Hess (Arch. de Virchow
4. GAMALEIA, Sur la destruction des microbes dans les organes des fébricitants (Ann. de l’Inst. Pasteur, mars 1888).
M. Metchnikoff{ a repris ces expériences; il a vu, chez le rat blanc mort charbonneux, un grand nombre de bactéridies contenues dans l'intérieur des phagocytes dela rate et du foie, surtout dans les grands macrophages de la pulpe splénique où l’on voit les bactéries souvent entourées de vacuoles, et prenant mal les colorants.
Les travaux de Martinotti et Barbacci® sur linfection charbonneuse expérimentale montrent aussi cette même localisation des bactéries dans la pulpe; ces auteurs signalent en outre une prolifération cellulaire active, dans les follicules avec des figures mitosiques, des amas pigmentaires et des foyers de nécrose.
Un récent mémoire de Wérigo * semble par contre retirer en partie à la rate, pour les attribuer au foie, les fonctions phagocytaires.
Wérigo prend comme base de son travail le développement de l'infection charbonneuse chez le lapin et étudie comparativement le foie et la rate aux divers stades de l'infection. D’après lui, les bactéridies injectées dans le sang sont arrêtées principalement par le foie, soit directement, soit indirectement, elles sont englobées par les macrophages#. La rate n’arrête que relativement peu de bactéries et le rôle joué par les cellules de la pulpe dans cette destruction est très faible, en comparaison du rôle important des cellules endothéliales du foie.
La lutte est si faible dans la rate que les bactéries l’emportent rapidement sur les cellules de la pulpe et que la rate devient un véritable centre de formation de bactéries; pendant un certain temps les leucocytes polynueléaires se chargent des bactéries pourles porter au foie, mais les leucocytes sont vaineus à leur tour et les macrophages hépatiques restés seuls pour la lutte ne peuvent suffire à détruire les bactéries formées dans la rate, et l'organisme est envahi; on trouve alors la rate remplie de bactéries ; tout le tissu, sauf les corpuscules de Malpighi, est transformé en un enchevêtrement continu de bactéridies.
Si, d’après ces divers travaux, on voit que la rate joue un rôle dans la phagocytose, ce rôle semble souvent restreint et même, d’après le travail de Wérigo, le foie serait un organe de protection beaucoup plus efficace que la rate.
1. METCHNIKOFF, Études sur l’immunité (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1890).
2. MARTINOTTI et BARBACCI (Centralblatt f. allg. Pathol., 1890).
3. WÉRIGO, Développement du charbon chez le lapin (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1894).
4. Les bactéridies, comme les particules de carmin, sont absorbées par les leuco= cytes de la circulation, ceux-ci, arrivés dans le foie, sont à leur tour englobés par les cellules endothéliales des capillaires qui jouent le rôle de macrophages.
3° Arguments tirés de l’ablation de la rate chez les animaux et de leur résistance à l'infection après la splénectomie.
L’ablation de la rate est facile chez les animaux, qui souvent à la suite de cette opération ne sont même pas malades; aussi semble-t-il qu’on puisse facilement étudier les modifications qui se produisent au cours de l'infection ou dans les phénomènes de l’immunité chez les animaux dératés, et cependant ici encore règne la plus Fente confusion.
Dès 1888, M. Roger! extirpe la rate à un certain nombre de lapins, puis au bout de quelques jours leur injecte dans les veines quelques gouttes d’une culture charbonneuse plus ou moins virulente; mais les résultats sont discordants, tantôt les animaux dératés périssent avant les témoins, tantôt ils succombent après eux.
Kourloff?, la même année, à la suite d’inoculations sous-cutanées de microbes pathogènes et non pathogènes, conclut que la rate ne joue aucun rôle dans la lutte.
C’est aussi l'opinion de Martinotti et Barbacci, qui prétendent que dans l'infection charbonneuse la splénectomie des lapins et des cobayes n’exerce aucune influence sur la date d'apparition des bacilles dans le sang, ni sur la durée de la maladie, ni sur l’époque de la mort; cette ablation ne modifie ni la courbe thermique, ni le nombre des leucocytes, ni celui des hématies.
Tout autres sont les conclusions de Bardach*, qui s ’est placé dans des conditions très favorables d'expérience ; il se sert non plus de petits animaux, mais de chiens, qui supportent très bien la splénectomie et surtout ne sont pas soumis aussi facilement que les souris, les cobayes et les lapins aux infections spontanées plus ou moins bien déterminées ; enfin, il n’inocule ses animaux qu’un mois après l’opération, lorsqu'ils sont tout à fait rétablis. Le chien est normalement réfractaire à l'infection charbonneuse, puisque sur 25 chiens inoculés 5 seulement meurent; par contre, après l’ablation de la rate, le chien devient très sensible, et sur 25 chiens dératés il y en a 19 qui succombent après inoculation.
Soudakewitch a repris ces expériences pour la fièvre récurrente et a vu que, tandis que les singes normaux résistent bien à cette affection, les singes dératés succombent; dans ce cas, on retrouve Îles
1. ROGER, La rate dans les maladies infectieuses (Gaz. hebdom., avril 1893).