DucLAUX, Chimie biologique, p
PAROTIDITES 213
de la parotide reconnaît une origine centrale, ascendante, canaliculaire : avant la bactériologie, la clinique (Cruveilhier, Piorry, Chassaignac !) et l'anatomie pathologique avaient déjà démontré l’origine buccale de presque toutes les parotidites, La bactériologie a confirmé ces notions en nous apprenant que la salive buccale est septique el que les microbes qu’elle contient peuvent, lorsqu'une des causes multiples que nous avons précédemment énumérées leur vient en aide, suivre le canal de Sténon et ses ramifications et envahir la totalité de la glande ou quelques-uns de ses lobules. Cela nous explique la marche ascendante des lésions, leur évolution, dans la profondeur, autour des canaux d’excrétion qui leur servent de centre, et la présence, au sein des lésions, de microbes pathogènes qui ne sont autres que les parasites habituels, normalement inoffensifs, de la cavité buccale. :
Les parotidites sont habituellement mono-microbiennes; elles sont plus rarement poly-microbiennes. Les recherches de Hanau, Dittrich, Dupré, Girode? y ont décelé, par ordre de fréquence, le staphylococcus pyogenes aureus (16 fois), le pneumocoque (6 fois), le staphylococcus pyogenes albus (2 fois), le streptococcus pyogenes (2 fois), le pneumobacille de Friedländer (1 fois), le micrococcus tetragenus (1 fois). La gangrène parotidienne serait due à l’adjonction de microbes saprogènes aux pyogènes. Dans un cas de parotidite putride observé par M. Girode, le pneumocoque était associé à un bacille grêle, allongé, mal colorable, qu’il n’a pu cultiver ni en présence ni en l’absence d'oxygène, et qu'il avait déjà rencontré dans trois cas de pyothorax gangréneux.
On comprend facilement comment, dans les conditions étiologiques que nous avons envisagées, les lésions de l’épithélium glandulaire, de l’épithélium canaliculaire, la diminution de la sécrétion salivaire, la stase de la salive, la diminution de la résistance de l’organisme favorisent l’ascension dans les canaux d’excrétion ef la pullulation dans la glande de ces microbes, hôtes habituels de la salive, dont la virulence peut de son côté s’exalter.
Il se peut enfin, sans que le fait soit suffisamment prouvé, que l’origine de certaines parotidites soit complexe et que l'infection procède simultanément de l’origine circulatoire, descendante, et de l’origine ascendante, canaliculaire.