‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 91 sur 263 · DucaMP, loc. cit · texte numérisé non relu

DucaMP, loc. cit

pour ainsi dire, vite passées, les autres offrant ce caractère particulier de la rechute. On voit enfin le rôle que jouent, dans le déterminisme, les conditions de résistance de l'individu.

Ici ce sont de jeunes soldats que frappe la maladie, jeunes hommes récemment transplantés de leur sol natal dans une caserne de grande ville et dont la nourriture le plus souvent médiocre et le surmenage physique de l'instruction militaire ne sont pas faits pour favoriser l’accommodation au milieu nouveau; c’est l’histoire de la fièvre typhoïde. Là ce sont des alcooliques qui doivent à l’adultération de leur foie les préférences du microbe. Ailleurs, l'épidémie ne frappe que des femmes enceintes et lon sait ce qu'est la puerpéralité au double point de vue de la réceptivité microbienne et de la fragilité hépatique. Ou bien c’est dans une prison ou un asile d’aliénés que sévit l’ictère épidémique. Enfin elle éclate d’autres fois dans un cercle restreint de gens affaiblis par une hygiène déplorable ou par des maladies antérieures, habitants de maisons malsaines dont l’insalubrité faisait doublement le jeu de l'infection en offrant un merveilleux terrain de culture au microbe et en déprimant les individus. Partout un ou des microbes, partout une occasion qui les met en contact avec des organismes tout prêts à les recevoir. On comprend qu’il puisse y avoir des cas sporadiques.

On trouvera dans Frerichs! quelques mots sur les épidémies antérieures à 1862; l’histoire de celles qui ont sévi de 1859 à 1891, dans le mémoire de M. Kelsch et dans le livre de M. Labadie-Lagrave. Enfin la récente thèse de Lireux? apporte de nouveaux faits intéressants.

Donnant donc aux conclusions de M. Kelsch leur véritable place, rapportant aux ictères infectieux ce qu'il dit de l’ictère catarrhal, n'acceptant ses assertions que comme s’appliquant aux ictères infectieux proprement dits, on peut déclarer avec lui :

1° Que l’agent infectieux se développe en dehors de l'organisme;

2° Que ses foyers générateurs sont les mares, les vases, le sol riche en matières organiques de nature végétale ou animale, enfin les eaux tenant en suspension ces matières;

3° Que ces foyers infectieux lui étant communs avec la malaria et la dothiénentérie, on s’explique la coïncidence signalée dans certains cas des épidémies d'ictère et de fièvre intermittente ou typhoïde.

Diagnostic. Pronostic. Traitement. — Le titre même de chacune des formes ci-dessus décrites suffit à les distinguer les unes des autres. Quant à les confondre avec d’autres maladies du foie

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