NEGEL, La syphilis rénale (Thèse de Paris
3. Cependant Kelsch-et Kiener décrivent une variété spéciale de néphrite paludéenne à évolution lente, la néphrite à granulations, caraëtérisée par la présence, daus la couche corticale, de taches pâlés, saillantes, qui représenteraient des tubuli contorti considérablement dilatés. :
Dans la goutte, elle peut survenir dans trois circonstances différentes. Tantôt elle se montre — mais toujours à titre d’albuminurie très légère — chez un sujet jeune, de race goutteuse; elle coïncide alors avec une sécrétion urinaire plus abondante, une élimination exagérée de l’acide urique qui peut atteindre 11,50 à 2:grammes, une tendance aux migraines, aux épistaxis. Tantôt —.et elle est alors bien plus caractéristique — elle s’observe chez un goutteux, aussi bien dans l'intervalle que pendant le cours des poussées aiguës; elle est compatible avec un état général excellent; rarement dans ce, cas le taux de l’albumine dépasse 0,50 par litre. Enfin, ilexiste-une albuminurie tardive; beauequp plus grave, relevant des lésions du rein goutteux, qui se rencontre chez les sujets ayant présenté de nombreuses attaques de goutte ou atteints de goutte chronique; l'insuffisance de la dépuration urinaire est: alors une complication redoutable.
L’obésité s'accompagne dans un cinquième des cas d’une albuminurie dont le mécanisme est absolument ignoré.
L’albuminurie phosphaturique récemment décrite‘ reconnaît pour cause prédisposante l’arthritisme:et pour cause déterminante le surmenage physique ou nerveux, la suralimentation, etc. Ge syndrome clinique, caractérisé par la présence dans les urines d’une petite quantité d’albumine et par une augmentation des phosphates urinaires, Coïncidant avec un affaiblissement nerveux quelquefois trèsimarqué, peut ou guérir, ow aboutir à une lésion rénale.
À côté de ces albuminuries, il faut en ranger d’autres, mal connues dans leur origine, paraissant tenir à une auto-intoxication, c’est-àdire à une élimination insuffisante des produits toxiques fabriqués par l'organisme. Telle est celle qui sesmontre chez les surmenés : l’urine contient alors de l'acide lactique en ‘excès, des proportions exagérées d’aciderurique, d’ammoniaque ou de eréatinine ; telle est l’albuminurie des dyspeptiques, qu’il s'agisse d’une dyspepsie .habituelleiou d’une perversion passagère des fonctions digestives ;,elle existe presque toujours en même temps que lindicanurie ; telle est encore celle des chlorotiques qui,associée aux signes de la chlorose, constitue un état morbide décrit par M. Dieulafoy sous le nom de chloro-brightisme. Dans toutes ces variétés, Paltération transitoire du rein permettant l'élimination de l’albumine reconnaîtrait pour cause le passage à ce niveau d’une urine chargée de matériaux insuffisamment:oxydés=©.
1. M. A. RoBiN (Bull. de l’Acad: de méd.,, 5 décembre, 1893). distingue : quatre variétés : l’albuminurie phosphaturique simple, phosphaturique: pseudo+neurasthénique, pseudo-brightique et enfin une albuminurie brightique d’origine phosphaturique.
2. Cf: Goucer, De l'influence des maladies du.foie sur l’état des reins. (Thèse de Paris, 4895).
Dans les albuminuries toxiques, le rôle de cette altération du rein est encore bien plus net. De toutes, une des plus fréquentes est l’albuminurie cantharidienne ; l'absorption d’une très minime quantité de cantharide, parfois à la suite de l’application d’un seul vésicatoire, peut suffire à provoquer une népbhrite dont les lésions glomérulaires ont été surtout étudiées par MM. Cornil et Brault. Le phosphore dont l’action stéatosante est bien démontrée, l’arsenic, le plomb donnent également lieu à de l’albuminurie, et la néphrite saturnine a été étudiée en détail dans un chapitre précédent. L’intoxication hydrargyrique aiguë s’accompagne beaucoup plus souvent d’albuminurie (Hallopeau) que l’empoisonnement chronique. Les empoisonnements aigus par l’acide chlorhydrique, l'acide nitrique, sulfurique, l’acide phénique produisent une albuminurie avec lésions du rein. Celle-ci, parfois même accompagnée d’œdème, s’observe assez fréquemment à la suite de l’administration d’un bon nombre de médicaments, tels que la térébenthine, le copahu, le salicylate de soude, le chlorate de potasse, le chloroforme, la morphine, surtout chez les sujets chroniquement intoxiqués.
+ ALBUMINURIE DANS LES MALADIES NERVEUSES. — Les affections graves du cerveau, l’hémorrhagie cérébrale (Ollivier), principalement lorsqu'elle est suivie d'inondation ventriculaire, l’embolie, la commotion cérébrale, les tumeurs, donnent souvent lieu à de l’albuminurie, accompagnée ou non de polyurie et de glycosurie®. Il en est de même des névroses, de l’épilepsie, au moment des accès, du goître exophtalmique, de la chorée*, etc.
L’albuminurie consécutive aux irritations cutanées, dont la pathogénie n’est que bien incomplètement élucidée, peut être décrite ici. On l’a signalée à la suite de l’eczéma, du psoriasis, de la gale, des brûlures étendues. Pour en rendre compte, il est permis d’invoquer soit la suppression des fonctions de la peau qui forcerait le rein à servir d’émonctoire à des substances devant normalement être éliminées par la voie cutanée, soit l’introduction dans l’organisme, par les lésions cutanées, d'agents pyogènes ou caustiques susceptibles d’irriter le rein au passage; ainsi s’expliqueraient certains faits (Lassar) d’albuminurie survenant chez des galeux après la frotte‘. Mais les cas