‹ Manuel de médecineChapitre 157 sur 199 · DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DE LA RATE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DE LA RATE

Nous avons vu, en étudiant la cachexie paludéenne, la syphilis, la tuberculose de la rate, que parmi les lésions observées se trouvait souvent la dégénérescence amyloïde du viscère.

Cette dégénérescence frappe, en effet, souvent la rate, et cet organe serait de tous le plus fréquemment atteint; d’après Hoffmann, sur 80 cas de dégénérescence amyloïde, la rate était prise 74 fois, le rein 67, l'intestin 52 el le foie 50.

La rate serait le premier organe atteint, et quelquefois le seul pris; il est très rare d’autre part de trouver la rate indemne et les autres viscères atteints de dégénérescence.

Les causes sont celles de la dégénérescence amyloïde en général :

1° Suppurations prolongées, surtout suppurations osseuses ouvertes, que celles-ci soient dues à la tuberculose, à la syphilis ou à une autre infection.

2° Maladies infectieuses chroniques, tuberculose pulmonaire chronique, syphilis acquise ou héréditaire, en dehors de toute suppuration, impaludisme (Rokitansky, Frerichs), lèpre (Cornil).

3° Intoxications, soit exogènes, soit endogènes, alcoolisme, intoxication mercurielle, goutte, rnumatisme chronique.

4 Enfin il existe des cas où il n’y a pas d'infection ou d’intoxication, pas de cause appréciable (Frerichs, Wilks).

Dans les cas de dégénérescence amyloïde expérimentale observés par MM. Pilliet, Brault, Bouchard et Charrin, on ne signale pas de dégénérescence amyloïde de la rate.

Nous ne dirons rien de la nature encore mal déterminée de cette dégénérescence, ni des moyens qui permettent de la reconnaître à la table d’autopsie et sur les coupes histologiques (teinture diode, violet de méthyle, safranine, éosine et potasse, etc.).

La dégénérescence amyloïde de la rate est, le plus souvent, une trouvaille d’autopsie; cliniquement, cependant, l’hypertrophie de l'organe peut traduire la dégénérescence, qui ne sera diagnostiquée que par l’état correspondant du foie, des reins et de l’intestin, et surtout par l'étude des conditions étiologiques qui lui permettent de se développer.

À l’autopsie, la rate est de volume variable : tantôt elle s’hypertrophie, prend un aspect globuleux à bords épais et mousses, tantôt est de volume normal, tantôt, enfin, atrophiée,

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