissent en outre l’existence de calculs d’urate d’ammoniaque et de silice. Plus tard enfin, les travaux de Magendie, Bigelow et Robin complètent d’une façon définitive l’histoire chimique de la lithiase. En même temps, les lésions anatomiques de la lithiase et de ses nombreuses complications sont recueillies et magistralement vulgarisées par Cruveilhier, Rayer et Civiale.
Dans ces derniers temps, les chirurgiens surtout se sont appliqués à déterminer la part de plus en plus grande qui revient à l'infection dans les nombreuses complications de la lithiase : en France il faut citer surtout les travaux de l’École de Necker, plus particulièrement ceux de MM. Albarran et Legueu, et ceux de M. Le Dentu. Enfin
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certains auteurs, Nicolaïer et Ebstein en Allemagne, MM. Tuffier et Navarro en France, ont réussi à provoquer chez certains animaux une lithiase expérimentale.