RENDU, Leçons de clinique médicale, t. I, p
3. Stokes invoquait l’état de la fibre cardiaque, Traube croyait indispensables les altérations des artères cérébrales. Pour ce dernier auteur, la respiration de Cheyne- Stokes se produirait toutes les fois que l'irrigation artérielle du bulbe deviendrait insuffisante. Cette hypothèse curieuse ne saurait rendre compte de l'intermittence constante des phénomènes : une lésion fixe pouvant difficilement engendrer des troubles fonctionnels alternants.
mittence de la dyspnée (Traube) ; pour d’autres', c’est plutôt le défaut d’oxygène.
Murri, en 1883, a édifié une théorie plus complexe. Pour lui, le centre respiratoire est physiologiquement constitué par une série de zones qui entrent successivement en fonctions suivant le degré de veinosité de plus en plus grande du sang; en d’autres termes, les zones les moins sensibles sont les dernières à entrer en action. Dans le phénomène de Cheyne-Stokes, l’excitabilité générale diminue, en sorte que les zones qui répondent aux conditions de la respiration normale deviennent insuffisantes, ce qui nécessite la mise en jeu des zones supplémentaires du centre respiratoire. Pour Murri, comme pour Traube, la composition variable des gaz du sang est la cause pathogénique de la périodicité du phénomène.
Il ressort de ces recherches divergentes que l’automatisme du bulbe existe réellement et il paraît probable que le phénomène de Cheyne-Stokes n’est que l’exagération de cet automatisme. Le phénomêne de Cheyne-Stokes ne serait, en dernière analyse, que le résultat d’une excitation bulbaire exagérée, entraînant après elle de l’épuisement nerveux.
Expiration ammoniacale. — Au milieu des troubles respiratoires de l’urémie, il convient de faire une place à part à l’expiration ammoniacale. Frerichs a le premier montré que fréquemment lair expiré contenait du carbonate d’ammoniaque ; et pour cet auteur, ce signe existerait au début de l’intoxication et serait en rapport avec l'intensité des phénomènes d’empoisonnement.
Ce phénomène a été vérifié par Charcot, par M. Jaccoud, mais il est loin d’appartenir en propre à l’urémie ; on a pu le retrouver dans la phtisie pulmonaire, la manie chronique, l’amygdalite (Schôttin). C’est ce qui a permis à différents auteurs de penser que l’expiration ammoniacale tenait à la décomposition putride des sécrétions buccales et des détritus alimentaires séjournant au niveau des dents altérées.
TROUBLES DIGESTIFS. — L’urémie gastro-intestinale a conquis droit de cité dans l’histoire de l’urémie, surtout depuis les recherches expérimentales classiques de CI. Bernard et Barreswill, et les études cliniques de Treitz. Ces phénomènes gastriques et intestinaux, dus pour Bartels à un œdème de la muqueuse gastrique, provoqués pour Fenwick et Wilson Fox par une gastrite intertubulaire, mais dont la cause la plus vraisemblable réside dans l’élimination et la décomposition dans le tube digestif des produits excrémentitiels accumulés dans le sang, se rencontrent surtout dans les néphrites chroniques et peuvent être considérés comme l’apanage de l’urémie lente.