VINCENT (Soc. de biologie, 6 mai
3. BABES, Sur la dégénérescence hépatique aiguë streptococcique (Vèrchow's Arch. f. path. Anal., 1894).
mais encore qu’on ne le rencontre même pas dans la moitié des cas (Wurtz et Hermann, Marfan et Nanu). Quant à rejeter la valeur des. observations bactériologiques faites pendant la vie sous prétexte: qu’il peut y avoir invasion agonique, il faut y renoncer après l'im-portant mémoire de MM. Achard et Phulpin ! qui démontre la rareté: des infections agoniques. Sauf dans des cas de septicémies légi-times, ils n’ont pas trouvé, sur 49 examens, une seule fois des mi--cro-organismes dans le sang, et 8 fois seulement ils en ont. rencontré dans la glande hépatique.
Les cas où l’on ne rencontrerait, pendant la vie, aucun micro-organisme ni dans le sang recueilli au pli du coude, ni dans celui qu'on retirerait de la rate ou du foie, ne sauraient infirmer les faits. positifs, parce que pendant la vie la phagocytose est extrêmement active dans ces milieux, et que d’autre part la toxine d’un microbe peut suffire à la destruction hépatique et à l’empoisonnement de tout l’organisme. Il était indispensable d’établir la réalité de cette relation pathogénique, car elle soutient solidement la doctrine de la non-spécificité de l’ictère grave.
Y a-t-il une relation entre les symptômes d’un ictère grave et l'agent microbien qui l’a produit ? En d’autres termes, peut-on conclure d’une des formes de l’ictère grave à son origine bactériologique, de la clinique à la pathogénie ?
La courbe thermique est, à ce point de vue, presque pathognomonique. M. Hanot ? a montré cliniquement la coïncidence de l’hypothermie et de la septicémie coli-bacillaire et a créé le nom d’ictère grave hypothermique coli-bacillaire. Bien des auteurs avaient noté en passant que les animaux succombant à l'infection par le coli-bacille présentaient de l’hypothermie. Les expériences de M. Boix * ont démontré cette action hypothermisante non seulement pour les cultures vivantes du Bacterium coli, mais pour ses toxines. Un certain nombre d'observations sont venues, depuis, confirmer les résultats. obtenus par ces deux auteurs.
La preuve par le contraire est éclatante : tous les cas où le streptocoque et le staphylocoque ont été trouvés, soit pendant la vie, soit après la mort, étaient des ictères graves hyperthermiques #.
1. CH. ACHARD et E. PHuULpiN, Contribution à l’étude de l’envahissement des organes par les microbes pendant l’agonie et après la mort (Arch. de méd. expérim., 1° janvier 1895).