Pathological Anatomy
CIRRHOSES DU FOIE 45
comprime les acini et les atrophie ; d’où la gêne de la circulation porte (ascite), les troubles de la’ sécrétion biliaire et l’atrophie de l’organe. Les granulations, pour Carswell, étaient des acini encore intacts faisant saillie au-dessus de l’anneau de selérose qui les encerclait. Hallmann ! (1839) confirma par l’examen microscopique la description de Carswell; de plus il démontra que par la coction les foies cirrhotiques donnaient cinq fois plus de gélatine queles foies normaux.
Oppolzer ? (1844) et Rokitansky* font les premiers efforts pour scinder le groupe confus des foies granuleux ; Oppolzer indique que l’'imperméabilité de la veine porte peut être le résultat soit de la phlébite des veinules profondes, soit de l’ectasie des conduits biliaires. Rokitansky distingue les granulations provenant du déve-
loppement exagéré des conduits capillaires biliaires et celles qui résultent d’une inflammation chronique du parenchyme hépatique.
Presque à la même époque (1846-1849), Requin publie les deux premières observations de cirrhose avec hypertrophie du foie; à partir de ce moment la question se pose d'établir les rapports qui existent entre ces deux états du foie, cirrhose atrophique et cirrhose hypertrophique.
Tandis qu’en France, Gubler “, Lacaze, Millard, Genouville, Charcot et Luys (1859), P. Ollivier de Rouen (1871), Hayem (1874) et surtout Hanot(1875)accumulent des observations de cirrhose hypertrophique etdonnent à cette maladieune place spéciale dans lecadrenosologique, comme Todd (1857) l’avait déjà fait en Angleterre, les auteurs allemands, au contraire, Wagner (1862), Liebermeister (1864), Bamberger, Rokitansky, Frerichs, Birsch-Hirschfeld, s’attachent à prouver que la forme hypertrophique n’est qu'un premier stade de la forme atrophique.
Cette opposition entre l’École française et l’École allemande ne fait que s’accentuer à partir de l’année 1876, qui est marquée par le mémoire de MM. Charcot et Gombault*®. Ces auteurs rapprochent dans un parallèle anatomique la cirrhose provoquée expérimentalement par la ligature du canal cholédoque, des cirrhoses consécutives à l’obstruction calculeuse des conduits biliaires et de la cirrhose de Hanot, décrite peu de temps auparavant ; ils opposent ces cirrhoses sous le nom de cirrhoses biliaires aux cirrhoses alcooliques, cirrhoses veineuses.
De cirrhosi hepatis, 1839, Berlin.
. OPPoLZzER (Prager Vierteljahrschrift, t. III, 1844).
. RokiTANSKY, Patholog. Anat., t. III.
. Thèse d’agrég., 1853. ,
. Caarcor et GOMBAULT (4rch. de physiol., 1876, p. 153). — CHARcoT. Lec. sur les mal. du foie et des reins, Paris, 1877.
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L'une, la cirrhose biliaire, est hypertrophique, elle est insulaire, péri-lobulaire et intra-lobulaire, c’est une cirrhose épithéliale. L'autre, la cirrhose veineuse, est atrophique, annulaire, multilobulaire et extra-lobulaire; c’est une cirrhose interstitielle.
Le talent d'exposition et l'autorité de Charcot, la compétence de: M. Gombault comme histologiste, entraînèrent les convictions em France ; et toute cirrhose hypertrophique, toute cirrhose atrophique durent entrer pendant quelque temps, de gré ou de force, dans le: cadre si simple qui venait d’être créé; on oubliait que ces auteurs venaient d'exposer une synthèse anatomique et non pas clinique des. faits ; encore avaient-ils ajouté dans le cours de leur travail bien des restrictions dont on ne tint pas un compte suffisant.
Que cette synthèse fût insuffisante, on s’en aperçut bien vite. Mais: la cause principale de l’extraordinaire confusion qui régna presquejusqu’à nos jours a été la suivante: on demandait à l’anatomie pathologique la clef d’une classification des cirrhoses. Ce fut surtout à propos des discussions interminables sur la cirrhose hypertrophique, qu’on put voir les inconvénients d’une pareille façon de faire.
Les caractères anatomiques, assignés par MM. Charcot et Gombault à chacune des deux cirrhoses, étaient manifestement insuffisants ; bien plus, l'interprétation des coupes de cirrhose annulaire était erronée, faute des points de repère que M. Sabourin arriva à fixer un peu plus tard. Brieger et Litten protestèrent les premiers, et avec raison, contre l’assertion que le tissu de sclérose n’envahissait jamais. l'intérieur du lobule dans la cirrhose atrophique. Kussner, Th. et A. Thierfelder, Mangelsdorf n’eurent aucun mal à démontrer qu’il n’est pas un seul des caractères, donnés comme propres à l’une des cirrhoses, qu’on ne püût retrouver dans l’autre. Maïs les auteurs alle mands furent amenés à des confusions peut-être encore plus fâcheuses, car pour eux l'hépatite interstitielle était une maladie: unique, où toutes les évolutions anatomiques simultanées ou succes sives étaient possibles. Seul Ackermann considère deux formes distinctes, une atrophique et une hypertrophique biliaire : mais cette dernière serait d’origine veineuse, et le processus anatomique qui la caractérise se rapprocherait des processus éléphantiasiques hypertrophiques.
En France aussi, les objections se multiplient. MM. Surre, Dieulafoy, Guiter! publient des observations, qui n’entrent dans aucune des deux formes antérieurement créées. MM. Kelsch et Wannebroucq *
4. SURRE (Thèse de Paris, 1879). — DieuLaroy, Man. de pathol. int. — GuITER (Thèse de Paris, 1881). :