‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 86 sur 263 · A. CHAUFFARD (Revue de médecine, janvier · texte numérisé non relu

A. CHAUFFARD (Revue de médecine, janvier

En mêmetemps que cette crise polyurique et azoturique, se fait aussi par les reins une décharge toxique. On a trouvé que la toxicité urinaire, faible au début, augmente avec l’urée et l’urine et arrive à un maximum bien au-dessus de la normale, pour retomber ensuite au taux habituel{.

Traitement. — Une seconde crise polyurique et azoturique peut se produire après la première, sous l'influence des lavements froids administrés aux ictériques d’après la méthode de Krull. C’est encore M. Chauffard®? qui l’a signalée. La première crise urinaire se produisant spontanément au moment où s’apaisent les symptômes gastro-intestinaux et où s'améliore l’état général, au moment donc où vient de se montrer l’ictère, la seconde se produit artificiellement au moment de la désobstruction du cholédoque; de telle sorte que « la période de la rétention biliaire semble inscrite, pour ainsi dire, entre ces deux crises urinaires ». Îl n’en est rien cependant, et cette seconde crise n’est que factice, uniquement due à des causes extrinsèques. « Aussi longtemps que dure la rétention biliaire, la digestion et surtout l’absorption intestinales sont profondément troublées… Mais que l'obstacle soit levé, le cycle des mutations digestives redevient normal, l’assimilation nutritive retrouve son intégrité. Rien d'étonnant dès lors que du jour au lendemain il y ait une ascension brusque de l’urée, une véritable azoturie. Il n’y a là qu’un retour à l’état physiologique, exagéré peut-être par les pertes que l’organisme a subies et qu’il doit réparer ».

Quant à la polyurie, elle n’est qu’un effet indirect et secondaire de l’azoturie, l’urée étant un diurétique physiologique et le meilleur diurétique connu.

Les lavements froids activent encore la polyurie, car ils ont pour effet de vider le système porte, d'augmenter ainsi la tension artérielle générale, et consécutivement de mettre en jeu la fonction rénale. C’est là le mécanisme de la plupart des diurétiques.

On peut donc conclure avec M. Chauffard que « la polyurie azoturique qui accompagne la désobstruction du cholédoque ne constitue point une crise urinaire, qu’elle n’est que la conséquence et du traitement employé, et du retour dans l'intestin de la bile et peut-être du suc pancréatique ».

Quel est le mode d’action physiologique de ce traitement ? Les deux litres d’eau froide injectés, à la température de 15 à 18 degrés centigrades, une fois par jour et de préférence le matin, provoquent

1. G.-H. ROGER, Action du foie sur les poisons (Thèse de Paris, 1886). — SUR- Mon (Sociélé de biologie, 16 janvier 1892).

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