Arch. deneurol., 1880; Soc. anatom., 1881, p
du point où il y a rupture du cylindraxe, tout le bout périphérique de la fibre nerveuse subit la dégénérescence wallérienne. C’est ainsi qu’on constate ses lésions à côté de celles de la névrite segmentaire périaxile, dont elles sont alors le corollaire.
Le tissu conjonctif intra-lamellaire est irrité; ses fibres sont plus apparentes; ses cellules se gonflent, présentent plusieurs noyaux et contiennent des gouttelettes graisseuses qui se colorent en noir par l'acide osmique. Les parois des capillaires intra-fasciculaires sont enflammées. Il n’y a pas de modifications du côté de la gaîne lamelleuse. La moelle est normale ou présente des modifications de peu d'importance. L’exsudat fibrineux qu’on a trouvé quelquefois au niveau des méninges bulbo-spinales paraît constituer une lésion tout à fait exceptionnelle.
Dans les paralysies diphtériques expérimentales, M. Babinski’ n'avait trouvé aucune altération des nerfs périphériques. Au contraire M. Stcherback?, chez des lapins et des cobayes intoxiqués par la diphtérie, a trouvé des lésions du système nerveux analogues à celles qu’on observe chez l’homme: altérations légères de la moelle, névrite parenchymateuseet interstitielle des nerfs périphériques; ces dernières lésions étaient seules assez prononcées pour provoquer des troubles de la motilité. MM. Enriquez et Hallion*, en injectant des doses faibles de toxine diphtérique à des chiens, ont déterminé des lésions médullaires importantes (congestion, hémorrhagies, foyers de sclérose névroglique localisés surtout à la substance blanche).
Les muscles peuvent subir la dégénérescence granuleuse et même parfois une transformation cireuse. Hochhaus a signalé une myosite parenchymateuse et interstitielle des muscles paralysés.
III. — Les LÉSIONS DUES AUX INFECTIONS SECONDAIRES peuvent se rencontrer au niveau du pharynx ou à distance. Le streptocoque pyogène, qui s'associe si fréquemment au bacille de Lôffler, peut pénétrer la muqueuse de l’arrière-gorge et y déterminer de profondes ulcérations. Lorsque le sujet est très débilité et que les microbes de la putréfaction viennent à pulluler sur ces ulcérations, le fond en devient tomenteux et grisâtre, les bords sont décollés, il se fait de la gangrène au niveau des pertes de substance; elle peut même déterminer la perforation du voile du palais. Elle peut encore pénétrer dans le tissu cellulaire au-dessous de la muqueuse et s'étendre jusqu'aux gros vaisseaux du cou; rarement elle envahit le larynx et la trachée, quelquefois elle s’étend au poumon.