SAccHt (Rivista clin. di Bologna
Nous faisons abstraction, dans la description de ces symptômes, des phénomènes digestifs qui accompagnent d'ordinaire toute affection rénale, des vomissements violents et incoercibles que l’on observe fréquemment dans les premiers jours des néphrites aiguës. Ge sont là, presque toujours, des phénomènes réflexes liés à l’inflammation du parenchyme rénal, et qui n’ont, à la vérité, rien à faire avec l’urémie. [ls acquièrent une tout autre signification pathologique dans l’intoxication urémique chronique.
Presque toujours des crises courtes de céphalalgie précèdent les phénomènes gastriques, qu’un état particulier de la langue accompagne aussi dans un grand nombre de cas.
D'une façon générale, la langue est blanche avec des bords rosés ou rouges et une partie centrale épaisse et jaunâtre ; d’autres fois elle est sèche et rappelle la langue urinaire décrite par M. Guyon. Elle peut acquérir une importance clinique plus remarquable encore. On a affaire dans ce cas à la forme pharyngo-buccale de l’urémie décrite par M. Lancereaux, étudiée à nouveau par M. Barié ! sous le nom de stomatite urémique. Cet auteur en distingue deux formes prineipales :
1° Forme érythémaio-pultacée, caractérisée par une coloration rouge vif de la muqueuse buccale, que recouvre un enduit grisâtre, épais, pâteux et gluant, d’odeur fade, semblable à de la colle. Cette sécrétion incessante arrive à remplir toute la cavité buccale, qui, lorsqu'elle estnettoyée. apparaît rouge, brillante et vernissée. La salive rare, épaisse se confond avec l’enduit plâtreux de la cavité buccale. Cette manifestation de l’urémie accompagne ordinairement les nausées, les vomissements glaireux et pituiteux, la diarrhée abondante, grisâtre, fétide et souvent sanguinolente.
2° Forme wulcéreuse, caractérisée par des ulcérations irrégulières, souvent ovalaires, à bords festonnés, de coloration foncée, qui siègent sur les gencives, à la face interne des lèvres, sur la muqueuse des joues. Sont-elles localisées près des gencives, les dents sont ébranlées, la quantité de salive augmente et dépasse 850 à 900 grammes en vingt-quatre heures, l’urée qui yest contenue monte de 0,010 pour 1000 à 8,22 pour 850 grammes de salive. Cette variété de stomatite urémique est généralement accompagnée d’une adénopathie sous-maxillaire; elle peut aussi s'étendre, gagner en profondeur et provoquer des délabrements parfois considérables.
Vomissements. — À ce moment le malade perd l’appétit, accuse du dégoût pour les aliments et bientôt nausées et vomissements se produisent.