GasTou, Le foie infeclieux (Thèse de Paris
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quelques douleurs sourdes dans l’hypochondre droit ; parfois l’ictère est apparu à l’occasion d’un embarras gastrique, à la suite d’une violente colère, etc.
L’invasion de la douleur s'accompagne ordinairement d’un mouvement fébrile; le thermomètre monte jusqu’à 39°,5 ; le pouls est à 100, 110.
La douleur n’attire jamais l’attention par son intensité; c’est plutôt une sensation de tension dans l’hypochondre droit, qui ne devient douloureux que par la pression.
Le malade est abattu, sans forces ; la langue estsaburrale, l’appétit est nul; il y a généralement de la constipation.
Cette crise dure une ou plusieurs semaines au bout desquelles le malade se relève; l'appétit, les forces sont en partie revenus; mais la teinte ictérique n’est pas complètement effacée et le foie est resté gros.
PÉRIODE D'ÉTAT. — L’ictère une fois produit persiste jusqu’à la fin; au début, il est de couleur jaune safran, et fonce en couleur jusqu’à devenir vertet même noir à mesure que la maladie est plus ancienne. Chaque poussée nouvelle amène un renforcement très marqué de l’ictère, qui diminue après la crise. Il est inutile de dire que les sclérotiques sont jaunes. La peau estsèche, souvent couverte d’éruptions lichénoïdes.
Les papules siègent surtout au front, au menton, à la face dorsale des mains; on peut en trouver sur la face muqueuse des paupières. Le prurit se retrouve ici comme dans tous les ictères; le xérosis de la conjonctive, le xanthélasma ont été notés également.
Les selles conservent leur coloration habituelle qui s’accuse ou s’atténue à certains moments; ce n’est que par exceptions qu’elles ont l'aspect grisâtre, indice d’un obstacle au cours de la bile; mais elles sont fréquemment boueuses et même diarrhéiques.
Le foie esttoujours augmenté de volume; sa matité monte en haut jusque dans le quatrième espace intercostal et descend de trois, quatre, cinq travers de doigt au-dessous du rebord des fausses côtes. La percussion donne une ligne de matité verticale de 20 centimètres environ sur la ligne mamelonnaire. L’hypochondre droitfait une saillie très manifeste et Le foie peut arriver à combler une grande partie de l’abdomen, le creux épigastrique jusqu’à l’ombilic, tout le flanc droit, et descendre plus ou moins profondément dans la fosseiliaque droite. Par suite de l’évasement de la partie inférieure de la cage thoracique, l’abdomen prend la forme d’un ovoïde à grosse extrémité supérieure.
C’est à la palpation surtout qu'il faut demander les renseignements les plus précieux. La pulpe des doigts promenée sur la surface
de l’abdomen nous apprend que la face accessible du foie est généralement lisse, régulière ; sous le doigt qui le déprime, il oppose une dureté ligneuse; enfin, si l’on vient à saisir le foie par son bord antérieur, on s’assure que celui-ci est resté régulier et tranchant. Par la palpation on constate également que la vésicule biliaire ne dépasse pas le rebord du foie et que la sensibilité de toute la glande est accrue : on provoque par une pression un peu forte une douleur profonde, diffuse, mais sans irradiation ni localisation particulières.
Exceptionnellement on constate sur la surface quelques rugosités ou même une apparence de bosselures quand il y a eu périhépatite.
L’hypertrophie est permanente, et progresse à chaque poussée nouvelle; exceptionnellement on l’a vue rétrocéder un peu à la période cachectique de la maladie.
L’hypertrophie de la rate n’est pas moins constante que celle du foie ; la rate dépasse souvent le rebord costal et devient accessible à la palpation sous forme d’une tumeur à grand axe dirigé obliquement en bas et en avant ; la surface en est lisse, ferme, indolente ou légèrement inégale (en cas de périsplénite) et alors sensible à la pression. M. Chauffard a constaté dans un cas l’existence d’un souffle splénique, souffle systolique profond et doux comme le souffle placentaire. |
L'absence d’ascite et de dilatation des veines sous-cutanées abdominales constitue encore une des particularités ordinaires de cette maladie ; l’existence d’ascite peu abondante au début de la maladie et ne récidivant pas, ou d’ascite terminale à la période de cachexie est cependant signalée dans quelques observations ; de même on peut voir un réseau de veines abdominales plus développé que normale-
‘ment, mais n’atteignant pas le développement excessif qu’il présente
dans la cirrhose atrophique annulaire. Il peut aussi apparaître de l'æœdème des membres inférieurs; mais ce sont là des phénomènes tout à fait contingents. Les fonctions digestives sont troublées au moment des périodes de recrudescence de la maladie; les nausées, les vomissements, la diarrhée, plus rarement la constipation, l’anorexie sont de règle à ce moment ; mais en dehors de ces périodes, l’appétit est conservé et parfois même exagéré. Cette boulimie a été notée par divers observateurs (Hanot, Jaccoud, Chauffard) et semble donc assez fréquente. Les selles sont colorées et il n'existe pas de dégoût pour les aliments gras.
Cependant les malades, après avoir plus ou moins longtemps conservé leur embonpoint et leur entrain, sentent après plusieurs années que leurs forces diminuent et que l’amaigrissement des membres devient d'autant plus marqué qu'ils sont
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obligés de porter des vêtements plus amples à cause du développement continu du ventre.
L'examen des urines, dont nous n’avons pas encore parlé, donne des résultats intéressants. Ce qui frappe tout d’abord, c’estleur coloration foncée, couleur de la bière forte; cette coloration se fonce davantage en même temps que la quantité diminue à chaque période d’aggravation de la maladie. Ces urines ne laissent pas déposer de sédiments, bien différentes en cela des urines de la cirrhose atrophique. Leur réaction est acide. Leur quantité varie entre 1200 et 1600 grammes et le taux de l’urée oscille entre 10 et 24 grammes; M. Hanot l’a vu s’abaisser à 4 grammes. En un mot, l’urée a été trouvée diminuée dans les cas où on l’a dosée. Le sucre fait défaut, ainsi que l’albumine; et dans les observations où la glycosurie alimentaire a été recherchée, on a constaté également son absence. Les’ pigments biliaires ne manquent jamais : ils sont ordinairement si abondants qu’il est bon d'étendre l'urine d’une certaine quantité d’eau pour constater la réaction de Gmelin dans tout son éclat.
La toxicité urinaire est variable suivant la période de la maladie, l'appétit du malade et surtout le régime alimentaire (Surmont) ; elle est généralement faible.
Le sang présente une leucocytose marquée. MM. Hanot et Meunier ont trouvé dans trois cas des chiffres de globules blancs variant entre 9300 et 18 600. M. Hayem, dans un autre cas, a trouvéles chiffres suivants : 21 803, 18 082 et 15 508; M. Lukachewitch, 20000 par millimètre cube; c’est ce dernier chiffre que nous avions trouvé nousmême, dans un cas où la numération avait été faite avec le sang pris par ponction dans la rate immédiatement après la mort?: l’augmentation portait surtout sur les leucocytes polynucléaires.
Le cœur se contracte plus mollement et paraît quelquefois légèrement dilaté ; on a signalé des souffles — généralement systoliques — aux différents orifices. L'interprétation de ces souffles varie avec les différents observateurs ; l'important est de savoir qu’ils n’indiquent aucune lésion valvulaire.
Le pouls est faible, mou, mais non ralenti; c’est là encore une particularité intéressante.
Les poumons présentent souvent des signes révélant un état congestif des bases ; cet état, passager d’abord, donne lieu plus tard à des troubles graves.
Les hémorrhagies, sous forme d’épistaxis, sont assez communes 2 2