‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 55 sur 263 · MAN. \I · texte numérisé non relu

MAN. \I

se multiplient. C’est alors qu’autour de ces coagula fibrineux s’accumulent les leucocytes qui, plus tard, se transformeront en cellules épithélioïdes et en cellules géantes.

Rappelons ici que cette transformation en cellules épithélioïdes et en celiules géantes peut ne pas avoir lieu, et que le tubercule peut se borner à un nodule lymphoïde, constitué uniquement par un amas de leucocytes, comme les nodules infectieux hépatiques qu’on observe dans la fièvre typhoïde, dans la variole, etc.f.

Récemment Pastor (1892) a prétendu que le tubercule hépatique se faisait aux dépens des cellules endothéliales vasculaires et des cellules fixes du tissu conjonctif. Ni les leucocytes, ni les cellules de l’épithélium hépatique et des conduits biliaires ne contribueraient à la formation des cellules épithélioïdes.

La réaction inflammatoire de l’organisme en présence du bacille de la tuberculose se manifeste donc par une hépatite interstitielle qui comporte une accumulation de leucocytes, une prolifération du tissu conjonctif, et une production considérable de néo-canalicules biliaires. Entre le nodule lymphoïde et le nodule fibreux, il n’y a qu’une différence de degré dépendant de la lenteur plus ou moins grande de l’évolution.

Les cellules géantes sont des productions intermédiaires, au double: point de vue de leur siège dans le nodule tuberculeux et de leur orisine, entre les lésions inflammatoires et les lésions dégénératives.

Quant à ces dernières, on peut considérer la dégénérescence caséeuse comme l’aboutissant de lésions antérieures très variées dont les plus connues sont la nécrose de coagulation, la dégénérescence hvaline de Recklinghausen, la dégénérescence amyloïde et la dégénerescence graisseuse.

Pathogénie. — C’est l’expérimentation qui a permis de suivre le processus de l’histogénèse du tubercule hépatique. C’est elle également qui a révélé les voies de l'infection et expliqué les diverses: modalités de la tuberculose du foie.

Il convient pourtant de faire observer que nombre d'expériences ont été faites avec des cultures de tuberculose aviaire; or il est actuellement admis que ce dernier bacille ne doit pas être identifié avec celui de la tuberculose humaine; aussi ne parlerons-nous pas des expériences faites avec le bacille aviaire.

Les voies d'infection du foie sont, par ordre décroissant de fréquence : la veine porte, l’artère hépatique ct les vaisseaux lymphatiques. Ces voies de propagation de l'infection nous expliquent déjà la localisation si nette des tubercules autour de l’espace porte; elles

Page 1