DAGRON (Thèse de Paris
femme. Ils pénètrent presque toujours dans l'intestin par une fistule cystico-colique ; rarement ils s'engagent dans le canal cholédoque et vont obstruer le duodénum. On les trouve, soit dans l'intestin grêle, où ils sont arrêtés par un spasme de la tunique musculaire (Besnier, Merklen), soit dans la portion terminale de l’iléon, à un ou deux centimètres de la valvule iléo-cæcale qu’ils n’ont pu franchir.
D. PSEUDO-ÉTRANGLEMENTS. — Signalés autrefois par Henrot, ilsont été étudiés récemment par M. Thibierge et par M. Poupon!. Sous ce nom on désigne les cas où l’occlusion se produit sans qu’il y ait d’obstacle mécanique au cours des matières. C’est ainsi qu’à la suite de la réduction d’une hernie étranglée, qu’au cours de certaines péritonites généralisées ou circonscrites, d’une typhlite, d’une entérite « frigore, on peut voir survenir des accidents d’occlusion comparables à ceux de l’étranglement interne vrai. Des faits de ce genre s’expliquent par un spasme, ou par une paralysie d’une portion limitée de l’intestin?. La première hypothèse, défendue par Briquet et M. Jaccoud, ne se concilie guère avec la durée quelquefois assez longue des accidents; dans la deuxième, les couches musculaires de l’intestin seraient paralysées, soit du fait de l’inflammation des tuniques susjacentes (loi de Stokes), soit plutôt à la suite d’un réflexe paralysant (Pflüger) ayant son point de départ dans les filets nerveux sensitifs.
À ce groupe appartiennent encore les occlusions consécutives aux grandes opérations pratiquées sur l’abdomen.
Pathogénie.— Parmi les accidents de l’occlusion, quelques-uns ont une origine nerveuse indiscutable ; tels sont la douleur vive, quelquefois syncopale, qui marque le début de l’étranglement interne et les vomissements; ils sont comparables à ceux qu’on observe après une contusion grave de l’abdomen, et, comme eux, relèvent de l’irritation des nerfs splanchiques qui retentit sur le plexus cœliaque.
Les signes ultérieurs, collapsus, algidité, petitesse du pouls, complications viscérales paraissent aujourd’hui devoir être attribués, non plus au shock nerveux, mais à une infection ou à une intoxicution. M. Verneuil, dès 1861, puis M. Humbert pensèrent que les accidents de la hernie étranglée ainsi que ceux de l’occlusion tenaient à une résorption de produits putrides, à une stercorémie, la distension du viscère en amont de l'obstacle expliquant le passage forcé des matières septiques dans la circulation. La recherche des micro-organismes est venue confirmer cette manière de voir. On a retrouvé le bacteriui
1. Poupon, Des pseudo-étranglements par péritonite primitive (Thèse de Paris, 1886). :
2. CHERCHEWSKI, Contribution à l'étude des névroses de l'intestin (Rev. de méd., 1883).