‹ Manuel de médecineChapitre 106 sur 199 · DE SANTI, De l’entérile chronique · texte numérisé non relu

DE SANTI, De l’entérile chronique

comme la plupart des cachexies, peut en effet provoquer une entérite chronique (J. Simon) qui est imparfaitement sensible à la médication quinique.

La stase dans le système porte, qu’elle soit due à une affection péritonéo-hépatique ou traduise une insuffisance cardiaque, peut entraîner une hypérémie intestinale habituelle, des exsudations, des lésions dégénératives des glandes, qui arrivent à constituer un véritable complexus d’entérite chronique.

Je mentionnerai encore les inflammations intestinales qui survivent à certaines entérites aiguës spécifiques (rougeole, fièvre typhoïde). C’est peut-être, dans la dothiénentérie, une véritable évolution éberthienne chronique. En tout cas, par sa ténacité désespérante, l’affection peut amener la mort dans le marasme !.

Il est une dernière variété qui tient dans le groupe une place particulière, c’est l’entérite chronique muco-membraneuse. Elle sera étudiée ci-dessous (p. 511).

Ainsi des causes multiples et très différentes peuvent provoquer une entérite chronique. Leur mode d'action varie, mais peut se ramener à un petit nombre de termes : contacts nocifs, absorption ou élimination de produits irritants, rôle considérable des fermentations anomales et de l’intoxication microbienne, qu’il s’agisse d'espèces bactériennes introduites de l’extérieur, ou des microbes habituels de l'intestin, devenus accidentellement plus virulents. Le mauvais fonctionnement des glandes annexes vient communément en aide à ces diverses causes.

Anatomie pathologique. — Les lésions s'étendent rarement à tout le tractus intestinal ; ordinairement, elles se limitent à l’intestin grêle ou au gros intestin. Parfois même, il s’agit d’une entérite partielle, duodénite, typhlite, colite. D’une manière générale, le segment inférieur de l'intestin est le plus envahi.

Extérieurement l'intestin semble normal, ou présente quelques zones de vascularisation. Tantôt il est affaissé, raccourci et montre une paroi plus épaisse et dure. Ailleurs le calibre est augmenté, et la paroi mince et pâle. Des portions rétrécies peuvent alterner avec des dilatations.

Du côté interne, la muqueuse offre une vascularisation en plaques ou des taches pigmentaires. Elle est épaissie, plissée, mamelonnée et montre même des saillies polypiformes. Les mamelons représentent des nodules inflammatoires occupant les villosités hypertrophiées ou la muqueuse elle-même, des saillies psorentériques ou des glandes kystiques. Assez souvent, on observe un certain degré de tuméfaction

Page 1