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HUTINEL (Thèse d'agrégat

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ENTÉRITES CHRONIQUES 497

et de vascularisation des plaques de Peyer. Ailleurs, l’épaississement de la muqueuse est plus uniforme, les villosités ont disparu, et la surface enflammée est généralement lisse. Les plaques pigmentaires sont parfois limitées au sommet des saillies précédentes ou forment collerette autour des follicules tuméfiés. Une couche de mucus plus ou moins concret ou de muco-pus tapisse les parties les plus altérées. |

Les ulcérations sont fréquentes. Le plus souvent, tout se borne à des érosions superficielles très étendues ; ailleurs, il existe des ulcères plus profonds occupant toute l'épaisseur de la muqueuse ; ils prennent le type folliculaire, cupulaire, serpigineux. Lorsqu'ils siègent dans l’iléon, ils n’ont aucune relation constante avec les plaques de Peyer (de Santi). On note parfois des plaques de gangrène (Damaschino).

Au microscope, toute l’épaisseur de la muqueuse apparaît infiltrée d'éléments lymphatiques, dont les nappes ou amas affleurent la surface ; celle-ci est privée de son épithélium et de ses villosités. Les follicules clos sous-muqueux sont hypertrophiés ; ils soulèvent la muqueuse qui s’amincit à leur surface, et présentent parfois à leur centre l’ilot nécrosique, qui prélude au développement de l’ulcère folliculaire. Les glandes sont comprimées, étouffées, envahies par linfiltration lymphoïde. Leur épithélium présente la tuméfaction muqueuse ou la nécrose ; la dégénérescence kystique est commune. Ailleurs l’irritation glandulaire provoque des bourgeonnements adénomateux, qui se développent irrégulièrement dans la muqueuse ou forment une saillie circonscrite, susceptible de se pédiculiser pour constituer un adénome polypeux. Les vaisseaux sont souvent enflammés, thrombosés, ou noyés dans un extravasat globulaire, principalement chez les alcooliques ; ici la lésion des parois vasculaires favorise la production des plaques hémorrhagiques et pigmentaires (Wagner). La dégénérescence amyloïde des vaisseaux n’est pas rare. La musculeuse est normale ou atrophiée ; dans le cas cité plus haut, d’entérite avec occlusion paralytique, elle était le siège d’une stéatose très prononcée.

Le contenu intestinal liquide, abondant, fétide, peu coloré ou prenant une faible teinte mélænique à la suite d’hémorrhagies, se montre, au microscope, surtout constitué de débris cellulaires, de leucocytes, de cellules muqueuses, de cristaux gras et de bactéries. Aucune de ces dernières n’a de spécificité reconnue. De même, l’anguillule de Normand ne saurait caractériser la diarrhée de Cochinchine. Les globules rouges ou le pigment hématique se retrouvent exceptionnellement.

Certaines variétés d’entérite chronique offrent quelques particu-

larités. La duodénite est souvent associée à une gastrite de même forme ; elle pourrait retentir sur les voies biliaires et pancréatiques. Les ulcérations y sont fréquentes, mais se distinguent aisément de l’ulcère simple duodénal, elles peuvent prendre le type de l’érosion hémorrhagique {.

Dans l’entérite urémique, un mucus épais et visqueux masque les lésions pariétales : plaques ardoisées, mamelons inflammatoires, ulcérations serpigineuses ou étoilées, à bord rouge vif, eschares jaunûtres.

Chez les enfants, l’atrophie de la muqueuse est fréquente (Nothnagel); des exsudats concrets et diphtéroïdes et le muguet du cæcum appartiennent plus spécialement à l’entérite de l’athrepsie (Parrot).

Dans la diarrhée de Cochinchine, l'iléon et le gros intestin sont souvent épaissis, lardacés, comme œdémateux. tantôt non ulcérés, plus rarement parsemés d’ulcères furonculeux ou en jeu de patience.

L’entérite muco-membraneuse occupe surtout le gros intestin ; elle correspond à une inflammation catarrhale superficielle et presque exclusivement glandulaire.

Symptômes. — Une diarrhée tenace et durable constitue le signe dominant.

La fréquence des évacuations est variable : certains malades ont jusqu’à dix ou douze selles par jour ; d’autres n’en ont qu’une, mais totalement liquide. Quand les évacuations sont fréquentes, elles prédominent souvent la nuit, ou bien elles sont surtout diurnes, mais ont alors une relation évidente avec l’ingestion des aliments ou des boissons. L’évacuation, précédée ou non de coliques, n’est douloureuse que dans les cas de lésions recto-anales ; le produit évacué est uniformément fluide, grisàtre, marbré de filaments blanchâtres, mêlé de masses muco-glaireuses. Si l’évacuation suit immédiatement l’ingestion alimentaire, on reconnaît souvent dans les selles des aliments non digérés, et ceci se produit également loin des repas, et avec une certaine élection: il y a de la lientérie. La fétidité des selles est prononcée et peut aller jusqu’à l’odeur de macération anatomique ou de gangrène. L'apparition de grandes hémorrhagies avec rejet de sang en nature est exceptionnelle, mais assez souvent la diarrhée prend durant quelques jours une teinte faiblement mélænique. On a vu qu’au microscope ce sont les débris cellulaires et les leucocytes qui dominent; on n’a déterminé jusqu'ici aucun élément microbien spécifique.

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