L. HALLION
PÉRINÉPHRITE 769
PÉRINÉPHRITE
PHLEGMON PÉRINÉPHRÉTIQUE
Sous le nom de périnéphrite on décrit l’inflammation de la capsule cellulo-adipeuse qui enveloppe le rein. La périnéphrite évolue de diverses façons ; mais dans la grande majorité des cas elle aboutit à la suppuration : aussi la périnéphrite suppurative est-elle la seule qui mérite une étude détaillée. Cette maladie a reçu des dénominations diverses : phlegmon périnéphrétique, abcès périrénal, abcès périnéphrique, paranéphrite. Nous adopterons de préférence le terme de périnéphrite, qui est plus compréhensif et qui s’adapte à toutes les variétés de cette affection.
Historique. — On ne cite dans les anciens auteurs que des observations éparses de suppurations circumrénales; il faut arriver à Rayer pour trouver la première description d'ensemble ; Trousseau et Gueneau de Mussy ont contribué à préciser la symptomatologie de cette affection; M. Lancereaux lui a consacré une étude des plus complètes dans le Dictionnaireencyclopédique des sciences médicales ; Fischer et surtout MM. Tuffier et Albarran nous ont fait connaître le côté bactériologique de la périnéphrite. Enfin tout récemment M. Tuffier! a donné de cette maladie une excellente description, à laquelle nous ferons de larges emprunts.
Étiologie. - La périnéphrite est une affection relativement peu fréquente ; cette rareté s’explique par des conditions multiples. Tout d’abord l’atmosphère cellulo-graisseuse circumrénale est située profondément ; elle enveloppe un organe doué d’une mobilité à peu près nulle et de ce fait n’est pas soumise à ces froissements incessants qui constituent en réalité de petits traumatismes ; elle est séparée du parenchyme rénal par la capsule fibreuse de Malpighi, qui joue à son égard un rôle assez efficace de protection et d'isolement. Toutefois les germes peuvent arriver à l’atmosphère circumrénale et cela par plusieurs voies : ils peuvent y être introduits accidentellement par un traumatisme intéressant directement la région; ils peuvent y être amenés par des voies naturelles, par la voie sanguine (on sait les connexions veineuses assez importantes qui unissent la capsule adipeuse aux réseaux des organes voisins et sur lesquelles M. Tuffier? a