DASTRE (Soc. de biologie, 1° juin
gène), comme la glucose existe dans la cellule hépatique sous forme de glycogène, il paraît avoir été retiré en nature du suc pancréatique. La trypsine, comme il ressort des expériences de M. Dastre, serait le plus stable des ferments pancréatiques, elle subsiste encore après un jeûne prolongé. Le ferment des amylacés ou amylase n’est connu que par quelques particularités ; il ressort des mêmes expériences qu'il est plus soluble, plus diffusible, plus instable, car il disparaît par le jeûne. Quant au ferment émulsif, il n’a pas encore été jusqu'ici isolé d’une manière incontestable.
La sécrétion du suc pancréatique suit toutes les phases de la digestion gastro-intestinale; elle atteint son apogée environ une heure après le repas. On a vu quel rôle considérable elle joue dans les phénomènes de l'assimilation, rôle tel que l'importance fonctionnelle du pancréas l'emporte sans nul doute sur celle de l’estomac; car, si la vie est compatible chez le chien avec l’absence de ce dernier organe, le même animal privé de pancréas est vouéà une mort inévitable, à plus ou moins courte échéance.
Telle est la sécrétion pour ainsi dire externe du pancréas, il nous reste à nous occuper de ce qu’on appelle sa sécrétion interne, c’està-dire des modifications que semble subir le sang au contact de ses cellules et du rôle qu’il paraît jouer dans l’évolution de la glucose dans l’organisme.
La coïncidence chez l’homme de la glycosurie et des lésions destructives du pancréas a servi certainement de première base aux investigations des physiologistes sur le rôle extra-digestif probable du pancréas. Ce rapport avait été déjà entrevu par Cowley en 1788, par Bright en 1833 ; trois observations de Claude Bernard prouvent qu’il n’avait pas échappé au grand physiologiste. Bouchardat, en 1840, interprétait cette coïncidence et attribuait le diabète à un trouble de la fonction pancréatique. Mais le problème de l’origine pancréatique du diabète ne fut, sans conteste, posé nettement pour la première fois qu’en 1877 par M. Lancereaux. Pendant longtemps, les expérimentateurs furent impuissants à le suivre sur ce terrain, et l’on peut dire que l’histoire réellement physiologique de cette question est essentiellement contemporaine, puisqu'elle ne commence qu’en 1889, avec les expériences de Méring et Minkowskit (de Strasbourg). Les premiers, ces deux expérimentateurs parvinrent à réaliser sur le chien l’extirpation totale du pancréas sans produire de dégâts mortels. Un certain nombre de leurs animaux survécurent, ce qui leur permit d'observer sur eux deux faits constants et indéniables : 1° l'apparition invariable, vingt-quatre heures après l’ablation totale du pancréas,