HANOT et GILBERT (Arch. génér. de médecine, nov
niques avec la cirrhose alcoolique bi-veineuse de Laennec, ou avec l'hépatite syphilitique.
Les signes cliniques de la cirrhose tuberculeuse sont d’ailleurs fort inconstants. Tantôt la lésion peut rester cliniquement latente, tantôt l’ascite est abondante, rebelle, récidivante, et s'accompagne de dilatation des veines sous-cutanées abdominales. Les douleurs, l’ictère sont rares. Il n’est pas rare de constater un léger degré d'insuffisance hépatique, et les urines renferment le plus souvent de l’urobiline. Souvent confondue avec la péritonite tuberculeuse, la cirrhose tuberculeuse évolue très lentement chez les sujets jeunes, mais peut parfois suivre une marche assez rapide comparable à celle de la cirrhose de Laennec.
IT. Formes susarGuËs. — Parmi les formes subaiguës de la tuberculose du foie, MM. Hanot et Gilbert décrivent précisément une hépatite tuberculeuse graisseuse atrophique ou sans hypertrophie, qui se rapproche singulièrement de cette forme rapide de la cirrhose tuberculeuse. Anatomiquement, cirrhose et stéatose sont unies en proportions à peu près égales, aussi le volume du foie est-il normal ou peu diminué. Cet organe est douloureux à la palpation, ou spontanément. L’abondance de l’ascite, la dilatation des veines sous-cutanées abdominales, la tuméfaction de la rate rapprochent beaucoup cette forme clinique de la cirrhose de Laennec. Mais ces symptômes s’accompagnent le plus souvent de signes d'insuffisance hépatique, ictère léger, décoloration plus ou moins complète des matières fécales, etc, puis d’ædème, de purpura, d’amaigrissement, de fièvre et d’un état général grave. Ces symptômes sont d’ailleurs assez fréquents dans la période terminale de la cirrhose de Laennec pour ne pas constituer un caractère diagnostique important de la forme d’hépatite tuberculeuse qui nous occupe.
La mort survient en général en deux ou trois mois au milieu des symptômes de l’ictère grave ou de phénomènes cachectiques.
L’hépatite tuberculeuse parenchymateuse nodulaire serait, d’après MM. Hanot et Gilbert, caractérisée par des symptômes très analogues à ceux de la forme précédente, mais très atténués : l’ascite est progressive, moins abondante, l’ictère manque souvent, les symptômes d’insuffisance hépatique sont légers et inconstants. L'évolution plus lente se fait en quatre à douze mois ; la mort survient au milieu des symptômes généraux signalés dans la forme précédente.
IV. Forme A1GuË. — L’hépatite tuberculeuse graisseuse hypertrophique ou cirrhose hypertrophique graisseuse des tuberculeux qui constitue la forme aiguë de la tuberculose du foie offre, au point de vue clinique comme au point de vueanatomique, des caractères assez particuliers.
C’est surtout dans le cours d’une tuberculose aiguë secondaire ou brusquement dans le cours de la phtisie chronique que se montrent les symptômes qui la caractérisent.
Ces symptômes sont souvent précédés pendant une période plus ou moins longue, qui varie de quelques mois à un an, par des signes d’alcoolisme et par des signes légers, intermittents d'insuffisance hépatique.
Puis brusquement, sans cause appréciable, et à la suite d’excès ou de refroidissement, le malade s’alite avec de la fièvre et un état général grave : la température, irrégulière, atteint 39 degrés le soir. La perte des forces et l’amaigrissement progressent rapidement ; le teint est terreux, subictérique, la langue est rouge et sèche, parfois couverte ainsi que les lèvres de fuliginosités. Le malade a de l’agitation, du délire, et l’on voit apparaître aux membres inférieurs de l’æœdème, du purpura, en même temps que surviennent des hémorrhagies multiples, répétées (épistaxis, hématémèses, mélæna) qui peuvent, par leur abondance, occasionner la mort.
Le foie est uniformément gros, lisse, ferme, douloureux à la pression et spontanément. La rate est souvent tuméfiée. L’abdomen est distendu plutôt par le météorisme que par l’ascite qui est toujours très peu abondante et tardive; aussi les veines sous-cutanées abdominales ne sont-elles que peu ou pas distendues.
Les symptômes d'insuffisance hépatique sont toujours très accentués : les urines sont rares, l’urée est diminuée; on constate dans les urines la présence de pigments biliaires, d’urobiline, d’indican s’il y a de la diarrhée, parfois de leucine, de tyrosine et souvent d’un peu d’albumine. On observe le phénomène de la glycosurie alimentaire. Les matières fécales sont pâteuses ou diarrhéiques, souvent décolorées. Après une durée moyenne de cinq à six semaines, la mort survient au milieu d’un état typhique, souvent dans le coma.
Fréquente chez les tuberculeux alcooliques, cette forme peut survenir en dehors de l'alcoolisme, comme l’ont démontré Laure et Honnorat.
Chez l’enfant !, les symptômes généraux sont peu graves ; l’évolution lente se fait en six mois et même davantage. L’ictère est rare; mais les phénomènes locaux sont nettement marqués, et l’état du foie donne parfois lieu à des phénomènes cardio-pulmonaires dus à l’asystolie.
La TUBERCULOSE DES VOIES BILIAIRES ne donne lieu à aucun signe clinique qui permette de la diagnostiquer.
Pourtant M. Lannelongue a montré que parfois les cavernes