‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 96 sur 263 · BoinET et Boy-TESstER (Revue de médecine, avril · texte numérisé non relu

BoinET et Boy-TESstER (Revue de médecine, avril

2. RANGLARET et MAHEU (Soc. de biologie, 8 juillet et 30 décembre 1893).

3. GIRODE, Quelques faits d’ictères infectieux (Arch. gén. de méd., janvier 1891) 4. HANorT (Soc. méd. des hôpitaux, 31 mars 1893, 4 mai 1894, et Soc. de biologie, : 17 février 1894).

et Boix ont trouvé trois fois le coli-bacille à l’autopsie, et une fois dans le sang du malade, pendant la vie ! ; dans un autre cas, vingtquatre heures avant le décès, ils ont décelé dans le sang le Staphylococcus albus. M. Vincent ? a obtenu, après la mort, une fois le colibacille, une autre fois le Sfaphylococcus albus. Enfin M. Babes* publiait l’an dernier quatre cas d’ictère grave rapidement mortels où le streptocoque a été trouvé après la mort dans le foie, la rate, les reins, etc.

Donc, dans l’ictère grave proprement dit, aucun micro-organisme vraiment spécifique ; mais des microbes vulgaires auxquels on hésite à accorder uneÿ action pathogène, même indirecte, aboutissant à la destruction de la cellule hépatique.

On n’hésite plus si l’on veut bien rayer de la discussion pathogénique ce point de départ absolument faux de l'intégrité préalable de la cellule hépatique, si l’on veut comprendre l'impossibilité de l’ictère grave primitif en dehors de l’intoxication phosphorée et de la fièvre jaune. Point n’est besoin, pour sauver la spécificité compromise, d’invoquer l’origine autochtone et de supposer l’existence « d’une ptomaïne, d’une toxalbumine de l’ictère grave à réaction pseudophosphorique ». Il ne faut pas accorder au seul agent causal l’entière responsabilité du syndrome. Étant donnée une infection quelconque, streptococcique, staphylococcique, coli-bacillaire, qu’elle soit locale, qu’elle soit septicémique, elle restera infection ou septicémie streptococcique, staphylococcique ou coli-bacillaire si le foie est intact et résistant, si la cellule hépatique a sa pleine vitalité; — elle devient au contraire l’ictère grave à streptocoque, à staphylocoque, à colibacille, si le foie est déjà compromis, s’il a un passé pathologique, quel qu’il soit, avoué ou latent.

Cet état préalable du foie favorise à un haut degré et sa propre invasion par les divers microbes et l'invasion du sang, et le triomphe définitif du parasite, puisque la glande hépatique est faible et par ses cellules propres et par ses macrophages, les cellules endothéliales de ses capillaires. Là est le secret du déterminisme de l’ictère grave qui trouve sa spécificité, non dans l’infection motrice, mais dans le foie lui-même.

L’objection tirée de l’envahissement cadavérique tombe devant ce fait que non seulement cet envahissement n’est pas constant,

4. MM. HANor et Boix ont été les premiers à montrer le coli-bacille dans le sang pendant la vie. Dans un cas d’infection coli-bacillaire consécutive à des lésions multiples de pyélite, pyélo-néphrite avec abcès miliaires du rein, etc., MM. SITTMANN et BARLOW (Deutsch. Arch. f. klin. Med., LII, 3-4) ont retrouvé le coli-bacille à l’état de pureté dans le sang pris au pli du coude onze heures avant la mort.

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