PILLIET, loc. cit
2. M. Nicolle a modifié de la façon suivante l’ancienne méthode de Kühne : on colore par le bleu phéniqué-de Kühne environ une minute, puis on traite la coupe par une solution aqueuse de tannin au dixième, on peut ainsi déshydrater facilement à l’algool.
sont en petit nombre à l’état isolé, dans les mailles de la pulpe, rarement dans les corpuscules; ils se présentent d'ordinaire sous forme de véritables colonies, au milieu desquelles on distingue encore quelquefois des cellules nécrosées; ces foyers siègent le plus souvent près de la capsule ou dans les mailles de la pulpe, presque toujours en dehors des corpusecules; autour de ces foyers on trouve quelquefois des cellules en état de multiplication indirecte (Cornil et Babès), et le plus souvent, des plaques de nécrose dans lesquelles, au milieu de celiules à contours mal définis et prenant mal les colorants, on rencontre en grand nombre des noyaux souvent déformés et des grains ayant, d’après Cornil et Babès, les mêmes réactions colorantes que les bacilles; ces foyers bactériens sont formés par le bacille d'Eberth que l’on peut isoler pendant la vie par ponction, ou après la mort, mais aussi par le bacterium coli commune qu'on ne sait différencier du bacille typhique sur les coupes; on peut encore rencontrer, soit sur les coupes, soit dans les cultures, des microbes d'infection secondaire ou associée, streptocoque, staphylocoque, etc.
Dans le typhus exanthématique on n’a signalé que des lésions banales de congestion intense, pouvant aller jusqu’à l’hémorrhagie. MM. Dubief et Bruhl{ ont noté la fréquence assez grande d’infarctus dans lesquels ils ont pu colorer de très nombreux microbes.
Dans la fièvre récurrente, les lésions portent surtout sur le système lymphatique; elles ont été bien étudiées par Roudneff en 18170, par Ponfick en 1874, et plus récemment par Metchnikoff ? et Soudakewitch $.
La rate est cinq à six fois plus grosse que normalement ; sa capsule fibreuse est tendue, parfois épaissie par de la périsplénite; la pulpe est d’un rouge vif, souvent diffluente, semée de petits points gris ou jaunâtres, se laissant facilement énucléer.
Sur les coupes on observe une hypertrophie des corpuscules de Malpighi et des amas leucocytiques disséminés dans la pulpe de la rate; ces derniers apparaîtraient à chaque nouvel accès de la maladie pour entrer ensuite en régression ; ces amas que Roudneff appelait lymphomes inflammatoires sont considérés par Ponfick comme pathognomoniques de la fièvre récurrente. Ils sont tantôt petits et mal limités, tantôt volumineux, tranchant nettement sur la pulpe environnante; ils sont formés de microphages très serrés et de quelques grands macrophages contenant en grand nombre l’élément
1. DuBier et BRUHL (Archives de médecine expérimentale, 1894).
2. METCHNIKOFF, Théorie des phagocytes (Ann. de l'Insl. Pasteur, 1881).
3. SoupAKEwITCH, Recherches sur la fièvre récurrente (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1891)
causal de la fièvre récurrente, le spirochæte d’'Obermeier. Ces petits foyers peuvent se nécroser et dans certains cas on rencontre dans le parenchyme de véritables petites collections purulentes, quelquefois même des abcès plus considérables, secondaires dans ce cas à des infarctus.
Nous ne dirons qu’un mot des lésions que l’on rencontre dans les autres maladies infectieuses, elles sont pour la plupart mal connues.
Dans la pneumonie, dans l’érysipèle, tout au moins dans les formes accompagnées d'infection sanguine, dans certaines formes d'infection puerpérale, la rate est volumineuse, diffluente, et l’on y retrouve les doubles lésions de congestion et de multiplication cellulaire que nous avons étudiées dans la fièvre typhoïde ; enfin, l’ensemencement de milieux appropriés avec la pulpe de l’organe et quelquefois l'examen des coupes permettent de déceler les micro-organismes des maladies causales ; dans ce dernier cas, on trouve souvent les microbes groupés en amas disséminés dans les mailles de la pulpe, toujours en dehors des corpuscules.
Dans la diphtérie, dans les fièvres éruptives, surtout dans la scarlatine et la variole graves, dans la suette miliaire, la rate est souvent volumineuse; mais cette hypertrophie est loin d’être constante et il est difficile d'établir des règles à ce sujet.
Nous avons vu que dans le choléra la rate était plutôt diminuée de volume qu'hypertrophiée; mais nous ne connaissons pas les modifications que les toxines cholériques apportent à la structure de l'organe.
Dans la grippe, d’après Kouskow ! qui en a examiné quarante cas, la rate est le plus souvent diminuée de volume; la coupe est sale, d’un gris violet, avec des taches rouges; la pulpe est molle, se détache facilement, les travées et les corpuscules de Malpighi sont à peine appréciables, les hémorrhagies sont fréquentes et l’on trouve souvent des foyers de nécrose, de la desquamation de l’endothélium vasculaire avec oblitération des vaisseaux.
Nous étudierons au chapitre de la Rate dans les maladies infectieuses chroniques les lésions de cet organe, dans la fièvre intermittente et dans la granulie, lorsque nous nous occuperons de l’impaludisme et de la tuberculose en général.