Croonian lectures
2. HaNor et Box (Congrès de Rome, 1894). — E. Boix, Le foie des dyspeptiques (Thèse de Paris, 1894). — DEGUËRET, Relations pathologiques du foie et de l'estomac (Thèse de Paris, 1894).
il s'établit une teinte subictérique des conjonctives et des téguments. On constate alors la présence dans les urines de pigments biliaires ou d’urobiline, d’azoturie, la glycosurie alimentaire. Beaucoup de ces malades ont de temps en temps de l’albumine dans les urines. M. Deguéret distingue la congestion passive, qu’on rencontre chez les bradypeptiques (dilatés avec hypopepsie et hyperacidité organique) et qui s'accompagne des signes de l'insuffisance hépatique (urobilinurie, urates en excès), et la congestion des dyspeptiques hypersthéniques (congestion active des hyperpeptiques, hyperchlorhydriques) qui s’accompagnerait de polycholie (diarrhée, coloration verdâätre des selles).
II. — Quant au tableau de la cirrhose non alcoolique par autointoxication d’origine gastro-intestinale, il serait, d’après MM. Hanot et Boix, le suivant : « Chez un adulte de trente-cinq à cinquante-cinq ans, on constate à la période d’état de la maladie un foie volumineux, débordant des fausses côtes de quatre à huit travers de doigt, mesurant en hauteur de 20 à 25 centimètres sur la ligne mamelonnaire. La surface en est lisse, égale, sans bosselures ni saillies ; le bord reste facilement perceptible, quoiqu’un peu épaissi. L’organe est remarquablement dur, on le dirait en bois; c’est le caractère le plus frappant. La palpation n’en est que peu ou pas douloureuse. Il n’y à pas d'augmentation appréciable du volume de la rate. Il n’existe pendant longtemps pas d’ascite, pas de circulation veineuse abdominale, jamais d’ictère, mais une coloration urobilinique des téguments qui peut même manquer.
«Les urines sont le plus souvent normales, elles peuvent contenir cependant de l’urobiline et parfois de l’albumine en plus ou moins grande quantité. Le sucre a toujours été trouvé absent. »
C’est après de longues années de dyspepsie, constante ou intermittente, avec ou sans dilatation de l’estomac, que le foie augmente peu à peu de volume jusqu’à atteindre les dimensions indiquées plus haut. Le tympanisme, la constipation habituelle et une certaine lassitude rendant inapte à tout travail pénible sont les seuls symptômes un peu marquants. Il peut se faire de temps en temps une poussée d’hépatite subaiguë ou de périhépatite; celle-ci peut simuler l'accès de colique hépatique.
Le pronostic paraît bénin, au moins quoad vitam.
Le diagnostic se fondera sur l’existence des troubles gastro-intestinaux et surtout sur la longue durée et la bénignité relative des accidents; c’est avec les kystes hydatiques et les cancers qu’on a fait les confusions les plus fréquentes.