‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 208 sur 263 · COMPLICATIONS MÉCANIQUES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS MÉCANIQUES

Ces complications sont l’hydronéphrose accompagnée ou non d’atrophie rénale, et l’anurie. Les complications mécaniques de la lithiase surviennent en général après l’attaque de colique néphrétique provoquée par la migration d’un calcul dans l’uretère. Aussi les avons-nous décrites comme des complications de la colique néphrétique elle-même. Mais il n’en est pas toujours ainsi : l’hydronéphrose et l’anurie peuvent compliquer une lithiase rénale qui n’a pas encore déterminé d’accès franc de colique néphrétique.

L'hydronéphrose dans ce cas est due à l’oblitération du bassinet

par un calcul : il s’agit le plus souvent d’une hydronéphrose partielle, modérée, n’atteignant pas le degré des hydronéphroses consécutives aux oblitérations de l’uretère. Les calculs qui provoquent cette hydronéphrose portant plus spécialement sur le bassinet sont souvent de gros calculs, ramifiés, coralliformes dont les branches pénètrent dans les calices et arrivent au contact des papilles qui ne tardent pas à s’atrophier. Cette usure excentrique du parenchyme rénal peut augmenter progressivement au point d'arriver dans les obstructions anciennes à la destruction complète de la portion sécrétante de l'organe (voir l’article Hydronéphrose).

L’anurie, elle aussi, peut survenir sans colique : elle s’installe à la suite de douleurs sourdes, continues de la région lombaire, ou bien même d’une façon plus insidieuse encore, sans être précédée d’aucune espèce de douleur. La suppression des urines dans ce cas est moins brusque; elle peut être précédée d’une courte phase de polyurie; elle est complète ou incomplète et s’accompagne ou non d’hydronéphrose. Après une période de tolérance, très courte si l’anurie est complète, pouvant se prolonger pendant plus d’une semaine si elle n’est pas absolue, surviennent les accidents toxiques d’urémie. Quant aux conditions pathogéniques qui président au développement de cette variété d’anurie calculeuse, elles sont de tous points identiques à celles qui déterminent l’anurie consécutive à l’attaque de colique néphrétique.

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