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CHAUFFARD, Trailé de médecine, t. III, p

d’abord sur la cellule hépatique cette action hypersthénisante qu’on verra seule se produire dans la forme dite ictère polycholique; et lorsque cesse la diarrhée bilieuse et que se montre la décoloration des matières, est-ce bien à l’obstruction du cholédoque qu'il faut croire? Cet ictère par rétention n’est-il pas dû plutôt à la dislocation de la travée qui joue un si grand rôle dans la pathogénie du symptôme ictère? Et, à supposer qu’il y ait vraiment inflammation — ascendante ou descendante, peu importe — des voies biliaires, la cellule n’est-elle pas ici autrement malade que dans le simple ictère catarrhal? M. Chauffard le dit en propres termes : « On peut provoquer, pendant la phase ictérique, la glycosurie alimentaire et, de plus, à la bilirubine se substituent, à la fin de la maladie, les pigments biliaires modifiés et l’urobiline. L’urobilinurie et la glycosurie alimentaire peuvent même survivre à la maladie et laisser l’ictérique en état de guérison plus apparente que réelle. »

On ne recherche malheureusement ni la glycosurie alimentaire, ni l’urobiline à la phase préictérique de la maladie, car on ne songe au foie qu'accessoirement jusqu’à ce qu’apparaisse la jaunisse; mais ces deux signes doivent exister dès que le foie est en cause, c’està-dire dès le début. Voilà pourquoi le titre d’ictère infectieux pseudocatarrhal nous semble plus juste que celui d’ictère catarrhal infectieux, car cet ictère ne présente avec l’ictère catarrhal vrai que des analogies restreintes. Les notions étiologiques viendront peut-être un jour l’en différencier plus nettement.

IT. ICTÈRES INFECTIEUX PLÉIOCHROMIQUES. — Cette forme ne diffère de la précédente que par un seul caractère : à! n'y a pas de décoloration des matières fécales. À l'intensité près des phénomènes généraux, variables d’ailleurs dans l’un et l’autre type, c’est le même début brusque avec frisson, courbature intense, douleurs lombaires, puis fièvre, soif ardente, céphalalgie, diarrhée, vomissements bilieux, albuminurie, augmentation du volume du foie, tuméfaction de la rate.

Du troisième au sixième jour, l’ictère apparaît et de petites hémorrhagies se font par le nez ou sous forme de sugillations; l’herpès se montre souvent; les selles sont nettement bilieuses, présentant l’aspect de la purée d’oseille; elles sont ou non diarrhéiques. Après huit ou dix jours, la température tombe, les symptômes généraux s’amendent, les selles reprennent leur consistance et leur coloration normale, une crise urinaire se produit et le malade entre en convalescence.

Ici, soit nature différente du poison, soit forme différente de réaction de la cellule hépatique à son égard, le processus toxi-infectieux donne un excès de matière colorante, peut-être un excès de bile, mais il n’y a pas d’obstacle à l’arrivée de la bile dans l'intestin. Ces

ictères polycholiques avec hypercholie pigmentaire ont été désignés par Stadelmann sous le nom d’ictères pléiochromiques.

III. ICTÈRES INFECTIEUX A RECHUTES. — (C’est encore ici le même complexus symptomatique, la même allure typhoïde et infectieuse, mais un élément nouveau apparaît, la rechute. Ce caractère très particulier de certains ictères n’avait pas été mis en relief par les quelques auteurs qui avaient rapporté des observations de ce genre (Lancereaux‘, Chauffard?). M. A. Mathieu* a publié le premier cas étudié à ce point de vue. Sa description peut servir de type à tous les faits analogues ultérieurement recueillis.

« Un malade est pris d’ictère après des frissons répétés, de la courbature générale, de la céphalalgie. Il survient des vomissements bilieux, des épistaxis assez abondantes à un certain moment pour inspirer quelque crainte. Les phénomènes prodromiques ont duré cinq jours; ils étaient tels que l’on pouvait parfaitement attendre l’évolution d’une fièvre typhoïde, et cela d’autant mieux qu'il y avait de la douleur des fosses iliaques, du gargouillement dans la région iléo-cæcale, de la tuméfaction de la rate. Au lieu des manifestations caractéristiques de la fièvre typhoïde, on voit apparaître de l’ictère qui devient très accentué. Les épistaxis continuent; il se fait sur les jambes des taches de purpura. On était en droit, dans ces conditions, de redouter l’ictère grave et sa terminaison fatale.

« La température, dès les premiers jours, se maintenait aux environs de 40 degrés, ce qui était de nature encore à faire penser à la fièvre typhoïde.

« Au bout d’une dizaine de jours, on constate une amélioration évidente ; la température est descendue au-dessous de 38 degrés ; l’ictère a considérablement diminué; l’état général est meilleur; le malade demande à se lever et réclame à manger avec grand appétit.

« Après quelques jours de cette amélioration, il survient de nouveau des frissons, du malaise, de la courbature générale. L’ictère, qui avait à peu près complètement disparu, s’accentue de nouveau; de nouveau on observe des épistaxis et des taches purpuriques sur les membres inférieurs. La température se relève à 40 degrés. Au bout d’une semaine environ, l’amélioration se produit, la fièvre tombe, l’état général est meilleur, l’ictère disparaît, et cette fois la guérison est complète et persistante. »

1. LANCEREAUX, Des ictères graves et des hépatites parenchymateuses (Revue générale in Revue de médecine, juillet 1882).

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