Voir l’article Syphilis cérébrale, t. IX, p
3. M. DELBET a publié un cas qu'il qualifie lui-même d’inexplicable, dans lequel une syphilis hépatique héréditaire guérit à la suite d’une laparotomie exploratrice, en dehors de tout traitement médical. Ce cas curieux ne comporte d'ailleurs pas de conclusions pratiques (Bull. de la Soc. anatom., 1892, p. 681).
et qui diminue autant que possible le travail du foie; c’est là une indication à laquelle le régime lacté absolu satisfait mieux que tout autre.
J. DARIER.
Historique. — Les abcès du foie étaient connus des médecins anciens qui les rangeaient dans la grande catégorie de l’inflammation hépatique. Hippocrate, Galien rapportent et commentent avec justesse des cas d’hépatite terminés par suppuration; mais il faut reconnaître que pendant longtemps encore on ne sut pas nettement dégager, surtout au point de vue clinique, les abcès des autres affections inflammatoires du foie. Toutefois on trouve déjà dans Morgagni (Lettre XXXVI) une description intéressante de l’abcès hépatique, des voies qu'il suit pour s’ouvrir au dehors, des principaux symptômes qui l’accompagnent.
Ce n’est guère qu’au commencement de ce siècle que l’on apprit à distinguer l’inflammation des conduits biliaires, de la capsule hépatique, des vaisseaux du foie, de celle du parenchyme glandulaire; mais en réalité les abcès du foie, les grands abcès surtout, n’ont été bien connus qu’après les travaux des médecins qui depuis bientôt cent ans observent aux colonies.
Aux Indes anglaises, c’est d’abord Twining, Morehead, Annesley principalement, qui nous donnent leurs belles observations, si précieuses encore aujourd’hui; dans nos possessions, en Algérie surtout, dès les premiers temps de l’occupation, les médecins de l’armée et de la marine, Haspel, Cambay, Catel, Catteloup, Rouis, Dutroulau, Laveran, Bérenger-Féraud, et bien d’autres, écrivent dans nos hôpitaux militaires cette série de travaux si originaux que résume et complète le récent et important traité de MM. Kelsch et Kiener.
Les auteurs contemporains ont laissé intacte l’œuvre clinique de leurs aînés; ils en ont éclairé le côté pathogénique à la lumière des doctrines microbiennes; ils ont surtout posé les bases d’un traitement rationnel. Chemin faisant, nous verrons les résultats de ces investigations.
Division. — De même que les autres processus suppuratifs, les
abcès du foie sont, d’une façon générale, sous la dépendance de microbes pyogènes : ce point sera du reste précisé plus loin. Et, selon la voie de pénétration par laquelle ces microbes arrivent au sein de la substance hépatique, il se forme telle ou telle variété de foyer purulent, répondant le plus souvent à des modalités cliniques différentes.
Trois chemins sont ouverts aux germes pyogènes : la voie lymphatique, les vaisseaux sanguins et les conduits biliaires.
C'est sans doute par les vaisseaux lymphatiques que cheminent les infections qui déterminent certaines périhépatites; mais il ne semble pas que ce mode de propagation donne lieu à la formation d’abcès intra-parenchymateux. ;
Si le germe pénètre par la voie sanguine, il est apporté par les artères ou par les veines. C’est par les artères que se propagent sans doute le plus souvent à la glande les grandes infections générales, les septico-pyémies, l'infection purulente : d’où les abcès dits métastatiques. L’infection par la voie veineuse offre deux cas à considérer, suivant qu'il s’agit des veines sus-hépatiques ou de la veine porte. Les veines sus-hépatiques, dans lesquelles les microbes se sont engagés par Voie rétrograde, sont quelquefois le point de départ de certains abcès (abcès métastatiques, abcès aréolaires); quant à la veine porte, elle est la voie de propagation au foie des infections parties de l’estomac et de l'intestin, notamment dans les cas de lésions cæcales et appendiculaires ; les abeès hépatiques ainsi formés sont tantôt multiples et analogues aux abcès métastatiques, mais limités au foie, tantôt solitaires, volumineux, constituant de grands abcès du foie. Sous cette dernière forme anatomique, ils relèvent le plus souvent de la dysentérie et, par analogie, on a été conduit à assigner à ces grands abcès dysentériques la même origine portale.
Enfin c’est par la voie biliaire que remontent vers le foie certains germes de l'intestin, amenant souvent à leur suite des lésions suppuratives des conduits biliaires et du parenchyme.
Le tableau suivant résume les diverses variétés de suppuration du foie :
Voie lymphatique...... see SR A nt Périhépatites.
ROMA E code oc ce Abcès métastatiques.
: à sus-hépatique. Abcès métastatiques.
Voie sanguine...
veineuse ...] portale....... Abcès d’origine gastro-intestinale, abcès dysentériques.
Moiesbilaire- ee ee ten e -eTEr Pl ee Abcès biliaires.
Les périhépatites sont décrites ailleurs, et l’histoire des abcès
SS
biliaires est trop intimement liée à celle de la lithiase biliaire pour ne pas être reportée au chapitre qui traite de cette dernière affection. Il ne nous restera donc à étudier que les abcès métastatiques et les grands abcès du foie dont l’abcès dysentérique peut être pris pour type.
Étiologie. Pathogénie. — Les ABCÈS MÉTASTATIQUES sont des complications hépatiques des pyémies, et par suite relèvent de la même étiologie que ces dernières affections. Dans le domaine chirurgical, toute plaie suppurante qui devient le point de départ d’une septicémie peut déterminer des abcès hépatiques, et l’on sait depuis Desault et Bichat combien graves sont tout particulièrement à cet égard les plaies de tête. Les septicémies médicales s’accompagnent parfois aussi d’abcès du foie, telles les septicémies consécutives aux fièvres typhoïdes, aux varioles graves; l’endocardite ou l’aortite infectieuses, la pneumonie suppurée, la gangrène pulmonaire, présentent des complications identiques.
Dans ces divers cas, les germes infectieux (streptocoque pyogène, staphylocoque blanc ou doré) sont transportés par la voie sanguine jusqu’à l’artère hépatique; ils s’arrêtent dans le foie aux points où la circulation est le plus ralentie, c’est-à-dire dans les capillaires radiés des lobules, s’y amassent, s’y multiplient, y sécrètent leurs toxines; l’endothélium vasculaire prolifère, le sang stagne, la fibrine se précipite, les leucocytes s'accumulent, la lumière du capillaire s’obstrue ; survient la dégénérescence granuleuse de tous ces éléments qui franchit bientôt les limites du vaisseau pour atteindre et nécroser à leur tour les cellules hépatiques avoisinantes; dès lors l’abcès est formé.
Quelquefois, et ceci est surtout vrai pour l'infection puerpéralet, la voie artérielle est délaissée par le microbe pour la voie veineuse. Sous l'influence de l’adynamie cardiaque, de la stase veineuse, l’agent pathogène pénètre par reflux de la veine cave dans les veines sushépatiques, envahit les parois veineuses et de là se propage au parenchyme environnant. Les espaces portes sont indemnes.
On doit rapporter à une immigration d’embolies septiques dans le système porte les abcès métastatiques survenus à la suite d’interventions pratiquées sur des régions que desservent les afférents de la veine porte, ou à la suite d’altérations diverses de l’estomac, de l'intestin, et notamment de l’appendice vermiforme.
Parmi les GRANDS ABCÈS du foie, les abcès dysentériques ou tropicaux sont à coup sûr les plus fréquents et les plus intéressants. Leur origine dysentérique peut être considérée comme démontrée, grâce