Mac THORNER (Cincinnali med. Soc
2. ScHmiDr (Ziegler's Beiträge x. path. Anat., Bd. VIII). 3, FREYHAN (Berlin. klin. Woch., 1891). — ROSENSTEIN (ibid., 1867).
l’épithélium, ou au contraire s’implanter dans le derme et les parties sous-jacentes. Sur les muqueuses à épithélium pavimenteux stratifié, le muguet est tantôt épithélial et tantôt dermique; sur les muqueuses à épithélium cylindrique, il est toujours dermique.
Dans sa forme épithéliale qu'on observe principalement sur la voûte palatine, le muguet ne dissocie que les couches les plus superficielles de l’épithélium. Dans sa forme dermique établie par Virchow, Wagner et Parrot, le revêtement épithélial et le corps papillaire peuvent être complètement détruits. La surface du derme muqueux mis à nu est recouverte de formes-levures ; le parasite envoie dans la profondeur des filaments qui s’enchevêtrent avec les éléments du derme de manière à dessiner un lacis inextricable. Les filaments qui s’enfoncent ainsi dans le derme muqueux sont entourés d’un manchon de cellules embryonnaires. Dans l’æsophage, le muguet peut gagner de proche en proche, atteindre la musculeuse et même la couche fibreuse périphérique. Sur les points de la muqueuse de l’estomac occupés par le muguet, l’épithélium cylindrique et le goulot des glandes gastriques ont disparu et à leur place on observe un mélange de débris épithéliaux et d'éléments parasitaires; au-dessous, les culsde-sac glandulaires bourrés de formes-levures ressemblent à des calebasses qu’on aurait remplies de millet. Le parasite infiltre aussi les espaces inter-glandulaires. Dans les couches superficielles on n’observe que des formes-levures ; mais à partir de la couche sous-muqueuse les formes arrondies deviennent beaucoup plus rares et l’on voit certains filaments s’enfoncer perpendiculairement dans le tissu conjonctif qui prolifère. [ls pénétrent même dans les vaisseaux et sont peut-être, dit Parrot, le point de départ des coagulations qu’on y constate.
Heller a démontré que ce développement des formes filamenteuses dans la cavité des vaisseaux n’est pas un phénomène cadavérique#. Le muguet peut donc être infectant. Les expériences de Klemperer, reprises et confirmées par MM. Roux et Linossier, sont des plus convaincantes. Ces auteurs, en injectant un ou plusieurs centimètres cubes d’une culture pure de muguet dans la veine de l’oreille d’un animal, ont obtenu une mycose rapidement mortelle et retrouvé le parasite dans la plupart des organes?. Schmorl (de Leipzig) a observé il y a quelques années un cas de muguet infectant sur une petite fille de dix ans qui avait présenté un muguet œæsophagien très intense au cours d’une dothiénentérie. Les cultures sur plaques, ensemencées avec le parenchyme de la rate et du rein, lui donnèrent le
1. HELLER (T'ageblall. d. Heidelberg-Naturforscherver., 1889). 2. KLEMPERER (Centr f[. klin. Med., 1885).
champignon du muguet associé au streptocoque et à un staphylocoque pyogène {.
Ainsi donc, le muguet, qui n’est le plus souvent qu’une stomatite bénigne et superficielle, peut forcer la barrière épithéliale, s’enfoncer dans le derme, perforer les vaisseaux et devenir le point de départ d’une infection mycotique généralisée.
Étiologie. — Le muguet est contagieux et inoculable, mais encore faut-il qu’il rencontre un organisme en état de réceptivité. L’influence du terrain a été bien mise en évidence par les remarquables expériences de Delafond ©: si l’on dépose sur la langue d’un agneau bien nourri et dont la salive est alcaline une parcelle de muguet, on obtient un résultat négatif; mais, si ce même animal est soumis à un régime débilitant (fatigue, abstinence), le muguet ne tarde pas à apparaître. Ainsi s'explique la fréquence du muguet chez les enfants en bas âge atteints d’athrepsie et de diarrhée infectieuse, chez les adultes affaiblis par une maladie cachectisante, telle que la fièvre typhoïde, la tuberculose miliaire aiguë, la fièvre puerpérale, la phtisie chronique, le diabète, le cancer et les affections chroniques des voies urinaires (Guyon). Les cas dans lesquels le muguet se développe sur un individu en apparence tout à fait sain sont exceptionnels (Brocq).
Les lésions de la muqueuse buccale favorisent également la prolifération du muguet (gingivite, ulcérations athrepsiques de Parrot).
Le champignon du muguet ne cultive pas dans la salive (Roux et Linossier). Aussi végète-t-il de préférence sur la muqueuse buccale des nouveau-nés, dont les glandes salivaires ne commencent à fonctionner que vers la fin du deuxième mois, et sur celle des malades atteints de pyrexies et de maladies cachectisantes. Dans ces différents états le lait est l'aliment habituel; pour peu qu’il séjourne dans la bouche, ce qui est fréquent par suite de la rareté et de la difficulté de la déglutition, il subit une fermentation microbienne qui donne naissance à de l’acide lactique. Cette substance, qui peut être utilisée comme aliment par le champignon du muguet, acidifie le liquide buccal et entrave par conséquent le développement des bactéries dont la prolifération exige un milieu alcalin. De là la réaction acide de la bouche sur laquelle Gubler insistait avec raison et la stomatite érythémateuse qui précède d’un ou deux jours l’apparition du muguet*.
Tout ce qui peut activer la fermentation microbienne, et en particulier le mauvais entretien des biberons et la malpr BRIEtÉ de la bouche; favorise donc le développement du muguet.
1. ScHMoRL (Centr. f. Bacleriologie, 1890), 2. DELAFOND (Gas. hebd., 1858).