Annales de l'Institut Pasteur
2. AcHAR9D et PHULPIN (Soc. de biologie, 21 octobre 1894, et Arch. de med. expérim., 1°® janvier 1895). ù
toujours l’organe le premier envahi; mais là, il est envahi le plus souvent par des microbes d’origine intestinale, qui tantôt remontent par les voies biliaires, tantôt pénètrent dans la veine porte, à la faveur (Marfan) ou non d’altérations de l'intestin.
Les fonctions du foie sont donc multiples : toutes appartiennent à la cellule hépatique même, dont l'intégrité absolue est nécessaire pour assurer l’ensemble de ces fonctions : l’une d’elles, en effet, ne saurait être abolie sans qu'il en soit de même des autres. C’est ce que M. Roger a montré, par exemple, pour les relations de la fonction glycogénique et de l’action d'arrêt sur les poisons. La perturbation ou l’abolition de ces diverses fonctions constitue ce que l’on nomme l'insuffisance hépatique, dont il est aisé de concevoir toute la gravité ; nous avons, chemin faisant, indiqué les moyens de la déceler, et nous nous contentons de rappeler que le foie, dont les cellules fonctionnent mal ou insuffisamment, cesse de produire des pigments biliaires vrais et fabrique de l’urobiline, cesse de produire du glycogène et partant laisse passer les matières sucrées et amylacées sans les utiliser, ne fabrique plus de l’urée, diurétique par excellence et peu toxique, mais fabrique des produits de désassimilation beaucoup plus toxiques, ne transforme plus qu'insuffisamment les peptones et les graisses, n'arrête et ne détruit plus les nombreuses substances toxiques qui se produisent dans notre organisme. Dénutrition rapide par élaboration incomplète des substances nutritives, danger de l’intoxication par la production et l’absence de destruction de substances toxiques : tels sont les résultats de l’insuffisance hépatique. Tant que fonctionne le rein, il élimine en grande partie tous les poisons que n’a pu détruire le foie, mais cette élimination même altère les cellules rénales, l'élimination est diminuée, presque suspendue; alors apparaissent les accidents de l’urémie hépatique, de l'ictère grave, terminaison fréquente, habituelle, d’un grand nombre des maladies du foie {.