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liquides, une série de disques colorés, superposés dans l’ordre suivant (de bas en haut) : jaune, rouge, violet, bleu, vert, jaune. Les couleurs violette et surtout vert émeraude sont indispensables pour conclure à la présence de la bile. La première est caractéristique de la bilirubine, la seconde de la biliverdine née de l’oxydation de celle-ci.

Si l’urine était trop fortement colorée, il serait bon, pour obtenir nettement la réaction de Gmelin, de la diluer.

On peut varier de plusieurs manières le modus faciendi. Au lieu d’un verre conique, on peut se servir, comme Brucke, d’un tube de mince calibre, de façon que la zone des anneaux soit très étendue en hauteur. On peut aussi verser une goutte d'acide nitrique nitreux sur un papier filtre préalablement trempé dans l'urine ou sur le filtre qui a servi à la filtrer : on voit se former au point de contact une série d’anneaux colorés dont le vert occupe la partie externe (Rosenbach). Ultzmann dissout dans le chloroforme la matière colorante de l’urine et agit sur cette solution par l’acide azotique. Quelques chimistes ajoutent à 4 ou 5 centimètres cubes d’urine autant d’acidesulfurique, puis un petit cristal d’azotite de potasse; on a ainsi à l’état naissant un mélange d’acides azotique et hypoazotique. M. Jaccoud! emploie, pour déceler dans les urines des quantités minimes de pigment biliaire, l’acide nitrique monohydraté. Quelques gouttes, déposées au fond du verre, donnent une très belle coloration verte. On trouvera dans les traités spéciaux bon nombre d’autres réactions moins pratiques en général que celle de Gmelin (procédés de Garnier et Schlagdenhaufen, de Huppert, de Lewin, d'Oliver, de Maréchal, d’Erlich, etc.).

L’acide azotique ainsi employé peut donner dans l’urine des anneaux opaques dont la signification est précieuse.

1° Immédiatement au-dessus de la zone colorée, il se forme quelquefois un disque blanchâtre plus ou moins épais, qui révèle la présence de l’albumine; il faudra cependant s'assurer, par l'addition d’une certaine quantité d'alcool, que le disque n’est pas formé par des résines biliaires ; l'alcool le dissoudrait (Grecco).

% Si plus haut que le disque de l’albumine, à 1 ou 2 centimètres au-dessus de la surface de contact des deux liquides, on voit paraître un autre anneau, c’est que l’urine contient un excès d'acide urique. Il disparaît si l’on chauffe à ce niveau le vase avec une flamme de Bunsen promenée avec précaution. Si l’on chauffait : trop et qu’il y eût de l’albumine, on coagulerait cette dernière.

3° Enfin, si l’on a laissé quelque temps en contact l’urine et l’acide azotique, on peut voir, au-dessous de la surface de séparation des

1. JaAccoun, Clinique médicale de Lariboisière, 1873, p. 506.

deux liquides, des cristaux d'azotate d’urée qui peuvent gagner le fond du vase; ce qui traduirait un excès d’urée.

On voit donc ce que peut donner d'indications la simple action de l’acide azotique (Mercier).

Certains médicaments, éliminés par l’urine, peuvent lui communiquer une coloration jaune vert plus ou moins foncée qu’on pourrait croire due à des pigments biliaires : tels l’acide picrique, la santonine, la rhubarbe et le séné qui donnent tous deux de l'acide chrysophanique, l'acide salicylique, les salicylates, le salol, le bétol qui donnent de l'acide salicylique. Mais, outre que dans ces cas la réaction de Gmelin fera défaut, on pourra, en l’absence de commémoratifs, caractériser l’acide chrysophanique et la santonine par la coloration rouge que donnera l’addition de lessive de soude, et l’acide salicylique par la coloration violette que produira dans l’urine une goutte de perchlorure de fer officinal.

Les pigments biliaires normaux n’ont pas de spectre défini comme les pigments modifiés; ils éteignent simplement toute la partie droite du spectre, du jaune au violet. Aussi n’use-t-on pas habituellement du spectroscope pour en caractériser la présence.

Les urines ictériques contiennent également des acides biliaires, d’une façon inconstante d’ailleurs (Gorup-Besanez, Neubauer, Hoppe- Seyler). Leur constatation n’a qu’un intérêt secondaire; on peut la faire par la réaction de Pettenkofer : on mélange à l’urine quelques gouttes de sirop de sucre, puis 3 ou 4 centimètres cubes d’acide sulfurique pur; s’il y a des acides biliaires, le liquide prendra une couleur rouge, puis violet pourpre, due à la production du furfurol. Si l’on veut une réaction bien nette, il faudra opérer sur les acides biliaires isolés de l’urine par le procédé de Hoppe-Seyler{.

Dans les cas d’ictère par obstruction des voies biliaires, on trouve encore dans l’urine des acides sulfo-conjugués en quantité notable. [ls paraissent provenir des fermentations intestinales que favorisent l’absence de bile dans le tube digestif et la constipation (Biernacki).

San. — Le sérum contient des pigments biliaires puisqu'il les charrie, mais ne renferme pas habituellement d'acides biliaires ; ceuxci semblent détruits au fur et à mesure de leur arrivée dans le sang. Toujours est-il que la réaction de Pettenkofer sur le sérum n’a le plus

1. CASSAET et MonGour (De la facilité du surmenage hépatique, Archives cliniques de Bordeaux, novembre 1894) affirment pourtant que, dans l’ictère par rétention, les sels biliaires sont plus abondants que les matières colorantes. Ils se servent, pour leur recherche, d’une solution de furfurol à 1 pour 100 (Uransky) qui donne une coloration rouge brun, apparente surtout après douze heures. Mais il faut préalablement se débarrasser de l’albumine, si l’urine en contient, car l’albumine donne, par le furfurol, une réaction semblable à celle des sels biliaires.

souvent pas lieu. Baelde et Lavraud ! prétendent pourtant qu’ils y existent toujours.

La recherche des pigments dans le sérum est quelquefois indis-pensable. Voici la méthode de M. Hayem : on recueille dans une éprouvette de 3 centimètres cubes, strictement propre, quelques. gouttes de sang obtenues par deux piqûres faites à la lancette sur la pulpe du doigt, la main étant laissée pendante quelques minutes; on abandonne l’éprouvette bouchée dans un endroit frais, et le lendemain on recueille le sérum (1 centimètre cube environ) avec une pipette. Nous verrons, à propos des pigments modifiés, quels résultats donne le spectroscope ; ici il suffira d'obtenir la réaction de Gmelin;. pour cela, M. Hayem conseille de coaguler d’abord l’albumine par la chaleur, d’épuiser le coagulum par un mélange d’alcoo!l et de chloroforme, de filtrer et soumettre le filtrat à l’action de l’acide nitrique nitreux. Mya fait simplement venir au contact, sur une soucoupe blanche, une goutte de sang et une goutte d’acide nitrique nitreux; au point de contact, on observe les colorations caractéristiques des pigments biliaires.

Il semblerait, puisque la bile attaque et dissout les hématies, que: le plasma sanguin dût être profondément altéré dans l’ictère. On est mal renseigné là-dessus cependant, et, si l’on observe chez les hépa-tiques (ictériques ou non) un état anémique évident et une diminution: des globules rouges parfois considérable, c’est à d’autres causes qu’à l’action chimique des sels biliaires qu’il faut attribuer ces modi-fications. On à parlé de sang plus fluide, de tendance hémophilique. Mais, si les hémorrhagies sont communes dans les maladies du foie, elles ne se rattachent nullement à la présence des pigments biliaires normaux ou modifiés dans le sang du malade; elles ont une tout autrepathogénie.

TROUBLES DIGESTIFS. — Sauf les nausées et les vomissements, manifestement dus, dans la colique hépatique, à une action réflexe, il est difficile de faire, dans les troubles gastro-intestinaux qui accom-pagnent en général l’ictère, la part exacte de ce qui revient à ce symptôme lui-même ou à la maladie qui l’a occasionné. Cela est surtout vrai pour les symptômes gastriques; anorexie, difficulté de la digestion, variations du chimisme stomacal*, etc., comptent autant dans l’hépatisme général que dans l’imprégnation de la muqueuse gastriquepar la bile.

Cette imprégnation explique cependant la sensation dencre

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