‹ Manuel de médecineChapitre 163 sur 199 · Minkxowskt (Berlin. klin. Wochens · texte numérisé non relu

Minkxowskt (Berlin. klin. Wochens

3. LÉPINE et BARRAL (Soc. des sc, méd. de Lyon, 16 oct. et 6 nov. 1889; — Acad. des sc., 6 avr. et 3 juin 1890, 19 janv. et 23 févr. 1891).

d’un chien sain détruit par heure 20 à 40 pour 100 de sucre; le sang d’un chien rendu diabétique n’en détruit que 6 pour 100 dans le même temps. On obtient un écart identique entre les réactions du sang d’un homme sain et celles du sang d’un diabétique. Le ferment en question n’est ni dans le sérum, ni dans la fibrine, mais paraît inhérent aux globules, surtout aux leucocytes. Il serait sécrété par la cellule pancréatique et résorbé par les vaisseaux.

La théorie est ingénieuse et rend bien compte des résultats de l’extirpation du pancréas. Mais elle n’est pas inattaquable. M. Arthus‘ regarde, en effet, la glycolyse comme un phénomène purement cadavérique, au même titre que la coagulation du sang. Il montre que le sang du cheval, immobilisé un long temps entre deux ligatures dans la jugulaire laissée en place, ne perd rien de sa glycose. Il suffit, d'autre part, d'empêcher la coagulation du sang in vitro par l’addition de fluorure de sodium (sel qui, d’ailleurs, n’est doué lui-même d’aucun pouvoir destructeur sur la glycose) pour entraver toute glycolyse.

D’autre part, M. Lépine a pu constater lui-même que, même après extirpation totale du pancréas, le sang conserve un certain pouvoir glycolytique. Le fait a été confirmé par M. Hédon®°. Le pancréas ne serait donc pas la source unique du ferment, d’autres organes pourraient le suppléer.

Quoi qu’il en soit, un fait subsiste incontestable, c’est la présence de ce ferment dans le sang hors des vaisseaux, et son atténuation dans le sang des diabétiques.

Un problème important restait à résoudre. Devait-on attribuer le diabète à l'absence du parenchyme même du pancréas; ou les lésions nerveuses entraînées par son extirpation suffisaient-elles à le réaliser? L’ablation, en effet, est un traumatisme grave; même pratiquée avec tous les ménagements, elle déchire nombre de filets nerveux, supprime le domaine des artères splénique et pancréatique. Les preuves de l'influence des traumatismes nerveux sur l’apparition de la glycosurie sont nombreuses, ainsi que celles de l’influence des troubles circulatoires. Une glycosurie transitoire résulte de la ligature des branches du tronc cœliaque (sauf l'artère hépatique*); elle suit également la ligature des veines pancréatiques. L’injection de poudre de lycopode dans le nerf vague provoque la glycosurie passagère (Gley). MM. Arthaud et Butte l’ont obtenue par l'injection d'huile de croton dans le même nerf; Lustig, Klebs, Munk, par la bles-

1. ARTBUS (Soc. de biol., 18 avril 1891 et Acad. des sc., 14 mars 1892). 2. LÉPINE et BARRAL, HÉDON (Soc. de biol., 25 avr. 1891).

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