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HÉPATITES DES GOUTTEUX

Ces hépatites sont connues depuis des siècles. Le rôle du foie dans la goutte est tout à fait prépondérant : les anciens en avaient l'intuition, et les analyses les plus modernes n’ont fait que préciser cette notion.

La question de la pathogénie de ces hépatites est extrêmement complexe et ne pourrait être traitée que dans un travail d'ensemble sur la goutte. Les goutteux étant presque toujours des dyspeptiques, on conçoit qu’un grand nombre de ces altérations du foie ressortissent à l'hépatite des dyspeptiques.

L’anatomie pathologique de ces lésions reste tout entière à faire : il s’agit ordinairement de cirrhoses hypertrophiques.

Les cliniciens sont tous unanimes pour proclamer l'atteinte fréquente du foie dans la goutte. Ils distinguent deux formes d’hépatite : a, l'hépatite goutteuse subaiguë transitoire (congestion simple); b, l'hépatite goutteuse chronique (congestion chronique ou cirrhose).

La forme congestive simple se montre souvent comme phénomène prémonitoire de l’accès de goutte, ou parfois à la période d’état de la crise goutteuse ; il semble qu’elle puisse constituer une manifestation isolée de l’accès. Les symptômes sont ceux que nous avons décrits pour la forme correspondante des dyspeptiques (pesanteur des hypochondres, parfois subictère, débâcle intestinale, urobilinurie et sédiments uratiques, etc.).

La forme chronique peut aboutir à la cirrhose (Murchison, Rendu); il s’agit de gros foies, très durs, en tout semblables à ceux que nous venons de décrire comme caractérisant la cirrhose des dyspeptiques.

Enfin la goutte peut, comme d’autres intoxications, manifester son action sur le foie par la production d’ictères passagers et par des dégénérescences des cellules hépatiques (stéatose).

Le diabète s'accompagne assez souvent de modifications du foie; on a en particulier à signaler une hypertrophie du foie, du lobe droit plus fréquemment; il s’agirait d’une hypertrophie simple, par accroissement de volume des lobules du foie, par suite de l'augmentation du volume des cellules.

La cirrhose hypertrophique, avec sclérose sus-hépatique, n’est pas rare.

On a également trouvé des foies petits, granuleux, avec cirrhose annulaire ; mais il est probable que c’est à l'intervention d’un facteur étranger au diabète qu’est due l’évolution de cette cirrhose.

Enfin l’on a décrit une cirrhose pigmentaire propre aux diabétiques ; c’est elle que nous allons seulement décrire d’une façon particulière.

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