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KiILAWAGA (Zeitschr. f. klin Med., Bd. XVIIT, p

muqueuse. Il y aurait, en conséquence, multiplication et desquamation anomale des éléments épithéliaux, et quelquefois production d’ulcérations superficielles. Enfin on peut constater des amas de mucus dans les conduits sécréteurs et les cellules mêmes des glandes. Peu d'auteurs admettent une inflammation vraie de la muqueuse ; citons cependant l'opinion de Wannebroucq, qui a décrit des lésions interstitielles étendues à presque toute l'épaisseur de la paroi intestinale, et pouvant entrainer son ulcération et sa perforation. Ces recherches n’ont pas, jusqu'ici, reçu confirmation; et il est probable que les lésions trouvées et décrites par Wannebroucq se rapportent à une autre forme d’entérite que celle qui nous occupe ici. Peut-être en est-ce une complication ?

Étiologie. — La maladie est plus fréquente chez l’adulte, mais on la rencontre chez le vieillard et chez l'enfant, voire même chez le nouveau-né. Les femmes sont surtout atteintes (dans la proportion de 80 pour 100). On sait peu de chose des causes de l'affection. On a invoqué des causes banales, le froid, les écarts de régime. Quelques auteurs ont fait jouer un certain rôle à l’hérédité. D’autres ont fait intervenir l’arthritisme, l’herpétisme. Enfin on a cité de prétendus cas de contage.

Ce qui est plus certain, c’est que la maladie survient chez des névropathes de diverses qualités et qu’elle coïncide fréquemment avec de l’atonie gastro-intestinale, de l’entéroptose, de la dilatation du côlon, des hémorrhoïdes, des hernies, et chez les femmes avec des affections utéro-ovariennes : toutes affections capables de créer des obstacles au cours des matières intestinales. Aussi attribue-t-on à la constipation un rôle pathogénique capital dans cette affection : les matières arrêtées dans le gros intestin irritent la muqueuse qui s’exfolie et sécrète du mucus en plus grande quantité. Gette explication est satisfaisante dans la plupart des cas; mais dans d’autres, où la constipation manque, il est peut-être utile de faire intervenir une névrose sécrétoire spéciale.

Enfin il faut tenir compte de l’élément microbien, très abondant dans les muco-membranes, pour expliquer la genèse des accidents d’allure infectieuse qui surviennent comme épisodes aigus dans le cours de la maladie.

Symptômes. — Les symptômes qui accompagnent l’entérite muco-membraneuse sont des plus variables comme nature et comme intensité. Parfois même ils manquent tout à fait, et c’est par hasard que les malades constatent, dans leurs garde-robes, la présence du mucus. Plus souvent on observe un ensemble de phénomènes qui se montrent sous forme de crises, de durée variable, dans l'intervalle desquelles ils s’amendent ou disparaissent.

Dans certains cas, les symptômes sont fort légers. Les malades se plaignent de coliques assez vives, s’accompagnant de sensibilité à la pression sur tout le trajet du gros intestin. Ils ont une constipation opiniâtre; leurs matières sont dures, sèches, ovillées, ayant la forme de balles rondes ou ovoïdes, ou bien elles sont moulées sur les plis de l'intestin. On y voit adhérer plus ou moins intimement du mucus sous forme de glaires, ou de concrétions blanchätres, plus rarement de pseudo-membranes. La constipation alterne avec de véritables débâcles de matières demi-molles, ou même un flux diarrhéique durant un temps variable, et formé de matières fécales liquides, mélangées d’une grande quantité de mucus. Ge flux diarrhéique peut même se compliquer de symptômes dysentériformes, avec ténesme et selles muqueuses teintées de sang (forme dysentérique de Lasègue). Le météorisme abdominal est toujours accentué. Ces symptômes locaux s’accompagnent de phénomènes généraux peu prononcés : malaise, courbature, anorexie, nausées.

Dans les crises plus intenses, les troubles s’accentuent. Elles débutent par quelques prodromes. La langue blanchit, l'appétit se perd, les digestions sont lentes, et les malades se plaignent de douleurs péri-ombilicales se montrant spontanément trois ou quatre heures après les repas, et réveillées par la pression. À la période d'état, les douleurs sont extrêmement vives, arrachant des cris aux malades. Elles siègent en différents points du ventre, de préférence dans la fosse iliaque droite; elles irradient en différentes directions. Le ventre est ballonné, tendu, très sensible à la pression. Il existe en même temps des phénomènes généraux : courbature, malaises, frissonnements, nausées, vomissements, qui viennent encore accroître les souffrances des malades. Le pouls est fréquent, la peau chaude; mais la température dépasse rarement 38 degrés. La durée de la crise est variable. Elle peut durer plusieurs jours avec des alternatives de rémission et d’exacerbation. Au bout de trois à huit jours, les malades ont une débâcle stercorale, suivie de l’évacuation de masses pseudo-membraneuses. Puis ils se remettent peu à peu, et tout rentre dans l’ordre jusqu’à ce qu’une nouvelle crise éclate.

Dans quelques cas exceptionnels, les symptômes ont une allure extrêmement grave. C’est ainsi que parfois la maladie prend le masque de l’occlusion intestinale : face grippée, ventre ballonné, rétention absolue des matières fécales et des gaz, vomissements bilieux alimentaires, fécaloïdes ; ces symptômes alarmants disparaissent après l'expulsion d’une grande quantité de mucosités. Ou bien la maladie simule une fièvre typhoïde : début par des courbatures, du malaise, de la céphalalgie, des épistaxis; le ventre est ballonné, tendu, douloureux sur le trajet du gros intestin, surtout dans la fosse iliaque

sente

droite : la fièvre atteint 38°,5 à 39°,5. La maladie se distingue par une constipation opiniâtre, souvent accompagnée de ténesme très pénible ; enfin tout se termine par une débâcle.

La crise peut être unique, ne jamais se reproduire, la guérison être définitive. C’est la très grande exception. Les rechutes et les récidives sont, au contraire, de règle. Elles surviennent sous l’influence de causes diverses, mais souvent aussi sans causes.

Entre deux crises la santé est bonne, la constipation moins intense, les selles normales, sans mucus. Mais dans certains cas les rémissions sont incomplètes ou de courte durée: les crises sont subintrantes et, dans le court intervalle qui les sépare, il persiste des douleurs sourdes, l'intestin reste sensible à la pression, la constipation est opiniâtre. Au bout de peu de temps, les malades deviennent hypochondriaques, neurasthéniques, et chez eux se développent une série de phénomènes nerveux qui viennent encore aggraver leur état. Parmi ceux-ci, il importe de mentionner la dyspepsie sous l’une ou l’autre de ses formes, qui met obstacle à l'alimentation. Peu à peu les malades maigrissent, perdent leurs forces sans que, dans la plupart des cas, la vie soit sérieusement compromise.

Il existe cependant des cas graves : tels ceux que cite M. Wannebroucq qui a vu succomber des malades avec des hémorrhagies intestinales, des évacuations muco-purulentes et un état cachectique, qui auraient pu faire croire à un cancer de l'intestin. Nous avons observé avec M. Debove un cas de ce genre. La maladie avait débuté brusquement chez un homme d’une santé habituellement parfaite. Elle s'était caractérisée, au début, par des crises très douloureuses survenant environ tous les quinze jours, mais dans l'intervalle desquelles le patient éprouvait des douleurs abdominales sourdes. On constatait dans les selles des muco-membranes en grande abondance. Après quelques mois seulement les crises se montrèrent plus intenses et se rapprochèrent de façon à devenir subintrantes, les muco-membranes furent expulsées en quantité considérable; de plus, peu à peu, mais assez rapidement, le malade pâlit, maigrit, perdit ses forces, fut pris de diarrhée continuelle et tomba dans un état de cachexie grave. On a peu cité de cas semblables. Peut-être faut-il en attribuer la raison à ce qu’en l’absence d’autopsie, ils ont été confondus avec les cancers intestinaux.

Le diagnostic consiste : 1° à reconnaître la nature des matières muqueuses évacuées; 2° à interpréter les symptômes qui accompagnent l’entérite.

On a confondu les pseudo-membranes avec des tænias ou des ascarides, des membranes d’hydatides, des fragments d’intestin

expulsés à la suite d’invagination; dans certaines formes accompagnées de ténesme, le mucus rendu dans les selles a été pris pour les glaires de la dysentérie. Toutes ces erreurs seront faciles à éviter par l'examen attentif des masses muqueuses.

L'intensité des douleurs et leurs localisations diverses peuvent faire songer à la gastralgie, à l’entéralgie, aux coliques hépatiques, néphrétiques, aux coliques appendiculaires, ete. Nous avons vu qu'il existe des cas où les symptômes simulent l’embarras gastrique, la fièvre typhoiïde, l’étranglement interne. Enfin, à la période terminale, on sera tenté de rattacher les troubles digestifs et l’état cachectique qu’offrent certains malades à une affection cancéreuse de l'estomac ou de l'intestin.

Traitement. — Les indications à remplir sont les suivantes :

1° Évacuer les matières stercorales et les produits pseudo-membraneux : pour cela on prescrira une ou deux fois par senraine des purgatifs doux en petite quantité : huile de ricin, huile d’olive, graines de lin ou de psyllium, feuilles de séné (2 à 4grammes); on ordonnera tous les jours des lavements ou mieux on pratiquera de grands lavages de l'intestin avec 2 litres d’une solution tiède d’eau de chaux, d’eau boriquée, de tannin.

2° Calmer les douleurs : l’opium et la morphine provoquent la constipation qu'il faut éviter à tout prix. M. G. Sée conseille de les remplacer par les bromures alcalins, l’extrait de cannabis indica (3 à 5 centigrammes), la cocaïne, le menthol. On réservera la piqûre de morphine pour les crises très douloureuses.

3° Combattre les fermentations intestinales et les auto-intoxications résultant de la stase des matières. Les grands lavages de l’intestin répondent parfaitement à cette indication. On peut considérer comme adjuvants utiles les antiseptiques internes, tels que le bétol, le benzo-naphtol, le salicylate de bismuth, l'acide salicylique (20 à 40 centigrammes), le borax, le phosphate de soude, etc.

L'action des médicaments sera aidée par un traitement général hygiénique : une alimentation saine, l'emploi du massage et de l’'hydrothérapie, certaines cures aux eaux minérales de Luchon, Plombières, Vichy, Carlsbad, etc., auront souvent sur la maladie une heureuse influence.

M. SOUPAULT.

Étiologie. — L’étiologie vraie du cancer de l’intestin, comme celle de toutes les affections cancéreuses, est inconnue. C’est une maladie plus fréquente chez l’homme que chez la femme; elle s’observe surtout après quarante ans. Cependant on a signalé le cancer de l'intestin dès la septième année (Erb), chez de tout jeunes enfants (Widerhofer). Après les cancers de l’estomac et du foie, c’est le plus commun de tous les cancers viscéraux. Presque toujours il est primitif, mais il peut aussi n’être que la propagation à l'intestin du cancer d’un organe voisin : utérus, rein, vessie.

Anatomie pathologique. — Le cancer a été observé sur toute la longueur de l'intestin. Son siège de prédilection est le rectum, puis viennent, par ordre de fréquence, VS iliaque, le côlon et le cæcum. La valvule iléo-cæcale ! est très souvent le point de départ d'un cancer qui se propage rapidement, soit au côlon, soit à l'intestin grêle. D’après Haussmann?, sur 280 cas de cancer intestinal, celui

de l'intestin grêle n’a été signalé que 98 fois : alors on le rencontre fréquemment au niveau du duodénum.

Cette fréquence plus grande du cancer en des points de plus en plus rapprochés du rectum tiendrait, d’après la plupart des auteurs, aux modifications des matières fécales; fluides dans l'intestin grêle, elles tendent à devenir solides dans le gros intestin et déterminent ainsi une irritation de la paroi qui pourrait devenir le point de départ du cancer; ainsi s’expliquerait aussi l’envahissement plus fréquent des angles et des coudures normales de l'intestin.

Le cancer se présente sous des aspects macroscopiques très différents. Tantôt c’est un simple noyau, une plaque dure infiltrée dans l'épaisseur des tuniques intestinales; tantôt il est constitué par un anneau occupant tout le pourtour de la paroi, et qui transforme l’intestin en un tube rigide sur une hauteur de plusieurs centimètres. Il peut en résulter une sténose assez marquée pour ne pas permettre le passage d’un crayon ou d’une plume d’oie. Quelquefois le cancer occupe seulement un segment de la paroi intestinale : il n’y à pas alors de rétrécissement.

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