‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 232 sur 263 · DAS · texte numérisé non relu

DAS

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bienne. Le type de ces néphrites des maladies infectieuses est la néphrite scarlatineuse, qui se montre habituellement dans la troisième semaine, soit spontanément, soit peut-être, quelquefois, sous l’influence d’un refroidissement : elle se traduit par de l’anasarque ou des ædèmes localisés ; elle se complique facilement d'accidents urémiques, principalement de convulsions ; les urines sont rares, contiennent souvent du sang, des cylindres, et renferment parfois une quantité très notable d’albumine, qui peut atteindre jusqu’à 4 ou 5 grammes par litre. Cette néphrite entraîne quelquefois la mort par urémie; elle peut guérir complètement ou passer à la chronicité et devenir le point de départ d’un mal de Bright.

Toutes les autres maladies infectieuses peuvent, à un moment donné, s'accompagner d’albuminurie avec de l’œdème ou des signes d'insuffisance rénale, à tel point que les accidents liés à l’albuminurie prennent alors le dessus, et que l’on décrit une forme rénale de la pneumonie, de la fièvre typhoïde.

La néphrite aiguë dite à frigore, néphrite bactérienne primitive (Letzerich), réalise le type des maladies infectieuses ! dans lesquelles les accidents d’origine rénale, albuminurie abondante, anasarque à marche envahissante, urémie précoce, ont la gravité la plus grande.

ALBUMINURIE DANS LES MALADIES INFECTIEUSES CHRONIQUES. — Ce sont la fuberculose, la syphilis et l’impaludisme.

L'albuminurie des tuberculeux, déjà signalée par Rayer, s’observerait, d’après M. Le Noir?, dans près de 30 pour 100 des cas; elle survient quelquefois au début, plus souvent à la période terminale de la phtisie dont elle aggrave considérablement le pronostic; tantôt elle se reconnaît seulement par l’examen méthodique de l'urine, tantôt elle s’accompagne de tous les signes habituels du mal de Bright: anatomiquement, elle relève alors d’une dégénérescence amyloïde ou d’une néphrite diffuse avec prédominance des lésions épithélialesÿ. Dans les cas légers, l’albuminurie a été attribuée (Gubler) à l’anoxhémie, à la perversion des oxydalions, à une congestion passive du rein en rapport avec l’asphyxie (Jaccoud).

Dans la tuberculose rénale, l’albuminurie n’est, à côté de l’hématurie, de la pyurie, des douleurs, des modifications de volume du rein, qu'un symptôme de second ordre“.

1. Il ne semble plus possible aujourd’hui de rattacher, ainsi qu’on le faisait autrefois, cette albuminurie & frigore à une irritation intense des nerfs cutanés provoquée par le refroidissement.

2. Le Noir, De l’albuminurie chez les phtisiques (Thèse de Paris, 1890).

3. La nécrose de coagulation serait la lésion constante des épithéliums (LEREDDE, Arch. de méd. expér., 1895, n° 1).

4. Par contre, dans la tuberculose granulique du rein, l’albuminurie fait habituellement défaut. Ù

L'albuminurie syphilitique peut être soit précoce, soit tardive (Rayer, Wagner’, Negel?). Dans le premier cas, elleest contemporaine des accidents de la syphilis secondaire ou du moins,elle survient très peu de temps après l'infection; elle est assez abondante et s’accompagne fréquemment d’anasarque et d'accidents urémiques; la guérison complète, surtout sous l'influence du traitement mercuriel, s’observe assez souvent. L’albuminurie liée à la syphilis héréditaire ou à la syphilis tardive coïncide avec la tuméfaction du foie et de la rate et les autres signes de la cachexie syphilitique. Au point de vue anatomique, les déterminations de la syphilis sur le rein sont multiples : on rencontre soit des gommes, soit la dégénérescence amyloïde, soit une néphrite avec le type du gros rein blanc ou du petit rein contracté.

L’albuminurie à la suite des accès francs d’impaludisme est assez fréquente, mais elle est généralement très légère. Elle s’observe principalement à la fin de l’accès. Il est rare que les accès pernicieux s’accompagnent d'une albuminurie très abondante, exception faite cependant pour la fièvre bilieuse hématurique qui constitue un type clinique bien spécial dans lequelles urines, d’une coloration rouge ou vin de Porto, renferment de l’albumine etune grande quantité d’hémoglobine. D’autres fois (Kelsch et Kiener) l’albuminurie paludéenne peut persister pendant plusieurs mois, soit seule, soit en même temps que les autres manifestations de la cachexie palustre : les lésions rénales sont celles de la néphrite vulgaire*.

. ALBUMINURIE DANS LES MALADIES DYSCRASIQUES ET LES INTOXICA- TIONS. — Dans le diabète, l’'albuminurie est fréquente (10 pour 100 des cas, Garrod; 36 pour 100, Pottalschek ; 43 pour 100, Bouchard); elle est légère et intermittente, et peut se rencontrer dans les formes les plus bénignes du diabète constitutionnel; elle paraît devoir rentrer dans le cadre des albuminuries dites dyscrasiques. Il n’en est pas de même de l’albuminurie tardive, généralement durable, toujours assez abondante et dont le pronostic est bien plus sérieux. Elle témoigne d’une altération permanente du rein, soit d’une néphrite interstitielle, soit d’une hypertrophie de la substance corticale par hypertrophie des cellules des tubes contournés (Cornil et Brault), soit enfin d’une altération épithéliale caractérisée par l’infiltration glycogénique des cellules de l’anse de Henle (lésion d’Armanni et d’Ehrlich). L’albuminurie est exceptionnelle dans le diabète pancréatique (Lancereaux).

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