‹ Manuel de médecineChapitre 19 sur 199 · MoREL (Thèse-de Paris · texte numérisé non relu

MoREL (Thèse-de Paris

Les lésions des reins se bornent à la simple congestion ou se présentent sous la forme de néphrite parenchymateuse, en général peu prononcée. Elles sont souvent unilatérales. Lorsqu'il y a néphrite, le rein est jaunâtre, mou, marbré de taches d’un jaune plus clair. La substance corticale paraît augmentée de volume; à la coupe, elle est pâle, empiète par ses prolongements sur la substance médullaire qui, au contraire, est très rouge. La capsule se décortique aisément. Au microscope, les lésions se traduisent par la dilatation du système vasculaire du rein et quelques légères modifications de l’épithélium des tubes contournés (abrasion des cellules) et des tubes collecteurs (infiltration graisseuse).

Le cœur est généralement augmenté de volume, plutôt dilaté qu'hypertrophié, car son poids est resté normal. Le myocarde peut être flasque, de couleur feuille morte; mais dans des cas où l’on retrouve au microscope des lésions indéniables de myocardite aiguë, il est resté ferme, rouge, d'aspect normal. Les cavités et les gros vaisseaux sont généralement remplis de caillots agoniques.

Les lésions histologiques (Mosler, Leyden, Hayem, Huguenin‘) portent sur tous les éléments de la charpente du muscle cardiaque, Les fibres musculaires sont fusiformes, tuméfiées, en plusieurs points granuleuses, présentent de gros noyaux, faciles à colorer, munis d’un ou de plusieurs nucléoles très réfringents. Les fibres musculaires peuvent subir deux variétés de dégénérescence et présenter soit l'aspect granuleux, granulo-graisseux, soit l’aspect vitreux, ciroïde de Zenker. Le tissu conjonctif du myocarde est infiltré de cellules embryonnaires ; le système vasculaire du cœur n’est pas épargné non plus, il y a endo-périartérite des artérioles. MM. Rabot et Philippe ? ont cherché à établir que la myocardite aiguë ne donne lieu qu’à des lésions interstitielles et que les artères du cœur sont atteintes de périartérite, mais jamais d’endartérite.

Le sang dans les formes toxiques est noirâtre, prend une teinte sépia, quelquefois il a l’apparence de la gelée de groseille. Il est tantôt fluide, tantôt épaissi. Les altérations du plasma sont mal connues. [1 y a une augmentation des globules blancs d'autant plus marquée que la diphtérie est plus grave. Le nombre des hématies diminue au contraire, sans qu’il y ait de proportion avec le degré de gravité de la maladie.

Les symptômes qui paraissent dépendre d’une altération du système nerveux ne sont pas toujours en rapport avec les lésions qu’on trouve à l’autopsie. Il est actuellement hors de doute qu’on à pu

Page 1