‹ Manuel de médecineChapitre 9 sur 199 · BERG (Arch. f. Anat. und Physiol · texte numérisé non relu

BERG (Arch. f. Anat. und Physiol

2. GruBY (Comptes rendus de l'Acad. des sc., t. XIV, 1842). — CH. ROBIN, Hist. nat. des végétaux parasites, Paris, 1853. — QuinauAup (Arch. de physiol., 1868). — GRAWITZ (Arch. de Virchow, t. LXX). — Aupry (Revue de méd., 1887). — LAURENT (Bull. de la Soc. belge de microsc., t. XVI, 1890). — Roux et LiNossiER (Arch. de méd. expériment., 1890, p. 62 et 222). — Voir aussi l'excellente revue d’ACHALME dans la Gaz. des hôp., 1891.

3. VALLEIX, Clinique des maladies des enfants, 1838. — SEUx, Recherches sur es maladies des enfants, 1885. — Parror (Arch. de physiol., 1870).

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segments, disposés bout à bout, sont. composés d’une épaisse membrane d’enveloppe à contours lisses et parallèles, d’un protoplasma granuleux et de vacuoles probablement remplies de liquide qui prennent une coloration rosée à la lumière transmise. L’extrémité de ces segments s'articule soit avec une cellule, également allongée, soit avec un élément arrondi, identique à ceux qui comblent les mailles du lacis, soit avec deux ou plusieurs articles qui deviennent le point de départ de ramifications secondaires. Les éléments arrondis sont sphériques ou légèrement ovoïdes ; leur protoplasma plus homogène contient ordinairement une granulation brillante et mobile et souvent une vacuole.

Contrairement à l’opinion de Robin qui regardait les éléments allongés comme un mycélium et les éléments arrondis comme des spores, on sait aujourd’hui que ces deux aspects différents représentent l’un et l’autre l’état adulte du parasite et qu’ils peuvent se reproduire tous deux par bourgeonnement ou scissiparité. Il existe d’ailleurs tous les intermédiaires entre les formes arrondies ou formeslevures et les formes allongées ou formes filamenteuses.

Le champignon du muguet se cultive facilement sur la plupart des milieux usuels. Si l’on emploie la gélatine faite avec l’eau de touraillon à 1 pour 100 qui, grâce à sa faible acidité, gêne le développement des microbes de la bouche, on obtient d'emblée des cultures pures d’une grande puissance végétative. Mais les milieux alcalins sont préférables quand le champignon du muguet n’est pas en concurrence vitale avec d’autres micro-organismes. Sur la carotte, l’Oidium albicans donne rapidement des cultures d’un blanc éclatant et immaculé.

Les spores entrevues par Grawitz et décrites par lui sous le nom de formes durables ont été bien étudiées par MM. Roux et Linossier. Ces auteurs les ont obtenues en ensemençant le muguet sur le liquide sucré et exclusivement minéral de Nægeli. A l'extrémité d’un chapelet de formes-levures gorgées de glycogène apparaît une sphère de 14 à 20 &, dont le protoplasma bosselé se résout en un grand nombre de granulations entourant un globule central plus volumineux. Ce globule est la véritable spore, qui est mise en liberté par la déhiscence de l’enveloppe ou chlamydospore.

Le parasite du muguet est très avide d’oxygène, il est strictement aérobie. Ses aliments par excellence sont Le glucose et la peptone. C’est un ferment alcoolique faible, ce qui le distingue des levures.

Quand le parasite se trouve dans des conditions favorables à son développement, il se présente à peu près exclusivement sous l’aspect de formes-levures ; quand, au contraire, sa végétation est entravée, il

affecte surtout la forme de filaments. Aussi cette dernière estelle prédominante dans les cultures sur milieux liquides où l’oxygène est en quantité insuffisante, tandis que la forme-levure constitue en majeure partie les colonies situées à la surface des milieux solides.

La place qu’il faut assigner à l’organisme du muguet dans la classification botanique n’est pas encore déterminée. En tout cas, ce n’est pas un Oidium, genre dont la caractéristique est l’existence de spores endogènes contenues dans le mycélium. Ce n’est pas non plus une levure vraie ou Saccharomyces, car il ne se reproduit pas par asques ou ascospores et n’a qu’un pouvoir fermentatif peu énergique. Plaut pense qu’il faut le rattacher aux Monilia ‘.

Anatomie pathologique. — Le muguet se cantonne ordinairement dans la cavité buccale, mais il peut occuper les autres parties des voies digestives. Il gagne souvent le pharynæx par extension progressive, mais parfois il y apparaît d'emblée. Damaschino et M. Duguet ont attiré l'attention sur le muguet primitif du pharynx dans la fièvre typhoïde et sur sa valeur pronostique*.

Il envahit très fréquemment l’œsophage, soit dans toute sa longueur, soit dans ses deux tiers inférieurs seulement. S'il est discret, on ne voit que quelques grains arrondis ou allongés suivant l’axe du conduit œsophagien; s’il est confluent, ce qui est plus fréquent, il forme un revêtement complet qui adhère intimement à la muqueuse sous-jacente rouge et exulcérée. Un filet d’eau ne désagrège que les couches superficielles; les profondes offrent alors une surface irrégulière, hérissée de lamelles feuilletées qui les ont fait comparer à l'écorce de l’érable (Parrot). Inférieurement le muguet æsophagien se termine au voisinage du cardia par un feston caractéristique.

L'existence du muguet de l’estomac a été démontrée d’une manière irréfutable par les examens microscopiques de Parrot. Il s’y présente sous la forme de petits grains arrondis, de couleur jaune cire, atteignant à peine le volume d’un grain de millet et déprimés au centre, ce qui leur donne l’aspect de godets faviques.

Le muguet du cæœcum est exceptionnel. Pourtant Valleix, Seux, Robin et Parrot ont trouvé dans le cul-de-sac cæcal des plaques brunes et des mamelons jaunâtres constitués par le parasite.

Le champignon du muguet peut aussi végéter sur certaines muqueuses exposées à l’air libre, telles que celles de la oulve, du prépuce et du gland*. Gela s’observe principalement chez les glycosu-

4. PLAUT, cité par COSTANTIN, Les mucédinées simples, Paris, 1888. 2. DAMASCHINO (Soc. médic. des hôp., 1880). — Duuer (ibid., 1882 et 1883). 3. Guizint (Centr. f. Gynæk., 1891).

an

riques dont l’urine est un bon milieu de culture pour ce parasite. Le muguet des parties génitales est l’un des nombreux indices qui peuvent faire dépister un diabète latent. .

L'existence du muguet de l'anus n’est pas démontrée. Parrot n’a jamais pu déceler le parasite spécifique dans les amas épithéliaux qui recouvrent parfois cette région.

Les muqueuses recouvertes d’un épithélium vibratile ne sont pas envahies par le muguet, aussi les voies respiratoires sont-elles généralement respectées. La production parasitaire s’arrête exactement au niveau de l’orifice postérieur des fosses nasales et de l’infundibulum laryngé. Mais cette règle souffre quelques exceptions. Mac-Thorner a vu le muguet tapisser tout le pharynx nasal, y compris le pourtour de l'orifice postérieur des narines et la région de l’apophyse basilaire qui sont revêtus d’un épithélium vibratile‘. Schmidt, sur cinq cadavres d'enfants, a noté dans l’œsophage, le larynx, la trachée et les bronches la présence d’une épaisse fausse membrane constituée par une abondante végétation de l’Oidium albicans?. Mais le plus habituellement c’est seulement au niveau des cordes vocales inférieures dont l’épithélium est pavimenteux que se greffe le parasite ; il s’y montre sous la forme de grains d’un blanc opaque, arrondis ou allongés suivant l’axe de l’orifice glottique.

Le muguet peut aussi se développer dans les alvéoles pulmonaires et les infundibula qui sont revêtus d’un épithélium mince et non vibratile. Parrot a trouvé, dans le parenchyme pulmonaire d’un enfant athrepsié, un nodule du volume d’un noyau de cerise, jaunâtre à la coupe, et formé de cellules globuleuses et de filaments qui avaient dissocié la trame du poumon. Chez un jeune homme qui présenta les symptômes d’une pleuro-pneumonie d’abord du côté gauche, puis du côté droit, Freyhan trouva dans l’expectoration sanguinolente, qui avaitune odeur de levure fraiche, de nombreux grumeaux grisâtres ou verdâtres, de consistance molle et pultacée, constitués presque exclusivement par le champignon du muguet. Les crachats, qui ne contenaient ni bacilles de la tuberculose, ni pneumocoques, conservérent leur odeur de levure fraîche et continuèrent à renfermer des grumeaux Caractéristiques jusqu’à complète guérison. Freyhan ajoute que Rosenstein a publié l'observation a’une jeune fille atteinte d’une bronchite putride qui guérit après avoir expectoré des amas cryptogamiques constitués par l’Oidium albicans®.

Le champignon du muguet pénètre plus ou moins profondément dans les tissus. Il peut ne pas dépasser les couches superficielles de

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