‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 30 sur 263 · HANOT (Congrès de médecine interne, Lyon, octobre · texte numérisé non relu

HANOT (Congrès de médecine interne, Lyon, octobre

dyspnée qui contraint le plus souvent à recourir à la ponction. Assez souvent on voit se déclarer, quelque temps avant la mort, de l’æœdème surtout marqué au niveau de la base et de la partie postérieure des deux poumons, envahis par des râles sous-crépitants, humides, fins et gros.

Les plèvres sont également atteintes, la droite surtout; il se développe insidieusement une pleurésie sèche, ou séreuse, ou hémorrhagique; la pleurésie hémorrhagique est consécutive à la pachypleurite.

Troubles de la sécrétion urinaire. — La sécrétion urinaire au cours des cirrhoses alcooliques a fait l’objet de nombreuses études que nous allons rapidement résumer; les savants qui se sont appliqués à cette étude ont été guidés par cette considération que analyse de l’excrétion urinaire devait traduire d’une façon patente le trouble des fonctions du foie.

La quantité d'urine sécrétée diminue ; celle-ci est rare (un litre ou au-dessous), acide, rouge ou brune, et laisse déposer un sédiment rose briqueté. La densité est plus grande que normalemeut.

Ces urines sont riches en urobiline et aussi en pigment rouge brun (d’où la réaction dite hémaphéique). Assez fréquemment (dans un huitième des cas environ d’après Frerichs), les urines sont albumineuses par suite des lésions rénales associées aux lésions hépatiques.

La diminution de l’urée, l’existence de certains termes de décomposition moins avancée des albuminoïdes (leucine, tyrosine) sont connues depuis longtemps !. C’est ainsi que l’on a été amené à étudier la richesse de ces urines en ammoniaque, qui d’après des vues théoriques devait être plus grande que normalement : le carbonate d’ammoniaque serait, en effet, d’après Schmiedeberg, un des termes primordiaux de la formation de l’urée.

Hallervorden ? a le premier signalé une augmentation de l’ammoniaque éliminée dans un cas d’hépatite interstitielle. Stadelmann* précise davantage : ce qui est augmenté, c’est la grandeur du rapport de l’ammoniaque à l’urée; ce rapport est d'autant plus grand que l’urée est plus rare et la cirrhose plus prononcée ; dans les cas les plus graves, il existe une augmentation absolue de l’'ammoniaque éliminée. Fawitzky#, chez cinq malades, remarque également une augmentation relative et absolue de l'élimination de l’ammoniaque ; mais la

1. Nous renvoyons au chapitre Physiologie médicale du foie pour tout ce qui concerne la formation de l’urée dans le foie.

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