E. DuPrÉ (Thèse citée
appelle ictère catarrhal infectieux, qu’il serait plus juste peut-être d'appeler ictère infectieux pseudo-catarrhal.
I. ICTÈRE INFECTIEUX PSEUDO-CATARRHAL. — Voici, entre l’ictère catarrhal simple et les ictères infectieux proprement dits, un type intermédiaire, bâtard en quelque sorte, tout en ayant une physionomie symptomatique personnelle. Comme l’ictère catarrhal, il s’accompagne d’obstruction du cholédoque, ou, pour parler plus juste, de rétention biliaire; il est quelquefois sporadique comme lui et a toutes les apparences d’une auto-infection ou intoxication; mais c’est une maladie infectieuse générale d'emblée, plus microbienne que toxique (tuméfaction de la rate), caractères communs avec les vrais ictères infectieux, dont la rapprochent encore et son brusque début, et son allure fébrile, et sa plus grande gravité.
M. Chauffard! en donne une description très précise : « Ici, le début est souvent brusque, accompagné parfois de frisson, et la phase préictérique constitue déjà un sérieux état de maladie : céphalalgie, douleurs convulsives dans les membres, le tronc, le cou, et pouvant rendre la marche très pénible; vertiges, inappétence complète, langue sale, goût amer dans la bouche et nausées ou vomissements ; insomnie, lassitude extrême, fièvre oscillant entre 38°,5 et 39,5, épistaxis, souvent éruption, vers le troisième ou quatrième jour, de plaques d’herpès labial ; urines rares, rougeâtres, contenant souvent un peu d’albumine; enfin diarrhée bilieuse plus ou moins prolongée, tuméfaction de la rate, dont la matité peut mesurer de 8 à 10 centimètres, foie un peu gros et douloureux : tels sont les symptômes préictériques de la maladie,
« Du cinquième au septième jour environ, l’ictère apparaît avec les signes de l’obstruction du cholédoque, et cependant, malgré cette aggravation apparente, une véritable crise se produit : la fièvre et les symptômes généraux s’amendent. » À ce moment se produit aussi spontanément la crise polyurique et azoturique précédemment étudiée. «1
C’est bien là l’infection générale se portant dès le début sur chaque organe, lésant le rein (albuminurie), adultérant le sang et les vaisseaux (épistaxis), fatiguant le système nerveux (insomnie, lassitude extrême), apposant enfin cette signature, incontestée en clinique, des maladies infectieuses : la tuméfaction de la rate. Quant au foie, . c’est surtout dans sa cellule qu'il est atteint, et cela dès le premier jour; cette phase préictérique est cependant une phase hépatique, puisque, avec la tuméfaction douloureuse du foie, existe une diarrhée bilieuse plus ou moins prolongée; la toxine microbienne a donc eu